Les soirs, 1887· Les flambeaux noirs 1890· III Projection extérieure
Un soir
Sous ce funèbre ciel de pierre,Voûté d’ébène et de métaux,Voici se taire les marteauxEt s’illustrer la nuit plénière,Voici se taire les marteauxQui l’ont bâtie, avec splendeur,Dans le cristal et la lumière.
Tel qu’un morceau de gel sculpté,Immensément morte, la lune,Sans bruit au loin, ni sans aucuneNuée autour de sa clarté,Immensément morte, la lune,Parée en son grand cercueil d’orDescend les escaliers du Nord.
Le cortège vierge et placideReflète son voyage astral,Dans les miroirs d’un lac lustralEt d’une plage translucide ;Reflète son voyage astralVers les dalles et les tombeauxD’une chapelle de flambeaux.
Sous ce ciel fixe de lagune,Orné d’ébène et de flambeaux,Voici passer, vers les tombeaux,Les funérailles de la lune.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources