masque s. f.
Languedocien, masco, sorcière ; en Auvergne, d'après du Cange, masque, femme de mauvaise vie ; du bas-latin masca, sorcière. Grimm, dont Diez ne repousse pas la conjecture, rattache le bas-latin à masticare, mâcher, la sorcière ayant été ainsi nommée parce qu'elle mange les petits enfants ; c'est ainsi qu'en latin manducus, le mangeur, a signifié un épouvantail. Cela est ingénieux, mais n'est pas assuré (voy. MASQUE 2).
masque s. m.
Bas-latin, mascha, sorcière. Du sens de sorcière on a pu passer, et il paraît bien effectivement qu'on a passé au sens de faux visage, destiné à faire peur : XIIe s. Mascha, simulacrum quod terret, quod vulgo dicitur mascarel, quod apponitur faciei ad terrendos parvos, UGUTIO, dans DU CANGE, masca. Cependant Kiliaen suppose que le masque est primitivement un réseau, et le rapporte à l'ancien haut allemand masca, filet ; allem. mod. Masche ; mais rien n'indique que le masque ait été un filet. On voit par la citation d'Ugution que le nom vulgaire était mascarel, qui est de même forme que l'italien maschera ; espagn. mascara ; portug. mascara et mascarra. En regard de ces substantifs sont des verbes : ital. mascherare ; anc. espagn. mascarar ; provenç. mascarar, barbouiller ; anc. franç. mascerer, barbouiller : À cela se rapporte le verbe machurer, barbouiller ; bourguig. machurer, noircir, barbouiller. Ces verbes tiennent au germanique : vieux flamand, mascher, tache ; anglo-saxon, mäscre ; mais ils ne paraissent pas avoir une origine commune avec la forme primitive, masque. Masque vient du bas-latin mascha, sorcière, et, par dérivation, faux visage qui fait peur ; l'origine de mascha, qui se trouve dès les Lois des Lombards, est inconnue, si on n'adopte pas la conjecture de Grimm (voy. MASQUE 1) ; les formes maschera, mascarel, etc. en sont des allongements. Cette étymologie écarte celle de Souza, adoptée par Mahn : arabe, mascharat, plaisanterie. L'ancien français disait très souvent faux visage.