Œuvres complètes, 1632· Ire PARTIE
Ode
L’infidelité me deplaist,Et mon humeur juge qu’elle estLe plus noir crime de la terre :Lors que les Dieux firent venirLes premiers esclats du tonnerre,Ce ne fut que pour la punir.
La Deesse qui fait aymer,Des flots de l’inconstante merSortit à la clarté du monde.Or, Venus, si ton doux flambeauFust venu d’ailleurs que de l’ondeSans doute il eust eté plus beau.
Ce qu’un hyver a fait mourirUn printemps le fait refleurir.Le destin change toutes choses :Mon amitié tant seulement,Vos beaux lys et vos belles roses,Dureront eternellement.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1856· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources