brasser v. a.
Wallon, bréser ; bas-lat. brassare, braciare, brachare, brasiare, braxare, brassicare, bratsare ; anc. espagn. brasar ; allem. brauen ; angl. to brew. On regarde ordinairement brasser comme venant de bras, et comme signifiant remuer avec les bras ; mais quand on prend en considération brasium, braseum, bracium, brace, qui signifient orge trempée dans l'eau, le wallon brâ, ancien wallon braz, le namurois brai, blé préparé pour faire de la bière ou du genièvre, le wallon brahî, torréfier le blé germé pour en faire du brâ ; le rouchi grain bragé, braisé, brésé ; on reconnaît que brace, mot qui se trouve dans les auteurs latins et qu'ils donnent pour gaulois, est l'origine de brasser. Ce mot existe en effet dans le celtique : kymri, brag ; gaél. bracha, braich, grain fermenté ; bas-breton, bragez, germe de grain. Les germanistes accordent que l'allemand brauen vient du bas-latin braxare, et non braxare de brauen. La véritable orthographe serait non brasser, puisque le mot ne vient pas de bras, mais bracer, comme on l'écrivait généralement dans l'ancienne langue.