Le Portique, 1909· V L’homme et la douleur
Claustration
Je suis couché, les muscles las, maussade et frêle,Sous mes draps pâles, sans vigueur et sans désir.Ma tête est comme une nef d’ombre, où ce soupirD’un chœur dolent monte vers la coupole grêle :
Pourquoi souffrir ? — C’est notre lot, dit Marc Aurèle,L’Univers est aveugle, et l’homme doit pâtir.— Pour allumer les cierges purs du repentir,Répond Pascal. Vois, Jésus saigne ! H nous appelle…
Dans la cellule où je repose, les deux VoixTour à tour flottent, liturgiques. Et je voisPar le vitrage un peu d’azur et quelques feuilles.
Dehors, c’est le printemps, sans doute, où chaque frontRayonne… Ah ! cueille vite, ô peuple qui les cueilles,Toutes les roses de l’Éden : l’automne est prompt !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources