Sillages, 1908· Sonnets D’après Shakespeare
III. Sonnet
Ne m’accuse jamais‖ de mensonge, ô ma douce !Je ne t’ai pas menti.‖ Je ne te mens jamais.Je ne fus point toujours‖ irréprochable, maisCette accusation‖ de toi, je la repousse.
Certes, je crains ta voix‖ lorsqu’elle se courrouce.Je crains mortellement‖ cette voix que j’aimais,La voix à qui je dois‖ obéir désormais,Et lorsqu’elle a dicté,‖ mon courage s’émousse.
Mais, sous ton clair regard‖ qui pénètre les reins,Plutôt que de mentir,‖ ô Douce que je crains !Lorsqu’il fallait parler,‖ je me suis abstenue.
Je dis la vérité,‖ comme au temps du trépas,Et devant ton regard,‖ voici mon âme nue,Devant ton clair regard‖ qui ne pardonne pas.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a douce / repousse féminine, classiqueb jamais / mais masculine, classiquea courrouce / s’émousse féminine, classiqueb j’aimais / désormais masculine, classiquea reins / crains masculine, classiqueb abstenue / nue féminine, classiquea trépas / pas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources