Le Portique, 1909· I La terre et les morts
Cimetière Gaulois
Des bagues, des colliers d’étain, des poteries,Et la double framée, arme du chef Gaulois,Voilà ce que la bêche a heurté, près du boisDe frênes dont l’ombrage atteint la métairie.
Ce peuple enfant, premier vaincu de la Patrie,Traqué par Rome ainsi qu’une horde aux abois,Avait ses dieux, ses mœurs, ses coutumes chéries,Avant que le Latin l’eût plié sous ses lois.
Près du guerrier défunt, on plaçait sous la terreTous ses trésors, afin que le Mort solitairePût les étreindre encore, après qu’on l’inhuma.
Pour nous, l’amour de l’homme est plus loin de sa bouche.Nul aujourd’hui ne pourrait plus, quand il se couche,Emporter avec lui ce qu’au monde il aima.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources