Le Portique, 1909· VI L’au delà
Spiritisme
Es-tu l’hymne ou l’adieu d’une croyance, EspoirTenace des vieux jours naïfs qui veux renaître ?Phalènes lumineux qui heurtent nos fenêtres,Les morts sont-ils vivants sous la vitre des soirs ?
Certains hommes ont-ils le scandaleux pouvoirDe parler aux esprits défunts, de les soumettre ?Gomme Thomas palpant les paumes de son Maître,Le sceptique se cabre, et dit : « Je voudrais voir ! »
Celui qui réveilla Lazare à BéthanieFut, dans cette hypothèse, un médium de génie,Et c’est un corps astral qui frémit à sa voix…
Bien fou qui pense avoir scruté tous les arcanes !L’homme, à ce carrefour où l’Énigme ricane,Tend les mains, sans savoir au juste ce qu’il voit…
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources