Le Portique, 1909· VI L’au delà
Océanides
J’ai gravi l’âpre Olympe où le soleil flamboiePour connaître et ravir le secret de ses dieuxJe les ai vus sourire en groupes radieux,Mais ils ne m’ont pas dit le secret de leur joie.
Aux carrefours obscurs des cités, où la HaineVeille couchée aux pieds de l’antique Douleur,J’ai passé coudoyant des fantômes en pleurs,Mais ils ne m’ont pas dit le secret de leur peine.
Donc, la terre et le ciel sont muets, et l’on vaDe l’aurore sereine à l’ombre ensanglantéeSans comprendre ce qu’on vécut, ce qu’on rêva…
Et j’écoute, chanson dans la brise jetéeSur les houles du soir qu’un sanglot souleva,Les Nymphes qui naguère ont bercé Prométhée.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources