Le Portique, 1909· IV Les héros
Zola
Nous n’aimons pas ton œuvre, et nous t’avons portéSur la haute colline et dans la basiliqueOù dorment, fondateurs de notre République,Les grands héros du Verbe et de la Volonté,
Afin qu’au triple mot qui rayonne, sculptéAu front des monuments, sur nos places publiques,S’ajoute, nécessaire et farouche réplique,Le titre de ton dernier livre : Vérité !
Ton univers, Zola, fut un cauchemar triste ;Nous ne te nommons pas prophète, à peine artiste,Mais d’un geste tu t’es auréolé d’azur,
Lorsque, à demi vaincu par un gaz délétère,Moribond, tu tentas, au seuil du grand mystère,D’ébranler ta fenêtre et d’aspirer l’air pur…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources