Le Portique, 1909· V L’homme et la douleur
Euthanasie
Lorsque l’Homme aura fait, selon sa fantaisie,De la vie une fête et du travail un jeu,Qu’il rira sur le globe antique tel qu’un dieu,Tu seras sa dernière idole, Euthanasie !
La Mort sera pour lui la coupe d’ambroisieQue l’on épuise en souriant à l’éther bleu ;Pour la rive suprême, en un geste d’adieu,Il saura lever l’ancre à la date choisie.
La Terre, alors, verra de nobles animauxDignes de se chauffer à la gloire solaire.Vous n’insulterez plus le jour qui nous éclaire,
Corps infirmes, tordus par les ans et les maux ;Vous ne rongerez plus nos frémissants squelettes,Douleurs, chiennes de l’ombre aux lèvres violettes !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources