Œuvres complètes, 1632· Ire PARTIE
Pour monseigneur le duc de Luynes
APOLLON EN THESSALIE.
Esloigné du celeste empireEt du siege de la clarté,N’attendez point que je souspire :Car les faveurs du roy, dont je suis arrestéFont que mon destin n’est pas pireEt que j’ay plus d’honneur et plus de liberté.
Au ravissement qui me resteParmy ces agreables lieuxJe croy que la maison celesteNe se doit point nonmer la demeure des Dieux ;Pour moy je la juge funeste,Et ce nouveau sejour me plaist mille fois mieux.
Ce prince a des vertus parfaictes ;Ses appas ont gaigné ma foy ;Jupiter faict bien les tempestes,Et, quoyque les mortels tremblent dessous sa loy,On ne celebre point ses festesAvec tant de respect qu’on sert ce jeune roy.
A voir comme quoy tout succedeA ses desseins advantureux,Et qu’on ne sçait point de remedePour ceux que sa colere a rendu mal-heureux,Sa faveur à qui la possedeRend le sort à son gré propice ou rigoureux.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1856· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources