Le Portique, 1909· IV Les héros
Marc Aurèle
L’empereur est assis sous sa tente, et médite.La charge de l’empire est lourde, et dans sa mainVacille, chancelant fardeau, l’orbe romainOù plus d’un germe impur se décèle et s’agite.
Flavie est débauchée, et ne sert qu’Aphrodite ;Le barbare pullule ; un sombre lendemainSemble guetter, vautour obscur, le genre humain ;La secte chrétienne, herbe infecte, croît vite…
Mais le Sage ne craint ni le sort, ni les dieux.L’inflexible univers prend un sens radieuxPour celui dont le seul trésor est sa pensée ;
Et, prenant dans le coin de sa tente un rouleauFrustement relié d’écorce de bouleau,Marc Aurèle poursuit la page commencée.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources