Le Portique, 1909· I La terre et les morts
Port-Royal
Port-Royal, pur vallon, où l’enfant Jean RacineEt l’infirme Pascal rêvèrent tour à tour,Paysage suave et mystique séjourOù fleurit la plus noble et stricte discipline,
Louis Quatorze en vain, d’une main assassine,Rasa tes murs, dont l’ombre importunait sa cour,Un tenace parfum d’incorruptible amourS’exhale de la tombe où l’on mit Jacqueline.
Tant qu’aux lèvres rira le clair parler de France,Tu vivras, Port-Royal, et la désespéranceSaura qu’il est sur terre un asile où guérir.
Chacun de nous, tes fils, qu’enserrent mille entraves,Reprend force en ces lieux solitaires et gravesOù des cœurs de sa race ont su vivre et mourir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources