Le Portique, 1909· I La terre et les morts
Les Grottes de Méchez
Le fleuve jaune coule au ras des grottes blanchesOù naguère, proscrits du Roi, les parpaillotsTinrent leur culte, paysans ou matelotsDont le soleil levant dorait les faces franches.
Des villages côtiers, sur leurs esquifs de planches,Avec leur Bible, ils arrivaient, traversant l’eau ;Sous ces voûtes, leurs hymnes graves, leurs sanglotsRetentirent, en la ferveur des vieux Dimanches…
Ils semblent bien fanés pour nous, ces jours de foi !Citoyens désormais égaux devant la loi,Sans fanatisme, il nous chaut peu que chaque Église
Prie en latin ou bien en français, à sa guise…L’ouvrier seul, dans notre monde finissant.Sait aujourd’hui, pour une idée, offrir son sang.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources