Poèmes saturniens, 1866
Sérénade
Comme la voix‖ d’un mort qui chanteraitDu fond de sa fosse,Maîtresse, entends‖ monter vers ton retraitMa voix aigre et fausse.
Ouvre ton âme‖ et ton oreille au sonDe ma mandoline :Pour toi j’ai fait,‖ pour toi, cette chansonCruelle et câline.
Je chanterai‖ tes yeux d’or et d’onyxPurs de toutes ombres,Puis le Léthé‖ de ton sein, puis le StyxDe tes cheveux sombres.
Comme la voix‖ d’un mort qui chanteraitDu fond de sa fosse,Maîtresse, entends‖ monter vers ton retraitMa voix aigre et fausse.
Puis je louerai‖ beaucoup, comme il convient,Cette chair bénieDont le parfum‖ opulent me revientLes nuits d’insomnie.
Et pour finir,‖ je dirai le baiserDe ta lèvre rouge,Et ta douceur‖ à me martyriser,— Mon Ange ! — ma Gouge !
Ouvre ton âme‖ et ton oreille au sonDe ma mandoline :Pour toi j’ai fait,‖ pour toi, cette chansonCruelle et câline.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Pentasyllabes et décasyllabes (14 de 5, 14 de 10)· profil 5, 4+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a chanterait / retrait masculine, classiqueb fosse / fausse féminine, classiquea son / chanson masculine, classiqueb mandoline / câline féminine, classiquea d’onyx / Styx masculine, classiqueb ombres / sombres féminine, classiquea convient / revient masculine, classiqueb bénie / d’insomnie féminine, classiquea baiser / martyriser masculine, classiqueb rouge / Gouge féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation wikisource.org· Sources