Bourguig. bliai ; provenç. et catal. blat ; ital biada ; piémontais, biava ; bas-lat. bladum, blavum, blava, blavium. On tire ordinairement ce mot de l'anglo-saxon blaed (féminin), fruit ; mais le caractère germanique de ce mot anglo-saxon n'est pas assuré, et il se pourrait qu'il vînt du roman : aussi Grimm a-t-il songé au celtique : kymri, blawd ; bas-breton, bleûd, farine. Mais, la forme n'en concordant pas très bien avec le roman, Diez a proposé une autre étymologie : le latin neutre pluriel ablata, c'est-à-dire les choses enlevées (des champs, la dépouille, la récolte), d'où, avec l'article, l'ablata, l'abiada et la biada ; à quoi il y a une objection considérable, c'est que le français et le provençal perdent difficilement la voyelle initiale du mot ; quant au bas-latin ablatum, abladus, abladium qui est dans Du Cange avec le sens de moisson, et que Diez cite à l'appui de son opinion, ces mots paraissent être bien plutôt formés du français (ablais, ablaier ou ablaver, de à et blé) qu'être vraiment les représentants du latin ablata, au sens de récolte. Il est donc difficile de prononcer entre ces deux étymologies, qui ont chacune leur objection. On remarquera l'orthographe blef ou bleif ; le t ou d se change sans peine en f, par exemple, soif de sitis, moeuf de modus ; c'est cette f qui a permis de former le dérivé emblaver, l'f et le v permutant, comme on sait, ensemble. On remarquera aussi qu'on a dit blée au féminin, comme en italien.
Étymologie de blé
Origine du mot blé
Étymologie discutée :
- De l’ancien bas vieux-francique *blād (« récolte, produit de la terre ») et plus avant, d’un étymon *bhlē- (« fleur, feuille, fleurir »).
- Du gaulois *blāto-. Selon Delamarre, le celtique avait deux homophones *blāto- (« fleur ») et *blāto- (« farine » → voir bleud en breton) issu d’un ancien *mlāto- avec assimilation normale en gaulois de [ml-] en [bl-]. Cette homophonie serait l’origine du terme de boulangerie fleur désignant la farine. Le substrat celtique expliquerait le même double sens dans les langues germaniques, Blume en allemand « fleur », mais aussi « farine » en boulangerie, ou le doublet anglais flower et flour.
Le TLFi rejette cette hypothèse : « L’étymon celtique *mlato (« farine »), à rattacher au latin molitum, supin de molere (« moudre ») fait difficulté du point de vue sémantique, l’évolution de sens normalement attendue étant de « céréale » à « farine » et non l’inverse. » → voir blave et blee en ancien français qui nous donnent emblaver ; un latin médiéval bladum, blada donne régulièrement *blaδu, *blaδa puis avec développement de [v] bilabial par assimilation de [ð] avec le [b] précédent : *blavu, *blava. Étant donné que les plus anciennes formes sont de type bladum et supposent un étymon en [t] ou en [d], les étymons celtique *blavos ou latin flavus ne peuvent convenir.
Notons, contre cet avis, que le lien sémantique entre « farine, chose broyée » et « céréale » est assez fréquente dans les langues indo-européennes : milium (« mil, millet ») est apparenté à molere (« moudre »), triticum (« blé, froment ») à terere (« broyer »), frumentum (« froment ») à fruor (« user de »), le tchèque pšenice (« blé ») apparenté à píchat (« piquer ») au latin pinso (« piler, broyer »).
D'après le Wiktionnaire, CC BY-SA.
L'étymologie de blé selon le Littré
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 : l'étymologie telle que la philologie de son temps l'établissait.
Le mot blé d'après le Littré
s. m. Nom vulgaire du froment ordinaire (graminées) avec le grain duquel on fait le pain. Lire l'article