Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Séparation
Je me rappellerai toujours s femme au cœur tendre,Ce banc dans le chemin solitaire, à Neuilly.Le bois désert était par l’automne endeuilli,On voyait par instant une feuille descendre
D’un arbre vers le sol, et nous pouvions entendreL’aboi des chiens hurlant au loin dans les taillis.O comme, en ce soir là, mon cœur a défailliD’incertitude, et comme il fut près de se rendre !
Mais la vie entre nous creusait ses noirs abîmes,Plus profonds que la mer, et des ombres sublimesNous appelaient dans l’air nocturne, avec des cris…
Je ne sais plus les mots qu’alors vous entendîtes.Je sais que, nous étant levés, vous vous perdîtes,Chère Épave, en l’océan triste de Paris !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources