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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poèmes antiques et modernes, 1826· Livre moderne

Le Trappiste

Alfred de Vigny· Poème· distiques, alexandrins, 228 vers

C'était une des nuits‖ qui des feux de l'EspagnePar des froids bienfaisants‖ consolent la campagne ;L'ombre était transparente,‖ et le lac argentéBrillait à l'horizon‖ sous un voile enchanté ;Une lune immobile‖ éclairait les valléesOù des citronniers verts‖ serpentent les allées ;Des milliers de soleils,‖ sans offenser les yeux,Tels qu'une poudre d'or,‖ semaient l'azur des cieux,Et les monts inclinés,‖ verdoyante ceintureQu'en cercles inégaux‖ enchaîna la nature,De leurs dômes en fleurs‖ étalaient la beauté,Revêtus d'un manteau‖ bleuâtre et velouté.Mais aucun n'égalait,‖ dans sa magnificence,Le mont Serrat, paré‖ de toute sa puissance :Quand des nuages blancs‖ sur son dos arrondiRoulaient leurs flots chassés‖ par le vent du midi,Les brisant de son front,‖ comme un nageur habile,Le géant semblait fuir‖ sous ce rideau mobile ;Tantôt un piton noir,‖ seul dans le firmament,Tel qu'un fantôme énorme,‖ arrivait lentement ;Tantôt un bois riant,‖ sur une roche agreste,S'éclairait, suspendu‖ comme une île céleste.Puis enfin, des vapeurs‖ délivrant ses contours,Comme une forteresse‖ au milieu de ses tours,Sortait le pic immense :‖ il semblait à ses plainesDes vents frais de la nuit‖ partager les haleines ;Et l'orage indécis,‖ murmurant à ses pieds,Pendait encor d'en haut‖ sur les monts effrayés.

En spectacles pompeux‖ la nature est féconde,Mais l'homme a des pensers‖ bien plus grands que le monde.Quelquefois tout un peuple‖ endormi dans ses mauxS'éveille, et, saisissant‖ le glaive des hameaux,Maudissant la révolte‖ impure et tortueuse,Élève tout à coup‖ sa voix majestueuse :Il redemande à Dieu‖ ses autels profanés,Il appelle à grands cris‖ ses rois emprisonnés ;Comme un tigre, il arrache,‖ il emporte sa chaîne ;Il s'élève, il grandit,‖ il s'étend comme un chêne,Et de ses mille bras‖ il couvre en libertéLes sillons paternels‖ du sol qui l'a porté.Ainsi, terre indocile,‖ à ton roi seul constante,Vendée, où la chaumière‖ est encore une tente,Ainsi de ton Bocage‖ aux détours meurtriersSortirent en priant‖ les paysans guerriers :Ainsi, se relevant,‖ l'infatigable EspagneFait sortir des héros‖ du creux de la montagne.

Sur des rochers, non loin‖ de ces antres sacrés,Où Pélage appela‖ les Goths désespérés,D'où sort toujours la gloire,‖ et qui gardent encore,Hélas ! les os français‖ mêlés à ceux du More,Au-dessus de la nue,‖ au-dessus des torrents,Viennent de s'assembler‖ les montagnards errants.La pourpre du réseau‖ dont leur front s'environneForme autour des cheveux‖ une mâle couronne,Et la corde légère,‖ avec des nœuds puissants,S'est tressée en sandale‖ à leurs pieds bondissants.Le silence est profond‖ dans la foule attentive ;Car la hache pesante,‖ avec la flamme active,D'un chêne que cent ans‖ n'ont pas su protégerOnt fait pour leur prière‖ un autel passager.

Là ce chef dont le nom‖ sème au loin l'épouvanteDépose devant Dieu‖ son oraison fervente ;Triomphateur sans pompe,‖ il va d'une humble voixChanter le TE DEUM‖ sous le dôme des bois.Est-ce un guerrier farouche ?‖ est-ce un pieux apôtre ?Sous la robe de l'un‖ il a les traits de l'autre :Il est prêtre, et, pourtant,‖ promptement irrité,Il est soldat aussi,‖ mais plein d'austérité ;Son front est triste et pâle,‖ et son œil intrépide ;Son bras frappe et bénit,‖ son langage est rapide ;Il passe dans la foule‖ et ne s'y mêle pas ;Un pain noir et grossier‖ compose ses repas ;Il parle, on obéit ;‖ on tremble s'il commande,Et nul sur son destin‖ ne tente une demande.Le Trappiste est son nom :‖ ce terrible inconnu,Sorti jadis du monde,‖ au monde est revenu ;Car, soulevant l'oubli‖ dont ces couvents funèbresA leurs moines muets‖ imposent les ténèbres,Il reparut au jour,‖ dans une main la croix,Dans l'autre, secouant,‖ au nom des anciens rois,Ce fouet dont Jésus-Christ,‖ de son bras pacifique,Du haut des longs degrés‖ du temple magnifique,Renversa les vendeurs‖ qui souillaient le saint mur,Dans les débris épars‖ de leur trafic impur.Soit que la main de Dieu‖ le couvre ou se retire,Le condamne à la gloire‖ où l'élève au martyre,S'il vit, il reviendra‖ sans plainte et sans orgueil,D'un bras sanglant encore‖ achever son cercueil,Et, reprendre, courbé,‖ l'agriculture austèreDont il s'est trop longtemps‖ reposé dans la guerre.Tel un mort, évoqué‖ par de magiques voix,Envoyé du sépulcre,‖ apparaît pour les rois,Marche, prédit, menace,‖ et retourne à sa tombe,Dont la pierre éternelle‖ en gémissant retombe.

Parmi les montagnards,‖ ces robustes bergers,Aventuriers hardis,‖ chasseurs aux pieds légers,Qui rangent sous sa loi‖ leur troupe volontaire,Nul n'a voulu savoir‖ ce qu'il a voulu taire.Dieu l'inspire et l'envoie,‖ il le dit : c'est assez,Pourvu que leurs combats‖ leur soient toujours laissés.Joyeux, ils voyaient donc,‖ sanctifiant leur gloire,Ce prêtre offrir à Dieu‖ leur première victoire.Pour lui, couvert de l'aube‖ et de l'étole orné,Devant l'autel agreste‖ il s'était retourné.Déjà, soldat du Christ‖ près d'entrer dans la lice,Il remplissait son cœur‖ des baumes du calice.Mais des soupirs, des bruits‖ s'élèvent ; un grand criL'interrompt ; il s'étonne,‖ et, lui-même attendri,Voit un jeune inconnu,‖ dont la tête est sanglante,Traînant jusqu'à l'autel‖ sa marche faible et lente,Montrant un fer brisé‖ qui soutenait sa main,Qui défendit sa fuite‖ et fraya son chemin.C'est un de ces guerriers‖ dont la constante veilleFait qu'en ses palais d'or‖ la royauté sommeille.Il tombe ! mais il parle,‖ et sa tremblante voixS'efforce à ce discours‖ entrecoupé trois fois :« Pour qui donc cet autel‖ au milieu des ténèbres ?N'y chantez pas, ou bien‖ dites des chants funèbres.Quel Espagnol ne sait‖ les hymnes du trépas ?Les nouveaux noms des morts‖ ne vous manqueront pas :J'apporte sur vos monts‖ de sanglantes nouvelles.― Quoi ! le roi n'est-il plus ?‖ disaient les voix fidèles.― Pleurez ! ― Il est donc mort ?‖ ― Pleurez ; il est vivant ! »Et le jeune martyr,‖ sur un bras se levant,Tel qu'un gladiateur‖ dont la paupière erranteCherche le sol qui tourne,‖ et fuit sa main mourante :« Nos combats sont finis,‖ dit-il, en un seul jour ;Nos taureaux ont quitté‖ le cirque, et sans retour,Puisque le spectateur‖ à qui s'offrait la lutteN'a pas daigné lui-même‖ applaudir à leur chute.Pour vous, si vous savez‖ les secrets du devoir,Partez, je vais mourir‖ avant de les savoir.Mais, si vous rencontrez,‖ non loin de ces montagnes,Des soldats qui vont vite‖ à travers les campagnes,Qui portent sous leurs bras‖ des fusils renversés,Et passent en silence‖ et leurs fronts abaissés,Ne les engagez pas‖ à cesser leur retraite ;Ils vous refuseraient‖ en secouant la tête ;Car ils ont tous besoin,‖ mon père, ainsi que moi,De retremper leur âme‖ aux sources de la foi.Nul ne sait s'il succombe‖ ou fidèle ou parjure,Et si le dévoûment‖ ne fut pas une injure.Vous, habitant sacré‖ du mont silencieux,Instruit des saintes morts‖ que préfèrent les Cieux,Jugez-nous et parlez…‖ Vous savez quelle proieLe peuple osa vouloir‖ dans sa féroce joie ?Vous le savez, un roi‖ ne porte pas des fersSans que leur bruit s'entende‖ an bout de l'univers.Nous qui pensions encore,‖ avant l'heure où nous sommes,Qu'un serment prononcé‖ devait lier les hommes,Partant avec le jour,‖ qui se levait sur nousBrillant, mais dont le soir‖ n'est pas venu pour tous,Au palais, dont le peuple‖ envahissait les portes,En silence, à grands pas,‖ marchaient nos trois cohortesQuand le balcon royal‖ à nos yeux vint s'offrir,Nous l'avons salué,‖ car nous venions mourir.Mais, comme à notre voix‖ il n'y paraît personne,Aux cris des révoltés,‖ à leur tocsin qui sonne,A leur joie insultante,‖ à leur nombre croissant,Nous croyons le roi mort‖ parce qu'il est absent ;Et, gémissant alors‖ sur de fausses alarmes,Accusant nos retards,‖ nous répandions des larmes.Mais un bruit les arrête,‖ et, passé dans nos rangs,Fait presque de leur mort‖ repentir nos mourants.Nous n'osons plus frapper,‖ de peur qu'un plomb fidèleN'aille blesser le roi‖ dans la foule rebelle.Déjà, le fer levé,‖ s'avancent ses amis,Par nos bourreaux sanglants‖ à nous tuer admis.Nous recevons leurs coups‖ longtemps avant d'y croire,Et notre étonnement‖ nous ôte la victoire.En retirant vers vous‖ nos rangs irrésolus,Nous combattions toujours,‖ mais nous ne pleurions plus. »

Il se tut. Il régna,‖ de montagne en montagne,Un bruit sourd qui semblait‖ un soupir de l'Espagne.Le Trappiste incliné‖ mit sa main sur ses yeux.On ne sait s'il pleura ;‖ car, tranquille et pieux,Levant son front creusé‖ par les rides antiques,Sa voix grave apaisa‖ les bataillons rustiques :Comme au vent du midi‖ la neige au loin se fond,La rumeur s'éteignit‖ dans un calme profond.La lune alors plus belle‖ écartait un nuage,Et du moins héroïque‖ éclairait le visage ;Troublé sur ses sommets‖ et dans sa profondeur,Le mont de tous ses bruits‖ déployait la grandeur ;Aux mots entrecoupés‖ du vainqueur catholique,Se mêlait d'un torrent‖ la voix mélancolique,Le froissement léger‖ des mélèzes touffus,D'un combat éloigné‖ les coups longs et confus,Et des loups affamés‖ les hurlements funèbres,Et le cri des vautours‖ volant dans les ténèbres.

« Frères, il faut mourir ;‖ qu'importe le moment ?Et si de notre mort‖ le fatal instrumentEst cette main des rois‖ qui, jadis salutaire,Touchait pour les guérir‖ les peuples de la terre ;Quand même, nous brisant‖ sous notre propre effort,L'arche que nous portons‖ nous donnerait la mort ;Quand même par nous seuls‖ la couronne sauvéeÉcraserait un jour‖ ceux qui l'ont relevée,Seriez-vous étonnés,‖ et vos fidèles brasSeraient-ils moins ardents‖ à servir les ingrats ?Vous seriez-vous flattés‖ qu'on trouvât sur la terreLa palme réservée‖ au martyr volontaire ?Hommes toujours déçus,‖ j'en appelle à vous tous ;Interrogez vos cœurs,‖ voyez autour de vous ;Rappelez vos liens,‖ vos premières années,Et d'un juste coup d'œil‖ sondez vos destinées.Amis, frères, amants,‖ qui vous a donc apprisQu'un dévoûment jamais‖ dût recevoir son prix ?Beaucoup semaient le bien‖ d'une main vigilante,Qui n'ont pu récolter‖ qu'une moisson sanglante.Si la couche est trompeuse‖ et le foyer pervers,Qu'avez-vous attendu‖ des rois de l'univers ?Ô faiblesse mortelle,‖ ô misère des hommes !Plaignons notre nature‖ et le siècle où nous sommesGémissons en secret‖ sur les fronts couronnés ;Mais servons-les pour Dieu‖ qui nous les a donnés.Notre cause est sacrée,‖ et dans les cœurs subsiste.En vain les rois s'en vont :‖ la royauté résiste,Son principe est en haut,‖ en haut est son appui ;Car tout vient du Seigneur,‖ et tout retourne à lui.Dieu seul est juste, enfants ;‖ sans lui tout est mensonge,Sans lui le mourant dit :‖ « La vertu n'est qu'un songe. »Nous allons le prier,‖ et pour le prince absent,Et pour tous les martyrs‖ dont coule encor le sang.Je donne cette nuit‖ à vos dernières larmes :Demain, nous chercherons,‖ à la pointe des armes,Pour le roi la couronne,‖ et des tombeaux pour nous. »

Amen ! dit l'assemblée,‖ en tombant à genoux.

En 1822, à Courbevoie.

Versification

Forme
Distiques
Rimes
114((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a l'Espagne / campagne féminine, classiqueb argenté / enchanté masculine, classiquec vallées / allées féminine, classiqued yeux / cieux masculine, classiquee ceinture / nature féminine, classiquef beauté / velouté masculine, classiqueg magnificence / puissance féminine, classiqueh arrondi / midi masculine, classiquei habile / mobile féminine, classiquej firmament / lentement masculine, classiquek agreste / céleste féminine, classiquel contours / tours masculine, classiquem plaines / haleines féminine, classiquen pieds / effrayés masculine, classiquea féconde / monde féminine, classiqueb maux / hameaux masculine, classiquec tortueuse / majestueuse féminine, classiqued profanés / emprisonnés masculine, classiquee chaîne / chêne féminine, classiquef liberté / porté masculine, classiqueg constante / tente féminine, classiqueh meurtriers / guerriers masculine, classiquei Espagne / montagne féminine, classiquea sacrés / désespérés masculine, classiqueb encore / More féminine, classiquec torrents / errants masculine, classiqued s'environne / couronne féminine, classiquee puissants / bondissants masculine, classiquef attentive / active féminine, classiqueg protéger / passager masculine, classiquea l'épouvante / fervente féminine, classiqueb voix / bois masculine, classiquec apôtre / l'autre féminine, classiqued irrité / d'austérité masculine, classiquee intrépide / rapide féminine, classiquef pas / repas masculine, classiqueg commande / demande féminine, classiqueh inconnu / revenu masculine, classiquei funèbres / ténèbres féminine, classiquej croix / rois masculine, classiquek pacifique / magnifique féminine, classiquel mur / impur masculine, classiquem retire / martyre féminine, classiquen orgueil / cercueil masculine, classiqueo austère / guerre féminine, classiquep voix / rois masculine, classiqueq tombe / retombe féminine, classiquea bergers / légers masculine, classiqueb volontaire / taire féminine, classiquec assez / laissés masculine, classiqued gloire / victoire féminine, classiquee orné / retourné masculine, classiquef lice / calice féminine, classiqueg cri / attendri masculine, classiqueh sanglante / lente féminine, classiquei main / chemin masculine, classiquej veille / sommeille féminine, classiquek voix / fois masculine, classiquel ténèbres / funèbres féminine, classiquem trépas / pas masculine, classiquen nouvelles / fidèles féminine, classiqueo vivant / levant masculine, classiquep errante / mourante féminine, classiqueq jour / retour masculine, classiquer lutte / chute féminine, classiques devoir / savoir masculine, classiquet montagnes / campagnes féminine, classiqueu renversés / abaissés masculine, classiquev retraite / tête féminine, classiquew moi / foi masculine, classiquex parjure / injure féminine, classiquey silencieux / Cieux masculine, classiquez proie / joie féminine, classiquea fers / l'univers masculine, classiqueb sommes / hommes féminine, classiquec nous / tous masculine, classiqued portes / cohortes féminine, classiquee s'offrir / mourir masculine, classiquef personne / sonne féminine, classiqueg croissant / absent masculine, classiqueh alarmes / larmes féminine, classiquei rangs / mourants masculine, classiquej fidèle / rebelle féminine, classiquek amis / admis masculine, classiquel croire / victoire féminine, classiquem irrésolus / plus masculine, classiquea montagne / l'Espagne féminine, classiqueb yeux / pieux masculine, classiquec antiques / rustiques féminine, classiqued fond / profond masculine, classiquee nuage / visage féminine, classiquef profondeur / grandeur masculine, classiqueg catholique / mélancolique féminine, classiqueh touffus / confus masculine, classiquea moment / instrument masculine, classiqueb salutaire / terre féminine, classiquec effort / mort masculine, classiqued sauvée / relevée féminine, classiquee bras / ingrats masculine, classiquef terre / volontaire féminine, classiqueg tous / vous masculine, classiqueh années / destinées féminine, classiquei appris / prix masculine, classiquej vigilante / sanglante féminine, classiquek pervers / l'univers masculine, classiquel hommes / sommes féminine, classiquem couronnés / donnés masculine, classiquen subsiste / résiste féminine, classiqueo appui / lui masculine, classiquep mensonge / songe féminine, classiqueq absent / sang masculine, non classiquer larmes / armes féminine, classiques nous / genoux masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

228 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, MDCCCLXXXIII· numérisation abu.cnam.fr· Sources