Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Premier Amour
J’avais quinze ans, elle, seize ans. Elle était grande,Svelte, et pareille au tronc argenté du bouleau.Son sourire était pur. Nous errions dans la landeEt le vieux parc où le soleil s’endort dans l’eau,
Et c’était mon Premier Amour… Ah ! qu’il descendeD’un pas lent ou rapide au seuil gris du tombeau,Quel homme avant la mort t’oubliera, claire offrandeDes sombres jours, aumône éclatante, ô Flambeau ?.
J’ai croisé par hasard, au fond d’une voiturePublique, parcourant un vague prospectus,Assise, avec un air de fatigue et d’usure,
Un beau soir de Dimanche, en des quartiers perdus,L’ombre en robe fanée et la morne ligureDe mon Premier Amour, qui ne souriait plus…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources