Poèmes et Poésies, 1895· Joies
Aurore
Claire et pâle, l‘aube écloseAux plis des collines luit et poseSon frêle baiser de chose en choseClaire et pâle de chose en choseL‘aube est pâle comme une qui n‘ose ;
Alors on a dit : Le jour a peurQu‘il envoie une telle avant-courrière ;Il hésite et s‘attarde en arrière ;Car on ne sait ni qui vit ni qui meurt ;Le jour a peur…
Mais elle a rougi de honte rose,L‘Aurore, comme une qui craint mais qui ose,Et, redressant sa svelte taille,Elle a repoussé le double vantail :Et, derrière elle, cédant sous l‘effort,Le voile onde et se rompt :La troupe des nymphes claires plonge et vire,Sur un seul front,Du sud au nord,Poussant tout l‘horizon :
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources