Le Portique, 1909· III L’art et la beauté
La Musique
La Musique et la Mer sont deux infinis tristesOù retentit l’obscure voix des éléments ;Le sanglot minéral qui vibre aux instrumentsS’appareille au frisson des ondes d’améthyste ;
Sur le chaos premier des Forces égoïstesSe lamente le désespoir d’un dieu dément ;La Musique et la Mer exaltent le tourmentDes cœurs trop grands pour l’Univers, des cœurs d’artistes.
Musique, des joyaux scintillent sous tes vagues !Ma Fantaisie, enfant aux doigts chargés de bagues,Qui, le soir, vient danser sur les sables, pieds nus,
Se pare des trésors que tes houles apportent,Coquilles d’or, lichens argentés, algues mortes,Arrachés par le rythme au cœur de l’Inconnu…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources