Le Portique, 1909· IV Les héros
L.-N. Rossel
Héros pensif, debout avec ta claire épée,Tes yeux fixes, ton menton net, ton front puissant,Solitaire dans la foule obscure, trempéeDe pleurs de deuil, de pleurs de colère et de sang,
Foule française, ardente, indécise, trompéePar ses chefs, affamée et sublime, unissantLa tendresse et la haine en geste d’épopéeEt souillant de forfaits son grand rêve innocent,
Tu dominais tous ces pauvres gens de la tête,Comme Gassandre, hélas ! inutile prophète,Dans la tourmente, dans l’émeute, dans les cris,
Hanté d’un songe intérieur : sauver la France…Mais les politiciens n’avaient plus d’espérance…Ils t’ont fusillé, soit ! Ils ne t’ont pas compris !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources