Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Départ
Encore un jour, un pauvre jour, et c’est fini !Le temps, pour l’astre bref, de terminer sa course,Nos lèvres, qui buvaient à la divine source,Se heurteront à la muraille de granit.
Je vous regarde fuir comme un pauvre bénitCelle de qui l’aumône a délié la bourse ;Lointaine, aussi lointaine, hélas ! que la Grande Ourse,Vous allez disparaître à l’horizon terni !
Je ne reverrai plus, Fée aux robes légères,Ni votre jupe rose au milieu des fougères,Ni vos yeux d’or dont l’aube éclaira mon chemin…
Ah ! faut-il que l’instinct le plus puissant nous leurre,Et qu’en quitte en pleurant la Volupté qui pleure,Sans lui baiser la bouche et lui prendre la main ?…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources