Œuvres complètes, 1632· Seconde partie
Sonnet
Au moins ay-je songé que je vous ay baisée,Et, bien que tout l’amour ne s’en soit pas allé,Ce feu, qui dans mes sens a doucement coulé,Rend en quelque façon ma flamme rappaisée.
Après ce doux effort, mon ame reposéePeut rire du plaisir qu’elle vous a volé,Et, de tant de refus à demy consolé,Je trouve desormais ma guerison aisée
Mes sens desjà remis commencent à dormir ;Le sommeil, qui deux nuicts m’avoit laissé gémir.Enfin dedans mes yeux vous fait quitter la place.
Et, quoy qu’il soit si froid au jugement de tous,Il a rompu pour moy son naturel de glaceEt s’est monstré plus chaud et plus humain que vous.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources