La Pucelle d’Orléans, 1752
Chant Xvii
Argument Comment Charles VII, Agnès, Jeanne, Dunois, La Trimouille, etc., devinrent tous fous ; et comment ils revinrent à leur bon sens par les exorcismes du R.P. Bonifoux, confesseur ordinaire du roi.
Oh ! que ce monde‖ est rempli d'enchanteurs !Je ne dirai‖ rien des enchanteresses.Je t'ai passé,‖ temps heureux des faiblesses,Printemps des fous,‖ bel âge des erreurs ;Mais à tout âge‖ on trouve des trompeurs,De vrais sorciers,‖ tout-puissants séducteurs,Vêtus de pourpre,‖ et rayonnants de gloire.Au haut des cieux‖ ils vous mènent d'abord,Puis on vous plonge‖ au fond de l'onde noire ,Et vous buvez‖ l'amertume et la mort.Gardez-vous tous,‖ gens de bien que vous êtes,De vous frotter‖ à de tels nécromants ;Et s'il vous faut‖ quelques enchantements,Aux plus grands rois‖ préférez vos grisettes.Hermaphrodix‖ a bâti tout exprèsLe beau château‖ qui retenait Agnès,Pour se venger‖ des belles de la France,Des chevaliers,‖ des ânes et des saints,Dont la pudeur‖ et les exploits divinsAvaient bravé‖ sa magique puissance.Quiconque entrait‖ en ce maudit logisMéconnaissait‖ sur-le-champ ses amis,Perdait le sens,‖ l'esprit, et la mémoire.L'eau du Léthé‖ que les morts allaient boire,Les mauvais vins,‖ funestes aux vivants,Ont des effets‖ bien moins extravagants.Sous les grands arcs‖ d'un immense portique,Amas confus‖ de moderne et d'antique,Se promenait‖ un fantôme brillant,Au pied léger,‖ à l'œil étincelant,Au geste vif,‖ à la marche égarée,La tête haute,‖ et de clinquants parée.On voit son corps‖ toujours en action ;Et son nom est‖ l'imagination :Non cette belle‖ et charmante déesseQui présida,‖ dans Rome et dans la Grèce,Aux beaux travaux‖ de tant de grands auteurs,Qui répandit‖ l'éclat de ses couleurs,Ses diamants,‖ ses immortelles fleurs,Sur plus d'un chant‖ du grand peintre d'Achille,Sur la Didon‖ que célébra Virgile,Et qui d'Ovide‖ anima les accents ;Mais celle-là‖ qu'abjure le bon sens,Cette étourdie,‖ effarée, insipide,Que tant d'auteurs‖ approchent de si près,Qui les inspire,‖ et qui servit de guideAux Scudéri,‖ Lemoine, Desmarets.Elle répand‖ ses faveurs les plus chèresSur nos romans,‖ nos nouveaux opéra ;Et son empire‖ assez longtemps duraSur le théâtre,‖ au barreau, dans les chaires.Près d'elle était‖ le Galimatias,Monstre bavard‖ caressé dans ses bras,Nommé jadis‖ le docteur séraphique,Subtil, profond,‖ énergique, angélique,Commentateur‖ d'imagination,Et créateur‖ de la confusion,Qui depuis peu‖ fit Marie Alacoque.Autour de lui‖ voltigent l'Équivoque,La louche Énigme,‖ et les mauvais Bons Mots,A double sens,‖ qui font l'esprit des sots ;Les Préjugés,‖ les Méprises, les Songes,Les Contre-Sens,‖ les absurdes Mensonges,Ainsi qu'on voit‖ aux murs d'un vieux logisLes chats-huants‖ et les chauves-souris.Quoi qu'il en soit,‖ ce damnable édificeFut fabriqué‖ par un tel artifice,Que tout mortel‖ qui dans ces lieux viendraPerdra l'esprit‖ tant qu'il y restera.A peine Agnès,‖ avec sa douce escorte,De ce palais‖ avait touché la porte,Que Bonifoux,‖ ce grave confesseur,Devint l'objet‖ de sa fidèle ardeur ;Elle le prend‖ pour son cher roi de France« O mon héros !‖ ô ma seule espérance !Le juste ciel‖ vous rend à mes souhaits.Ces fiers Bretons‖ sont-ils par vous défaits ?N'auriez-vous point‖ reçu quelque blessure ?Ah ! laissez-moi‖ détacher votre armure. »Lors elle veut,‖ d'un effort tendre et doux,Oter le froc‖ du père Bonifoux,Et, dans ses bras‖ bientôt abandonnée,L'œil enflammé,‖ la cou vers lui tendu,Cherche un baiser‖ qui soit pris et rendu.Charmante Agnès,‖ que tu fus consternée,Lorsque, cherchant‖ un menton frais tondu,Tu ne sentis‖ qu'une barbe tannée,Longue, piquante,‖ et rude, et mal peignée !Le confesseur‖ tout effaré s'enfuit,Méconnaissant‖ la belle qui le suit.La tendre Agnès,‖ se voyant dédaignée,Court après lui,‖ de pleurs toute baignée.Comme ils couraient‖ dans ce vaste pourpris,L'un se signant,‖ et l'autre tout en larmes,Ils sont frappés‖ des plus lugubres cris.Un jeune objet,‖ touchant, rempli de charmes,Avec frayeur‖ embrassait les genouxD'un chevalier‖ qui, couvert de ses armes,L'allait bientôt‖ immoler sous ses coups.Peut-on connaître‖ à cette barbarieCe La Trimouille,‖ et ce parfait amantQui de grand cœur,‖ en tout autre moment,Pour Dorothée‖ aurait donné sa vie ?Il la prenait‖ pour le fier Tirconel :Elle n'avait‖ nul trait en son visageQui ressemblât‖ à cet Anglais cruel ;Elle cherchait‖ le héros qui l'engage,Le cher objet‖ d'un amour immortel ;Et, lui parlant‖ sans pouvoir le connaître,Elle lui dit :‖ « Ne l'avez-vous point vu,Ce chevalier‖ qui de mon cœur est maître,Qui près de moi‖ dans ces lieux est venu ?Mon La Trimouille,‖ hélas ! est disparu.Que fait-il donc ?‖ de grâce, où peut-il être ? »Le Poitevin,‖ à ces touchants discours,Ne connut point‖ ses fidèles amours.Il croit entendre‖ un Anglais implacable,Qui vient sur lui‖ prêt à trancher ses jours.Le fer en main‖ il se met en défense,Vers Dorothée‖ en mesure il avance.« Je te ferai,‖ dit-il changer de ton,Fier, dédaigneux,‖ triste, arrogant Breton.Dur insulaire,‖ ivre de bière forte,C'est bien à toi‖ de parler de la sorte,De menacer‖ un homme de mon nom !Moi petit-fils‖ des Poitevins célèbresDont les exploits,‖ au séjour des ténèbres,Ont fait passer‖ tant d'Anglais valeureux,Plus fiers que toi,‖ plus grands, plus généreux.Eh quoi ! ta main‖ ne tire pas l'épée !De quel effroi‖ ta vile âme est frappée !Fier en discours,‖ et lâche en action,Chevreuil anglais,‖ Thersite d'Albion,Fait pour brailler‖ chez tes parlementaires,Vite, essayons‖ tous deux nos cimeterres ;Çà, qu'on dégaine,‖ ou je vais de ma mainSigner ton front,‖ des fronts le plus vilain,Et t'appliquer‖ sur ton large derrière,A mon plaisir,‖ deux cents coups d'étrivière. »A ce discours‖ qu'il prononce en fureur,Pâle, éperdue,‖ et mourante de peur :« Je ne suis point‖ Anglais, dit Dorothée ;J'en suis bien loin :‖ comment, pourquoi, par où,Me vois-je ici‖ par vous si maltraitée ?Dans quel danger‖ je suis précipitée !Je cherche ici‖ le héros du Poitou ;C'est une fille,‖ hélas ! bien tourmentée,Qui baise en pleurs‖ votre noble genou. »Elle parlait,‖ mais sans être écoutée ;Et La Trimouille,‖ étant tout à fait fou,Allait déjà‖ la prendre par le cou.Le confesseur,‖ qui dans sa prompte fuiteD'Agnès Sorel‖ évitait la poursuite,Bronche en courant,‖ et tombe au milieu d'eux ;Le Poitevin‖ veut le prendre aux cheveux,N'en trouve point,‖ roule avec lui par terre ;La belle Agnès,‖ qui le suit et le serre,Sur lui trébuche,‖ en poussant des clameursEt des sanglots‖ qu'interrompent ses pleurs.Et sous eux tous‖ se débat Dorothée,Très en désordre‖ et fort mal ajustée.Tout au milieu‖ de ce conflit nouveau,Le bon roi Charle,‖ escorté de Bonneau,Avec Dunois‖ et la fière Pucelle,Entre à la fois‖ dans ce fatal château,Pour y chercher‖ sa maîtresse fidèle.O grand pouvoir !‖ ô merveille nouvelle !A peine ils sont‖ de cheval descendus,Sous le portique‖ à peine ils sont rendus,Incontinent‖ ils perdent la cervelle.Tels dans Paris‖ tous ces docteurs fourrés,Pleins d'arguments‖ sous leurs bonnets carrés,Vont gravement‖ vers la Sorbonne antique,Séjour de noise,‖ antre théologique,Où la Dispute‖ et la ConfusionOnt établi‖ leur sacré domicile,Et dont jamais‖ n'approcha la Raison.Nos révérends‖ arrivent à la file :Ils avaient l'air‖ d'être de sens rassis ;Chacun passait‖ pour sage en son logis ;On les prendrait‖ pour des gens fort honnêtes,Point querelleurs‖ et point extravagants,Quelques-uns même‖ étaient de bonnes têtes :Ils sont tous fous‖ quand ils sont sur les bancs.Charle, enivré‖ de joie et de tendresse,Les yeux mouillés,‖ tout pétillant d'ardeur,Et ressentant‖ un battement de cœur,Disait, d'un ton‖ d'amour et de langueur :« Ma chère Agnès,‖ ma pudique maîtresse,Mon paradis,‖ précis de tous les biens,Combien de fois,‖ hélas ! fus-tu perdue !A mes désirs‖ te voilà donc rendue !Perle d'amour,‖ je te vois, je te tiens ;Oh ! que tu fais‖ une charmante mine !Mais tu n'as plus‖ cette taille si fineQue je pouvais‖ embrasser autrefois,En la serrant‖ du bout de mes dix doigts.Quel embonpoint !‖ quel ventre ! quelles fesses !Voilà le fruit‖ de nos tendres caresses :Agnès est grosse,‖ Agnès me donneraUn beau bâtard‖ qui pour nous combattra.Je veux greffer,‖ dans l'ardeur qui m'emporte,Ce fruit nouveau‖ sur l'arbre qui le porte.Amour le veut ;‖ il faut que dans l'instantJ'aille au-devant‖ de cet aimable enfant. »A qui le roi‖ se faisait-il entendre ?A qui tient-il‖ ce discours noble et tendre ?Qui tenait-il‖ dans ses bras amoureux ?C'était Bonneau,‖ soufflant, suant, poudreux ;C'était Bonneau ;‖ jamais homme en sa vieNe se sentit‖ l'âme plus ébahie.Charles, pressé‖ d'un désir violent,D'un bras nerveux‖ le pousse tendrement ;Il le renverse ;‖ et Bonneau pesammentS'en va tomber‖ sur la troupe mêlée,Qui de son poids‖ se sentit accablée.Ciel ! que de cris‖ et que de hurlements !Le confesseur‖ reprit un peu ses sens ;Sa grosse panse‖ était juste portéeDessus Agnès‖ et dessous Dorothée ;Il se relève,‖ il marche, il court, il fuit ;Tout haletant‖ le bon Bonneau le suit.Mais La Trimouille‖ à l'instant s'imagineQue sa beauté,‖ sa maîtresse divine,Sa Dorothée‖ était entre les brasDu Tourangeau‖ qui fuyait à grands pas.Il court après,‖ il le presse, il lui crie :« Rends-moi mon cœur,‖ bourreau, rends-moi ma vie,Attends, arrête.‖ » En prononçant ces mots,D'un large sabre‖ il frappe son gros dos.Bonneau portait‖ une épaisse cuirasse,Et ressemblait‖ à la pesante masseQui dans la forge‖ à grand bruit retentitSous le marteau‖ qui frappe et rebondit.La peur hâtait‖ sa marche écarquillée.Jeanne, voyant‖ le Bonneau qui trottait,Et les grands coups‖ que l'autre lui portait,Jeanne casquée,‖ et de fer habillée,Suit à grands pas‖ La Trimouille, et lui rendTout ce qu'il donne‖ au royal confident.Dunois, la fleur‖ de la chevalerie,Ne souffre pas‖ qu'on attente à la vieDe La Trimouille,‖ il est son cher appui ;C'est son destin‖ de combattre pour lui :Il le connaît ;‖ mais il prend la PucellePour un Anglais ;‖ il vous tombe sur elle,Il vous l'étrille‖ ainsi qu'elle étrillaitLe Poitevin,‖ qui toujours chatouillaitL'ami Bonneau,‖ qui lourdement fuyait.Le bon roi Charle,‖ en ce désordre extrême,Dans son Bonneau‖ voit toujours ce qu'il aime ;Il voit Agnès.‖ Quel état pour un roi,Pour un amant‖ des amants le plus tendre !Nul ennemi‖ ne lui cause d'effroi ;Contre une armée‖ il voudrait la défendre.Tous ces guerriers‖ après Bonneau courantsSont à ses yeux‖ des ravisseurs sanglants.L'épée au poing‖ sur Dunois il s'élance ;Le beau bâtard‖ se retourne, et lui rendSur la visière‖ un énorme fendant.Ah ! s'il savait‖ que c'est le roi de France,Qu'il se verrait‖ avec un œil d'horreur !Il périrait‖ de honte et de douleur.En même temps‖ Jeanne, par lui frappée,Lui répondit‖ de sa puissante épée ;Et le bâtard,‖ incapable d'effroi,Frappe à la fois‖ sa maîtresse et son roi ;A droite, à gauche,‖ il lance sur leurs têtesDe mille coups‖ les rapides tempêtes.Charmant Dunois,‖ belle Jeanne, arrêtez ;Ciel ! quels seront‖ vos regrets et vos larmes,Quand vous saurez‖ qui poursuivent vos armes,Et qui vous frotte,‖ et qui vous combattez !Le Poitevin,‖ dans l'horrible mêlée,De temps en temps‖ appesantit son brasSur la Pucelle,‖ et rosse ses appas.L'ami Bonneau‖ ne les imite pas ;Sa grosse tête‖ était la moins troublée.Il recevait,‖ mais il ne rendait point.Il court toujours ;‖ Bonifoux le précède,Aiguillonné‖ de la peur qui le point.Le tourbillon‖ que la rage possède,Tous contre tous,‖ assaillants, assaillis,Battants, battus,‖ dans ce grand chamaillis,Criant, hurlant,‖ parcourent le logis.Agnès en pleurs,‖ Dorothée éperdue,Crie : « Au secours !‖ on m'égorge, on me tue. »Le confesseur,‖ plein de contrition,Menait toujours‖ cette procession.Il aperçoit‖ à certaine fenêtreDe ce logis‖ le redoutable maître,Hermaphrodix,‖ qui contemplait gaiementDes bons Français‖ le barbare tourment,Et se tenait‖ les deux côtés de rire.Bonifoux vit‖ que ce fatal empireÉtait, sans doute,‖ une œuvre du démon.Il conservait‖ un reste de raison ;Son long capuce‖ et sa large tonsureA sa cervelle‖ avaient servi d'armure.Il se souvint‖ que notre ami BonneauSuivait toujours‖ l'usage antique et beau,Très-sagement‖ établi par nos pères,D'avoir sur soi‖ les choses nécessaires,Muscade, clou,‖ poivre, girofle et sel.Pour Bonifoux,‖ il avait son missel.Il aperçut‖ une fontaine claire,Il y courut,‖ sel et missel en main,Bien résolu‖ d'attraper le malin.Le voilà donc‖ qui travaille au mystère ;Il dit tout bas :‖ Sanctam Catholicam,Papam, Romam,‖ aquam benedictam ;Puis de Bonneau‖ prend la tasse, et va viteAdroitement‖ asperger d'eau béniteLe farfadet‖ né de la belle Alix.Chez les païens‖ l'eau brûlante du StyxFut moins fatale‖ aux âmes criminelles.Son cuir tanné‖ fut couvert d'étincelles ;Un gros nuage,‖ enfumé, noir, épais,Enveloppa‖ le maître et le palais.Les combattants,‖ couverts d'une nuit sombre,Couraient encore‖ et se cherchaient dans l'ombre.Tout aussitôt‖ le palais disparut ;Plus de combat,‖ d'erreur ni de méprise ;Chacun se vit,‖ chacun se reconnut ;Chaque cervelle‖ en son lieu fut remise.A nos héros‖ un seul moment renditLe peu de sens‖ qu'un seul moment perdit :Car la folie,‖ hélas ! ou la sagesse,Ne tient à rien‖ dans notre pauvre espèce.C'était alors‖ un grand plaisir de voirCes paladins‖ aux pieds du moine noir,Le bénissant,‖ chantant des litanies,Se demandant‖ pardon de leurs folies.O La Trimouille !‖ ô vous, royal amant !Qui me peindra‖ votre ravissement ?On n'entendait‖ que ces mots : « Ah ! ma belle,Mon tout, mon roi,‖ mon ange, ma fidèle,C'est vous ! c'est toi !‖ jour heureux ! doux moments ! »Et des baisers,‖ et des embrassements,Cent questions,‖ cent réponses pressées ;Leur voix ne peut‖ suffire à leurs pensées.Le confesseur,‖ d'un paternel regard,Les lorgnait tous,‖ et priait à l'écart.Le grand bâtard‖ et sa fière maîtresseModestement‖ s'expliquaient leur tendresse.De leurs amours‖ le rare compagnonÉlève alors‖ la tête avec le ton ;Il entonna‖ l'octave discordanteDe son gosier‖ de cornet à bouquin.A cette octave,‖ à ce bruit tout divin,Tout fut ému :‖ la nature tremblanteFrémit d'horreur ;‖ et Jeanne vit soudainTomber les murs‖ de ce palais magique,Cent tours d'acier‖ et cent portes d'airain ;Comme autrefois‖ la horde mosaïqueFit voir, au son‖ de sa trompe hébraïque,De Jéricho‖ le rempart écroulé.Réduit en poudre,‖ à la terre égalé :Le temps n'est plus‖ de semblable pratique.Alors, alors‖ ce superbe palais,Si brillant d'or,‖ si noirci de forfaits,Devint un ample‖ et sacré monastère.Le salon fut‖ en chapelle changé.Le cabinet‖ où ce maître enragéAvait dormi‖ dans le vice plongéTransmué fut‖ en un beau sanctuaire.L'ordre de Dieu,‖ qui préside aux destins,Ne changea point‖ la salle des festins ;Mais elle prit‖ le nom de réfectoire ;On y bénit‖ le manger et le boire.Jeanne, le cœur‖ élevé vers les saints,Vers Orléans,‖ vers le sacre de Reims,Dit à Dunois :‖ « Tous nous est favorableDans nos amours‖ et dans nos grands desseins :Espérons tout ;‖ soyez sûr que le diableA contre nous‖ fait son dernier effort. »Parlant ainsi,‖ Jeanne se trompait fort.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Mots à la rime
- a d'enchanteurs / erreurs masculine, classiqueb enchanteresses / faiblesses féminine, classiquec trompeurs / séducteurs masculine, classiqued gloire / noire féminine, classiquee d'abord / mort masculine, classiquef êtes / grisettes féminine, classiqueg nécromants / enchantements masculine, classiqueh exprès / Agnès masculine, classiquei France / puissance féminine, classiquej saints / divins masculine, classiquek logis / amis masculine, classiquel mémoire / boire féminine, classiquem vivants / extravagants masculine, classiquen portique / d'antique féminine, classiqueo brillant / étincelant masculine, classiquep égarée / parée féminine, classiqueq action / l'imagination masculine, classiquer déesse / Grèce féminine, classiques auteurs / couleurs / fleurs masculine, classiquet d'Achille / Virgile féminine, classiqueu accents / sens masculine, classiquev insipide / guide féminine, classiquew près / Desmarets masculine, classiquex chères / chaires féminine, classiquey opéra / dura masculine, classiquez Galimatias / bras masculine, classiquea séraphique / angélique féminine, classiqueb d'imagination / confusion masculine, classiquec Alacoque / l'Équivoque féminine, classiqued Mots / sots masculine, classiquee Songes / Mensonges féminine, classiquef logis / chauves-souris masculine, classiqueg édifice / artifice féminine, classiqueh viendra / restera masculine, classiquei escorte / porte féminine, classiquej confesseur / ardeur masculine, classiquek France / espérance féminine, classiquel souhaits / défaits masculine, classiquem blessure / armure féminine, classiquen doux / Bonifoux masculine, classiqueo abandonnée / consternée féminine, classiquep tendu / rendu / tondu masculine, classiqueq tannée / peignée féminine, classiquer s'enfuit / suit masculine, classiques dédaignée / baignée féminine, classiquet pourpris / cris masculine, classiqueu larmes / charmes / armes féminine, classiquev genoux / coups masculine, classiquew barbarie / vie féminine, classiquex amant / moment masculine, classiquey Tirconel / cruel / immortel masculine, classiquez visage / l'engage féminine, classiquea connaître / maître / être féminine, classiqueb vu / venu / disparu masculine, classiquec discours / amours / jours masculine, classiqued défense / avance féminine, classiquee ton / Breton / nom masculine, classiquef forte / sorte féminine, classiqueg célèbres / ténèbres féminine, classiqueh valeureux / généreux masculine, classiquei l'épée / frappée féminine, classiquej action / d'Albion masculine, classiquek parlementaires / cimeterres féminine, classiquel main / vilain masculine, classiquem derrière / d'étrivière féminine, classiquen fureur / peur masculine, classiqueo Dorothée / maltraitée féminine, classiquep où / Poitou masculine, classiqueq précipitée / tourmentée / écoutée féminine, classiquer genou / fou / cou masculine, classiques fuite / poursuite féminine, classiquet d'eux / cheveux masculine, classiqueu terre / serre féminine, classiquev clameurs / pleurs masculine, classiquew Dorothée / ajustée féminine, classiquex nouveau / Bonneau / château masculine, classiquey Pucelle / fidèle féminine, classiquez nouvelle / cervelle féminine, classiquea descendus / rendus masculine, classiqueb fourrés / carrés masculine, classiquec antique / théologique féminine, classiqued Confusion / Raison masculine, classiquee domicile / file féminine, classiquef rassis / logis masculine, classiqueg honnêtes / têtes féminine, classiqueh extravagants / bancs masculine, classiquei tendresse / maîtresse féminine, classiquej d'ardeur / cœur / langueur masculine, classiquek biens / tiens masculine, classiquel perdue / rendue féminine, classiquem mine / fine féminine, classiquen autrefois / doigts masculine, classiqueo fesses / caresses féminine, classiquep donnera / combattra masculine, classiqueq m'emporte / porte féminine, classiquer l'instant / enfant masculine, classiques entendre / tendre féminine, classiquet amoureux / poudreux masculine, classiqueu vie / ébahie féminine, classiquev violent / tendrement masculine, classiquew pesamment / hurlements / sens masculine, classiquex mêlée / accablée féminine, classiquey portée / Dorothée féminine, classiquez fuit / suit masculine, classiquea s'imagine / divine féminine, classiqueb bras / pas masculine, classiquec crie / vie féminine, classiqued mots / dos masculine, classiquee cuirasse / masse féminine, classiquef retentit / rebondit masculine, classiqueg écarquillée / habillée féminine, classiqueh trottait / portait masculine, classiquei rend / confident masculine, non classiquej chevalerie / vie féminine, classiquek appui / lui masculine, classiquel Pucelle / elle féminine, classiquem étrillait / chatouillait / fuyait masculine, classiquen extrême / aime féminine, classiqueo roi / d'effroi masculine, classiquep tendre / défendre féminine, classiqueq courants / sanglants masculine, classiquer s'élance / France féminine, classiques rend / fendant masculine, classiquet d'horreur / douleur masculine, classiqueu frappée / épée féminine, classiquev d'effroi / roi masculine, classiquew têtes / tempêtes féminine, classiquex arrêtez / combattez masculine, classiquey larmes / armes féminine, classiquez mêlée / troublée féminine, classiquea bras / appas / pas masculine, classiqueb point masculine, classiquec précède / possède féminine, classiqued assaillis / chamaillis / logis masculine, classiquee éperdue / tue féminine, classiquef contrition / procession masculine, classiqueg fenêtre / maître féminine, classiqueh gaiement / tourment masculine, classiquei rire / empire féminine, classiquej démon / raison masculine, classiquek tonsure / d'armure féminine, classiquel Bonneau / beau masculine, classiquem pères / nécessaires féminine, classiquen sel / missel masculine, classiqueo claire / mystère féminine, classiquep main / malin masculine, classiqueq Catholicam / benedictam masculine, classiquer vite / bénite féminine, classiques Alix / Styx masculine, classiquet criminelles / d'étincelles féminine, classiqueu épais / palais masculine, classiquev sombre / l'ombre féminine, classiquew disparut / reconnut masculine, classiquex méprise / remise féminine, classiquey rendit / perdit masculine, classiquez sagesse / espèce féminine, classiquea voir / noir masculine, classiqueb litanies / folies féminine, classiquec amant / ravissement masculine, classiqued belle / fidèle féminine, classiquee moments / embrassements masculine, classiquef pressées / pensées féminine, classiqueg regard / l'écart masculine, classiqueh maîtresse / tendresse féminine, classiquei compagnon / ton masculine, classiquej discordante / tremblante féminine, classiquek bouquin / divin masculine, classiquel soudain / d'airain masculine, classiquem magique / mosaïque féminine, classiquen hébraïque / pratique féminine, classiqueo écroulé / égalé masculine, classiquep palais / forfaits masculine, classiqueq monastère / sanctuaire féminine, classiquer changé / enragé / plongé masculine, classiques destins / festins masculine, classiquet réfectoire / boire féminine, classiqueu saints / Reims / desseins masculine, classiquev favorable / diable féminine, classiquew effort / fort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
377 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète de Voltaire, Paris, Furne, Libraire-Éditeur, 1835· numérisation poesies.net· Sources