Les épîtres, 1706‑1778
Épître Cxxii
1778 À MONSIEUR LE PRINCE DE LIGNE, SUR LE FAUX BRUIT DE LA MORT DE L’AUTEUR, ANNONCÉE DANS LA GAZETTE DE BRUXELLES, AU MOIS DE FÉVRIER 1778.
Prince, dont le charmant espritAvec tant de grâce m'attire,Si j'étais mort, comme on l'a dit,N'auriez-vous pas eu le créditDe m'arracher du sombre empire ?Car je sais très-bien qu'il suffitDe quelques sons de votre lyre.C'est ainsi qu'Orphée en usaitDans l'antiquité révérée ;Et c'est une chose avéréeQue plus d'un mort ressuscitait.Croyez que dans votre gazette,Lorsqu'on parlait de mon trépas,Ce n'était pas chose indiscrète ;Ces messieurs ne se trompaient pas.En effet, qu'est-ce que la vie ?C'est un jour : tel est son destin.Qu'importe qu'elle soit finieVers le soir ou vers le matin ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abaabab] 1[abba] 2[abab]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a esprit / dit masculine, classiqueb m'attire / empire / lyre féminine, classiquec crédit / suffit masculine, classiqued usait / ressuscitait masculine, classiquee révérée / avérée féminine, classiquef gazette / indiscrète féminine, classiqueg trépas / pas masculine, classiqueh vie / finie féminine, classiquei destin / matin masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
19 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1877· numérisation poesies.net· Sources