Les épîtres, 1706‑1778
Épître Lxviii
AU ROI DE PRUSSE FRAGMENT
Ah ! Mon prince, c'est grand dommageQue vous n'ayez point votre image,Un fils par la gloire animé,Un fils par vous accoutuméÀ rogner ce grand héritageQue l'Autriche s'était formé.Il est doux de se reconnaîtreDans sa noble postérité ;Un grand homme en doit faire naître :Voyez comme le roi mon maîtreDe ce devoir s'est acquitté.Son dauphin, comme vous, appelleAuprès de lui les plus beaux artsDe Le Brun, de Lulli, d'Handelle,Tout aussi bien que ceux de Mars.Il apprit la langue espagnole ;Il entend celle des césars,Mais des césars du capitole.Vous me demanderez comment,Dans le beau printemps de sa vie,Un dauphin peut en savoir tant ;Qui fut son maître ? Le génie :Ce fut là votre précepteur.Je sais bien qu'un peu de cultureRend encor le terrain meilleur ;Mais l'art fait moins que la nature.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[aabba] 1[ababba] 1[ababcbc] 2[abab]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a dommage / image / héritage féminine, classiqueb animé / accoutumé masculine, classiquec formé / postérité / acquitté masculine, classiqued reconnaître / naître / maître féminine, classiquee appelle / d'Handelle féminine, classiquef arts / Mars / césars masculine, classiqueg espagnole / capitole féminine, classiqueh comment / tant masculine, classiquei vie / génie féminine, classiquej précepteur / meilleur masculine, classiquek culture / nature féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1877· numérisation poesies.net· Sources