Le Portique, 1909· II La femme et l’amour
Le Lis des Dunes
Les peintres primitifs encadraient les visagesDes sites où s’était déroulé leur destin,Hameaux, clochers bleuis, rivières, paysagesArgentés par le soir, dorés par le matin.
Ils eussent modelé ton front chaste et hautain,Ta bouche ferme, tes mains longues, tes yeux sages,Sur un océan lisse, immobile et lointain,Avec, peut-être, un vol de plumes en voyage…
Car ton âme un peu triste a la sérénitéDe la mer, qu’à jamais enchante une clarté,Azur tendre, ou mélancolique clair de lune,
Et ta vie est pareille aux purs sables dormantsOù se déplie, emblème exact des cœurs aimantsQui ne fleurissent qu’une fois, le lis des dunes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources