Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Euphonies
X. « Ta chevelure éparpillée »
Plein air
Ta chevelure éparpilléeÉnonde et coule en l‘herbe verte,Comme un ruisseau clair sablé d‘or ;Et, sur ta gorge mi-couverte,Un vague rayon danse ou dort ;Distraitement, lèvre entr‘ouverte,Tu ris au ciel par la feuillée…
O douce chose printanière,O jeune femme, ô fleur superbe,Épanouis ta nuditéRoyale emmi tes sœurs de l‘herbe ;L‘inconsciente vanitéRutile sur ta lèvre acerbeEt rayonne dans ta crinière.
Reste ainsi : l‘ombre violetteSe joue aux roses plis des hanches ;Ouvre tes grands yeux puérilsOù rit l‘orgueil de tes chairs blanches…O, fut-il en d‘autres avrilsPareille fête sous les branches ?Et qu‘elle est vaine la palette !
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources