Le Portique, 1909· IV Les héros
J.-M. Guyau
Près des mers où le pin, le troène et l’érableJettent leur ombre, ô Jeune Sage OccidentalEn qui, lente, rôdait la Mort inexorable,Et dont l’âme eut le son limpide du cristal,
En regardant les flots déferler sur le sableTu songeais au ressac du gouffre sidéral,Et cherchais à saisir le rythme insaisissableQui se joue et se meut de l’Homme au minéral.
Tel tu vécus, bercé par ta sublime lièvre ;Un peu de miel attique avait doré ta lèvre,Ton doute fut le jumeau triste de la foi.
Un jour, un beau matin de Pâques, où les clochesTintaient, dans ton asile clair parmi les roches, ,Tu fermas tes yeux purs, sans plainte et sans effroi.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources