Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Carmen Perpetuum
I. « J‘errais en un Pays sans nom, parmi des fleurs »
J‘errais en un Pays sans nom, parmi des fleurs,Sans rêve et sans passé, joyeux de joie étrange ;Enfantin et riant des sons et des couleurs,Dans ma virilité virginale d‘archange.
Lascive et blonde en l‘herbe verte aux reflets bleusTu dormais à mes pieds dans l‘attente fatale ;Et la rose complice, effeuillant un pétale,Épanouit ta lèvre en un souris moelleux…
Tu gisais à mes pieds, rieuse et rougissante,En ta passivité d‘amante, tu gisais,Et tu compris, d‘abord, le Mot que je disais ;Et le baiser fut long et l‘étreinte puissante.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources