Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Carmen Perpetuum
IX. « Eussé-je ailleurs trouvé l‘amour ? ‒ le jour s‘endort »
Eussé-je ailleurs trouvé l‘amour ? ‒ le jour s‘endortA l‘occident, reviens : ne t‘ai-je pas menéeOù flotte le parfum suave d‘un rêve mort,O Berthe, ô ma Gretchen, ô ma douce Renée ?
…Tes grands yeux, et la natte ingénue, et ta voixRieuse et musicale en naïves répliques,Et ta candeur céleste alors que tu m‘expliquesLes pourquoi fabuleux des choses que ta vois…
Heure unique d‘amour inconsciente et chaste,Crépuscule brûlant d‘un radieux été ; ‒O l‘Idylle candide et tendre que c‘était ;Malgré que soit venu cet autre soir néfaste.
Assis à tes genoux dans l‘ombre où se noyaitTa forme, j‘écoutais ta voix, comme en extase :Chaque contour naïf me semblait une phrase ;Les mots inespérés et fous que m‘envoyait
Le souffle printanier de ta lèvre mutineParaissaient onduler à l‘entour de ton corps ;Pour moi, couleurs et sons se confondaient alorsEn l‘ivresse d‘aimer une femme enfantine…
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources