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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La Pucelle d’Orléans, 1752

Chant Vii

Voltaire· strophe unique, décasyllabes, 364 vers

Argument Comment Dunois sauva Dorothée, condamnée à la mort par l’inquisition.

Lorsque autrefois,‖ au printemps de mes jours,Je fus quitté‖ par ma belle maîtresse,Mon tendre cœur‖ fut navré de tristesse,Et je pensai‖ renoncer aux amours :Mais d'offenser‖ par le moindre discoursCette beauté‖ que j'avais encensée,De son bonheur‖ oser troubler le cours,Un tel forfait‖ n'entra dans ma pensée.Gêner un cœur,‖ ce n'est pas ma façon.Que si je traite‖ ainsi les infidèles,Vous comprenez,‖ à plus forte raison,Que je respecte‖ encor plus les cruelles.Il est affreux‖ d'aller persécuterUn tendre cœur‖ que l'on n'a pu dompter.Si la maîtresse‖ objet de votre hommageNe peut pour vous‖ des mêmes feux brûler,Cherchez ailleurs‖ un plus doux esclavage,On trouve assez‖ de quoi se consoler ;Ou bien buvez,‖ c'est un parti si sage.Et plût à Dieu‖ qu'en un cas tout pareilLe tonsuré‖ qu'Amour rendit barbare,Cet oppresseur‖ d'une beauté si rare,Se fût servi‖ d'un aussi bon conseil !Déjà Dunois‖ à la belle affligéeAvait rendu‖ le courage et l'espoir :Mais avant tout‖ il convenait savoirLes attentats‖ dont elle était chargée.« O vous, dit-elle‖ en baissant ses beaux yeux,Ange divin‖ qui descendez des cieux,Vous qui venez‖ prendre ici ma défense,Vous savez bien‖ quelle est mon innocence ! »Dunois reprit :‖ « Je ne suis qu'un mortel ;Je suis venu‖ par une étrange allure,Pour vous sauver‖ d'un trépas si cruel.Nul dans les cœurs‖ ne lit que l'Éternel.Je crois votre âme‖ et vertueuse et pure ;Mais dites-moi,‖ pour Dieu, votre aventure. »Lors Dorothée,‖ en essuyant les pleursDont le torrent‖ son beau visage mouille,Dit : « L'amour seul‖ a fait tous mes malheurs.Connaissez-vous‖ monsieur de La Trimouille ?— Oui, dit Dunois,‖ c'est mon meilleur ami ;Peu de héros‖ ont une âme aussi belle ;Mon roi n'a point‖ de guerrier plus fidèle,L'Anglais n'a point‖ de plus fier ennemi ;Nul chevalier‖ n'est plus digne qu'on l'aime.— Il est trop vrai,‖ dit-elle, c'est lui-même ;Il ne s'est pas‖ écoulé plus d'un anDepuis le jour‖ qu'il a quitté Milan.C'est en ces lieux‖ qu'il m'avait adorée ;Il le jurait,‖ et j'ose être assuréeQue son grand cœur‖ est toujours enflammé,Qu'il m'aime encor,‖ car il est trop aimé.— Ne doutez point,‖ dit Dunois, de son âme ;Votre beauté‖ vous répond de sa flamme.Je le connais ;‖ il est, ainsi que moi,A ses amours‖ fidèle comme au roi. »L'autre reprit :‖ « Ah ! monsieur, je vous croi.O jour heureux‖ où je le vis paraître,Où des mortels‖ il était à mes yeuxLe plus aimable‖ et le plus vertueux,Où de mon cœur‖ il se rendit le maître !Je l'adorais‖ avant que ma raisonEût pu savoir‖ si je l'aimais ou non.« Ce fut, monsieur,‖ ô moment délectable !Chez l'archevêque,‖ où nous étions à table,Que ce héros,‖ plein de sa passion,Me fit, me fit‖ sa déclaration.Ah ! j'en perdis‖ la parole et la vueMon sang brûla‖ d'une ardeur inconnue :Du tendre amour‖ j'ignorais le danger,Et de plaisir‖ je ne pouvais manger.Le lendemain‖ il me rendit visite :Elle fut courte,‖ il prit congé trop vite.Quand il partit,‖ mon cœur le rappelait ;Mon tendre cœur‖ après lui s'envolait.Le lendemain,‖ il eut un tête-à-têteUn peu plus long,‖ mais non pas moins honnête.Le lendemain‖ il en reçut le prix,Par deux baisers‖ sur mes lèvres ravis.Le lendemain‖ il osa davantage ;Il me promit‖ la foi de mariage.Le lendemain‖ il fut entreprenant ;Le lendemain‖ il me fit un enfant.Que dis-je ? hélas !‖ faut-il que je raconteDe point en point‖ mes malheurs et ma honte.Sans que je sache,‖ ô digne chevalier,A quel héros‖ j'ose me confier ? »Le chevalier,‖ par pure obéissance,Dit, sans vanter‖ ses faits ni sa naissance :« Je suis Dunois.‖ » C'était en dire assez.« Dieu, reprit-elle,‖ ô Dieu, qui m'exaucez,Quoi, vos bontés‖ font voler à mon aideCe grand Dunois,‖ ce bras à qui tout cède !Ah ! qu'on voit bien‖ d'où vous tenez le jour,Charmant bâtard,‖ cœur noble, âme sublime !Le tendre Amour‖ me faisait sa victime ;Mon salut vient‖ d'un enfant de l'Amour.Le ciel est juste,‖ et l'espoir me ranime.« Vous saurez donc,‖ brave et gentil Dunois,Que mon amant,‖ au bout de quelques mois,Fut obligé‖ de partir pour la guerre,Guerre funeste,‖ et maudite Angleterre !Il écouta‖ la voix de son devoir.Mon tendre amour‖ était au désespoir.Un tel état‖ vous est connu sans doute,Et vous savez,‖ monsieur, ce qu'il en coûte.Ce fier devoir‖ fit seul tous nos malheurs ;Je l'éprouvais‖ en répandant des pleurs :Mon cœur était‖ forcé de se contraindre,Et je mourais,‖ mais sans pouvoir me plaindre.Il me donna‖ le présent amoureuxD'un bracelet‖ fait de ses blonds cheveux,Et son portrait‖ qui, trompant son absence,M'a fait cent fois‖ retrouver sa présence.Un cher écrit‖ surtout il me laissa,Que de sa main‖ le ferme Amour traça.C'était, monsieur,‖ une juste promesse,Un sûr garant‖ de sa sainte tendresse :On y lisait :‖ Je jure par l'Amour,Par les plaisirs‖ de mon âme enchantée,De revenir‖ bientôt en cette cour,Pour épouser‖ ma chère Dorothée.Las ! il partit,‖ il porta sa valeurDans Orléans.‖ Peut-être il est encoreDans ces remparts‖ où l'appela l'honneur.Ah ! s'il savait‖ quels maux et quelle horreurSont, loin de lui,‖ le prix de mon ardeur !Non, juste ciel !‖ il vaut mieux qu'il l'ignore.« Il partit donc ;‖ et moi je m'en allai,Loin des soupçons‖ d'une ville indiscrète,Chercher aux champs‖ une sombre retraite,Conforme aux soins‖ de mon cœur désolé.Mes parents morts,‖ libre dans ma tristesse,Cachée au monde,‖ et fuyant tous les yeux,Dans le secret‖ le plus mystérieuxJ'ensevelis‖ mes pleurs et ma grossesse.Mais par malheur,‖ hélas ! je suis la nièceDe l'archevêque…‖ » A ces funestes mots,Elle sentit‖ redoubler ses sanglots.Puis vers le ciel‖ tournant ses yeux en larmes :« J'avais, dit-elle,‖ en secret mis au jourLe tendre fruit‖ de mon furtif amour ;Avec mon fils‖ consolant mes alarmes,De mon amant‖ j'attendais le retour.A l'archevêque‖ il prit en fantaisieDe venir voir‖ quelle espèce de vieMenait sa nièce‖ au fond de ses forêtsPour ma campagne‖ il quitta son palais.Il fut touché‖ de mes faibles attraits :Cette beauté,‖ présent cher et funeste,Ce don fatal,‖ qu'aujourd'hui je déteste,Perça son cœur‖ des plus dangereux traits.Il s'expliqua :‖ ciel ! que je fus surprise !Je lui parlai‖ des devoirs de son rang,De son état,‖ des nœuds sacrés du sang :Je remontrai‖ l'horreur de l'entreprise ;Elle outrageait‖ la nature et l'Église.Hélas ! j'eus beau‖ lui parler de devoir,Il s'entêta‖ d'un chimérique espoir.Il se flattait‖ que mon cœur indocileD'aucun objet‖ ne s'était prévenu,Qu'enfin l'amour‖ ne m'était point connu,Que son triomphe‖ en serait plus facile ;Il m'accablait‖ de ses soins fatigants,De ses désirs‖ rebutés et pressants.« Hélas ! un jour,‖ que toute à ma tristesseJe relisais‖ cette douce promesse,Que de mes pleurs‖ je mouillais cet écrit,Mon cruel oncle‖ en lisant me surprit.Il se saisit,‖ d'une main ennemie,De ce papier‖ qui contenait ma vie :Il lut ; il vit‖ dans cet écrit fatalTous mes secrets,‖ ma flamme, et son rival.Son âme alors,‖ jalouse et forcenée,A ses désirs‖ fut plus abandonnée.Toujours alerte,‖ et toujours m'épiant,Il sut bientôt‖ que j'avais un enfant.Sans doute un autre‖ en eût perdu courage.Mais l'archevêque‖ en devint plus ardent ;Et se sentant‖ sur moi cet avantage :« Ah ! me dit-il,‖ n'est-ce donc qu'avec moi« Que vous avez‖ la fureur d'être sage ?« Et vos faveurs‖ seront le seul partage« De l'étourdi‖ qui ravit votre foi !« Osez-vous bien‖ me faire résistance ?« Y pensez-vous ?‖ Vous ne méritez pas« Le fol amour‖ que j'ai pour vos appas :« Cédez sur l'heure,‖ ou craignez ma vengeance. »Je me jetai‖ tremblante à ses genoux ;J'attestai Dieu,‖ je répandis des larmes.Lui, furieux‖ d'amour et de courroux,En cet état‖ me trouva plus de charmes.Il me renverse,‖ et va me violer ;A mon secours‖ il fallut appeler :Tout son amour‖ soudain se tourne en rage.D'un oncle, ô ciel,‖ souffrir un tel outrage !De coups affreux‖ il meurtrit mon visage.On vient au bruit ;‖ mon oncle au même instantJoint à son crime‖ un crime encor plus grand :« Chrétiens, dit-il,‖ ma nièce est une impie ;« Je l'abandonne,‖ et je l'excommunie :« Un hérétique,‖ un damné suborneur,« Publiquement‖ a fait son déshonneur ;« L'enfant qu'ils ont‖ est un fruit d'adultère.« Que Dieu confonde‖ et le fils et la mère« Et puisqu'ils ont‖ ma malédiction,« Qu'ils soient livrés‖ à l'inquisition ! »« Il ne fit point‖ une menace vaine ;Et dans Milan‖ le traître arrive à peine,Qu'il fait agir‖ le grand inquisiteur.On me saisit,‖ prisonnière on m'entraîneDans des cachots,‖ où le pain de douleurÉtait ma seule‖ et triste nourriture :Lieux souterrains,‖ lieux d'une nuit obscure,Séjour des morts,‖ et tombeau des vivants !Après trois jours‖ on me rend la lumière,Mais pour la perdre‖ au milieu des tourments.Vous les voyez,‖ ces brasiers dévorantsC'est là qu'il faut‖ expirer à vingt ans.Voilà mon lit‖ à mon heure dernière !C'est-là, c'est-là,‖ sans votre bras vengeur,Qu'on m'arrachait‖ la vie avec l'honneur !Plus d'un guerrier‖ aurait, selon l'usage,Pris ma défense,‖ et pour moi combattu ;Mais l'archevêque‖ enchaîne leur vertu :Contre l'Église‖ ils n'ont point de courage.Qu'attendre, hélas !‖ d'un cœur italien ?Ils tremblent tous‖ à l'aspect d'une étole ;Mais un Français‖ n'est alarmé de rien,Et braverait‖ le pape au Capitole. »A ces propos,‖ Dunois piqué d'honneur,Plein de pitié‖ pour la belle accusée,Plein de courroux‖ pour son persécuteur,Brûlait déjà‖ d'exercer sa valeur,Et se flattait‖ d'une victoire aisée.Bien surpris fut‖ de se voir entouréDe cent archers,‖ dont la cohorte fièreL'investissait‖ noblement par derrière.Un cuistre en robe,‖ avec bonnet carré,Criait d'un ton‖ de vrai miserere :« On fait savoir,‖ de par la sainte Église,Par monseigneur,‖ pour la gloire de Dieu,A tous chrétiens‖ que le ciel favorise,Que nous venons‖ de condamner au feuCet étranger,‖ ce champion profane,De Dorothée‖ infâme chevalier,Comme infidèle,‖ hérétique, et sorcier ;Qu'il soit brûlé‖ sur l'heure avec son âne. »Cruel prélat,‖ Busiris en soutane,C'était, perfide,‖ un tour de ton métier ;Tu redoutais‖ le bras de ce guerrier ;Tu t'entendais‖ avec le saint-officePour opprimer,‖ sous le nom de justice,Quiconque eût pu‖ lever le voile affreuxDont tu cachais‖ ton crime à tous les yeux.Tout aussitôt‖ l'assassine cohorte,Du saint-office‖ abominable escorte,Pour se saisir‖ du superbe Dunois,Deux pas avance,‖ et recule de trois ;Puis marche encor ;‖ puis se signe, et s'arrête.Sacrogorgon,‖ qui tremblait à leur tête,Leur crie : « Allons,‖ il faut vaincre ou périr ;De ce sorcier‖ tâchons de nous saisir. »Au milieu d'eux‖ les diacres de la ville,Les sacristains‖ arrivent à la file :L'un tient un pot,‖ et l'autre un goupillon ;Ils font leur ronde,‖ et de leur eau saléeBenoîtement‖ aspergent l'assemblée.On exorcise,‖ on maudit le démon ;Et le prélat,‖ toujours l'âme troublée,Donne partout‖ sa bénédiction.Le grand Dunois,‖ non sans émotion,Voit qu'on le prend‖ pour envoyé du diable :Lors saisissant‖ de son bras redoutableSa grande épée,‖ et de l'autre montrantUn chapelet,‖ catholique instrument,De son salut‖ cher et sacré garant :« Allons, dit-il,‖ venez à moi, mon âne. »L'âne descend,‖ Dunois monte, et soudainIl va frappant,‖ en moins d'un tour de main,De ces croyants‖ la cohorte profane.Il perce à l'un‖ le sternum et le bras ;Il atteint l'autre‖ à l'os qu'on nomme atlas ;Qui voit tomber‖ son nez et sa mâchoire,Qui son oreille,‖ et qui son humérus ;Qui pour jamais‖ s'en va dans la nuit noire,Et qui s'enfuit‖ disant ses oremus.L'âne, au milieu‖ du sang et du carnage,Du paladin‖ seconde le courage ;Il vole, il rue,‖ il mord, il foule aux piedsCe tourbillon‖ de faquins effrayés.Sacrogorgon,‖ abaissant sa visière,Toujours jurant,‖ s'en allait en arrière ;Dunois le joint,‖ l'atteint à l'os pubis :Le fer sanglant‖ lui sort par le coccix :Le vilain tombe,‖ et le peuple s'écrie :« Béni soit Dieu !‖ le barbare est sans vie. »Le scélérat‖ encor se débattaitSur la poussière,‖ et son cœur palpitait,Quand le héros‖ lui dit : « Âme traîtresse,L'enfer t'attend ;‖ crains le diable, et confesseQue l'archevêque‖ est un coquin mitré,Un ravisseur,‖ un parjure avéré ;Que Dorothée‖ est l'innocence même,Qu'elle est fidèle‖ au tendre amant qu'elle aime,Et que tu n'es‖ qu'un sot et qu'un fripon.— Oui, monseigneur,‖ oui, vous avez raison :Je suis un sot,‖ la chose est par trop claire,Et votre épée‖ a prouvé cette affaire. »Il dit : son âme‖ alla chez le démon.Ainsi mourut‖ le fier Sacrogorgon.Dans l'instant même,‖ où ce bravache infâmeA Belzébuth‖ rendait sa vilaine âme,Devers la place‖ arrive un écuyer,Portant salade‖ avec lance dorée :Deux postillons‖ à la jaune livréeAllaient devant.‖ C'était chose assuréeQu'il arrivait‖ quelque grand chevalier.A cet objet,‖ la belle Dorothée,D'étonnement‖ et d'amour transportée :« Ah, Dieu puissant !‖ se mit-elle à crier,Serait-ce lui !‖ serait-il bien possible !A mes malheurs‖ le ciel est trop sensible. »Les Milanais,‖ peuple très-curieux,Vers l'écuyer‖ avaient tourné les yeux.Eh ! cher lecteur,‖ n'êtes vous pas honteuxDe ressembler‖ à ce peuple volage,Et d'occuper‖ vos yeux et votre espritDu changement‖ qui dans Milan se fit ?Est-ce donc là‖ le but de mon ouvrage ?Songez, lecteurs,‖ aux remparts d'Orléans,Au roi de France,‖ aux cruels assiégeants,A la Pucelle,‖ à l'illustre amazone,La vengeresse‖ et du peuple et du trône,Qui, sans jupon,‖ sans pourpoint ni bonnet,Parmi les champs‖ comme un centaure allait,Ayant en Dieu‖ sa plus ferme espérance,Comptant sur lui‖ plus que sur sa vaillance,Et s'adressant‖ à monsieur saint Denys,Qui cabalait‖ alors en paradisContre saint George‖ en faveur de la France.Surtout, lecteur,‖ n'oubliez point Agnès,Ayez l'esprit‖ tout plein de ses attraits :Tout honnête homme,‖ à mon gré, doit s'y plaire.Est-il quelqu'un‖ si morne et si sévère,Que pour Agnès‖ il soit sans intérêt ?Et franchement‖ dites-moi, s'il vous plaît,Si Dorothée‖ au feu fut condamnée ;Si le Seigneur,‖ du haut du firmament,Sauva le jour‖ à cette infortunée :Semblable cas‖ advient très-rarement.Mais que l'objet‖ où votre cœur s'engage,Pour qui vos pleurs‖ ne peuvent s'essuyer,Soit dans les bras‖ d'un robuste aumônier,Ou semble épris‖ pour quelque jeune page,Cet accident‖ peut être est plus commun ;Pour l'amener‖ ne faut miracle aucun.Je l'avouerai,‖ j'aime toute aventureQui tient de près‖ à l'humaine nature ;Car je suis homme,‖ et je me fais honneurD'avoir ma part‖ aux humaines faiblesses ;J'ai dans mon temps‖ possédé des maîtresses.Et j'aime encor‖ à retrouver mon cœur.

Versification

Forme
Strophe unique
Mètre
Décasyllabes· profil 4+6
Mots à la rime
a jours / amours masculine, classiqueb maîtresse / tristesse féminine, classiquec discours / cours masculine, classiqued encensée / pensée féminine, classiquee façon / raison masculine, classiquef infidèles / cruelles féminine, classiqueg persécuter / dompter masculine, classiqueh hommage / esclavage / sage féminine, classiquei brûler / consoler masculine, classiquej pareil / conseil masculine, classiquek barbare / rare féminine, classiquel affligée / chargée féminine, classiquem l'espoir / savoir masculine, classiquen yeux / cieux masculine, classiqueo défense / innocence féminine, classiquep mortel / cruel / l'Éternel masculine, classiqueq allure / pure / aventure féminine, classiquer pleurs / malheurs masculine, classiques mouille / Trimouille féminine, classiquet ami / ennemi masculine, classiqueu belle / fidèle féminine, classiquev l'aime / lui-même féminine, classiquew an / Milan masculine, classiquex adorée / assurée féminine, classiquey enflammé / aimé masculine, classiquez âme / flamme féminine, classiquea moi / roi / croi masculine, classiqueb paraître / maître féminine, classiquec yeux / vertueux masculine, classiqued raison / non masculine, classiquee délectable / table féminine, classiquef passion / déclaration masculine, classiqueg vue / inconnue féminine, classiqueh danger / manger masculine, classiquei visite / vite féminine, classiquej rappelait / s'envolait masculine, classiquek tête-à-tête / honnête féminine, classiquel prix / ravis masculine, classiquem davantage / mariage féminine, classiquen entreprenant / enfant masculine, classiqueo raconte / honte féminine, classiquep chevalier / confier masculine, classiqueq obéissance / naissance féminine, classiquer assez / m'exaucez masculine, classiques aide / cède féminine, classiquet jour / l'Amour masculine, classiqueu sublime / victime / ranime féminine, classiquev Dunois / mois masculine, classiquew guerre / Angleterre féminine, classiquex devoir / désespoir masculine, classiquey doute / coûte féminine, classiquez malheurs / pleurs masculine, classiquea contraindre / plaindre féminine, classiqueb amoureux / cheveux masculine, classiquec absence / présence féminine, classiqued laissa / traça masculine, classiquee promesse / tendresse féminine, classiquef l'Amour / cour masculine, classiqueg enchantée / Dorothée féminine, classiqueh valeur / l'honneur masculine, classiquei encore / l'ignore féminine, classiquej horreur / ardeur masculine, classiquek allai / désolé masculine, classiquel indiscrète / retraite féminine, classiquem tristesse / grossesse / nièce féminine, classiquen yeux / mystérieux masculine, classiqueo mots / sanglots masculine, classiquep larmes / alarmes féminine, classiqueq jour / amour / retour masculine, équivalenter fantaisie / vie féminine, classiques forêts / palais masculine, classiquet attraits / traits masculine, classiqueu funeste / déteste féminine, classiquev surprise / l'entreprise / l'Église féminine, classiquew rang / sang masculine, classiquex devoir / espoir masculine, classiquey indocile / facile féminine, classiquez prévenu / connu masculine, classiquea fatigants / pressants masculine, classiqueb tristesse / promesse féminine, classiquec écrit / surprit masculine, classiqued ennemie / vie féminine, classiquee fatal / rival masculine, classiquef forcenée / abandonnée féminine, classiqueg m'épiant / enfant / ardent masculine, classiqueh courage / avantage féminine, classiquei moi / foi masculine, classiquej sage / partage féminine, classiquek résistance / vengeance féminine, classiquel pas / appas masculine, classiquem genoux / courroux masculine, classiquen larmes / charmes féminine, classiqueo violer / appeler masculine, classiquep rage / outrage / visage féminine, classiqueq instant / grand masculine, classiquer impie / l'excommunie féminine, classiques suborneur / déshonneur masculine, classiquet d'adultère / mère féminine, classiqueu malédiction / l'inquisition masculine, classiquev vaine / peine / m'entraîne féminine, classiquew inquisiteur / douleur masculine, classiquex nourriture / obscure féminine, classiquey vivants / tourments masculine, classiquez lumière / dernière féminine, classiquea dévorants / ans masculine, classiqueb vengeur / l'honneur masculine, classiquec l'usage / courage féminine, classiqued combattu / vertu masculine, classiquee italien / rien masculine, classiquef étole / Capitole féminine, classiqueg d'honneur / persécuteur / valeur masculine, classiqueh accusée / aisée féminine, classiquei entouré / carré / miserere masculine, classiquej fière / derrière féminine, classiquek Église / favorise féminine, classiquel Dieu / feu masculine, classiquem profane / âne / soutane féminine, classiquen chevalier / sorcier masculine, classiqueo métier / guerrier masculine, classiquep saint-office / justice féminine, classiqueq affreux / yeux masculine, classiquer cohorte / escorte féminine, classiques Dunois / trois masculine, classiquet s'arrête / tête féminine, classiqueu périr / saisir masculine, classiquev ville / file féminine, classiquew goupillon / démon masculine, classiquex salée / l'assemblée / troublée féminine, classiquey bénédiction / émotion masculine, classiquez diable / redoutable féminine, classiquea montrant / instrument / garant masculine, classiqueb âne / profane féminine, classiquec soudain / main masculine, classiqued bras / atlas masculine, classiquee mâchoire / noire féminine, classiquef humérus / oremus masculine, classiqueg carnage / courage féminine, classiqueh pieds / effrayés masculine, classiquei visière / arrière féminine, classiquej pubis / coccix masculine, classiquek s'écrie / vie féminine, classiquel débattait / palpitait masculine, classiquem traîtresse / confesse féminine, classiquen mitré / avéré masculine, classiqueo même / aime féminine, classiquep fripon / raison masculine, classiqueq claire / affaire féminine, classiquer démon / Sacrogorgon masculine, classiques infâme / âme féminine, classiquet écuyer / chevalier / crier masculine, classiqueu dorée / livrée féminine, classiquev assurée / Dorothée / transportée féminine, classiquew possible / sensible féminine, classiquex très-curieux / yeux / honteux masculine, classiquey volage / ouvrage féminine, classiquez esprit / fit masculine, classiquea d'Orléans / assiégeants masculine, classiqueb amazone / trône féminine, classiquec bonnet / allait masculine, classiqued espérance / vaillance / France féminine, classiquee Denys / paradis masculine, classiquef Agnès / attraits masculine, classiqueg plaire / sévère féminine, classiqueh intérêt / plaît masculine, classiquei condamnée / infortunée féminine, classiquej firmament / très-rarement masculine, classiquek s'engage / page féminine, classiquel s'essuyer / aumônier masculine, classiquem commun / aucun masculine, classiquen aventure / nature féminine, classiqueo honneur / cœur masculine, classiquep faiblesses / maîtresses féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

364 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète de Voltaire, Paris, Furne, Libraire-Éditeur, 1835· numérisation poesies.net· Sources