Le Portique, 1909· IV Les héros
Renan
Ernest Renan, petit abbé du séminaireQue révéraient les jeunes filles de Tréguier,Lorsque, le soir, assis à l’ombre du figuier,Tu lisais de l’hébreu, pensif et débonnaire,
Tu refermas un jour le livre centenaire,Gas Breton que tentait la mer, pour naviguer,Et, suivi de ta sœur chérie, allas voguerVers l’Orient, berceau des Mythes qu’on vénère.
La mort, en ces pays lointains, prit Henriette.De Ghazir, où l’ombre des soirs est violette,Tu revins seul, un peu plus triste que jadis.
Sage ironique, orgueil du Collège de France,Tu conduisis ton siècle à la désespéranceEn souriant, au son voilé des cloches d’Ys…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources