Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
D’après la Vita Nuova
Lorsque j’ai rencontré pour la première foisLa Dame dont les yeux sont toute ma lumière,Sa robe était couleur de lys dans l’aube fière…Je tremblai comme oyant Dieu même par sa voix !
Lorsque je la croisai pour la seconde fois,Sa robe était couleur de sang, et sa paupièreBaissée ; elle évita ma route coutumière…Un archange en pleurant m’a suivi dans les bois !
Depuis, j’ai dû quitter tes collines, Florence,La croix sainte, le Dôme et mon San GiovanniPour les rives d’exil, et, aux routes de France,
J’ai connu l’amertume et le pain du banni…O Florence, j’ai fui ton beau fleuve et tes portes,Et mon corps est errant comme les ombres mortes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources