Le Portique, 1909· VI L’au delà
L’Étoile
Ce soir naquit un dieu, parmi les fils de Sem.Et mon âme t’appelle, ô toi qui l’eus guidéeVers l’étable où dormit l’enfant de Myriem…Mais la nuit est sans astre et de brume inondée !
Étoile qui, par les nuits claires de Judée,Terre des puits, des synagogues, des harems,Menas les Rois et les Bergers vers Bethléem,Où donc es-tu, divine Étoile, décédée ?
Sans doute — on ignorait alors l’astronomie —Tu n’étais qu’un bolide errant, lueur amie,Pareil à ceux qui, en Juin, zèbrent l’éther.
Archange qui semblais aux caravanes lentesPorter la lampe d’or des étoiles filantes,Tu gis peut-être, caillou noir, dans un désert…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources