Poèmes et Poésies, 1895· Joies
C‘était un soir de féeries
C‘était un soir de féeries,De vapeurs enrubannées,De mauve tendre aux prairies,En la plus belle de tes années.
Et tu disais — écho de mon âme profonde, ‒Sous l‘auréole qui te sacre blondeEt dans le froissement rythmique de soies :« Tout est triste de joies ;Quel deuil emplit le monde ?Tout s‘attriste de joies. »
Et je t‘ai répondu, ce soir de féeriesEt de vapeurs enrubannées :« C‘est qu‘en le lourd arome estival des prairies,Seconde à seconde,S‘effeuille la plus belle de tes années ;Un deuil d‘amour est sur le mondeDe toutes les heures sonnées. »
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources