Le Portique, 1909· III L’art et la beauté
Eau Forte
L’Une est tombée au seuil de la route funèbreA genoux, mais le buste en révolte, et dressantSous les sombres cheveux dans la nuit frémissantsSon front pâle vers l’immensité des ténèbres.
Et l’Autre, aérienne, en ses ailes célestes,Pure lampe immobile où rayonne l’esprit,Vers l’azur inconnu qu’habita la PériLève un bras de lumière et l’entraîne du geste !
Faces de songe en qui palpite le destin !La nuit impénétrable autour d’elles éteintLe monde obscur, mais l’ombre est grosse d’une aurore.
Et dans mon cœur aussi, plus d’un soir, je vous vois,Toi qui souris et toi qui pleures et t’ignores,Faces de deuil et de clarté, Douleur et Foi !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources