Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ale dans le Littré

51 articles· 426 citations· rimes· synonymes

1ale s. f. (é-l' ; on suit la prononciation anglaise)

  1. Sorte de bière anglaise où il entre moins de houblon que dans le porter

Étymologie

Angl. ale ; dan. et suéd. ael.

2anal, ale adj. (a-nal, na-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'anus. Les veines anales.

3annal, ale adj. (a-nnal, nna-l')

  1. Au pluriel, annaux. Terme de jurisprudence. Qui ne dure qu'un an ; qui est valable seulement une année. Droits annaux. Location annale.

    • Possession annale, possession absolue pendant an et jour.

    • Il ne se met qu'après le substantif : Procuration annale.

Étymologie

Annalis, de annus (voy. AN) ; provenç. annal ; ital. annale.

4axial, ale adj. (a-ksi-al, a-l') supplément

  1. Qui appartient à un axe, qui a le caractère d'axe.

    • Plusieurs des observateurs modernes ont décrit et représenté la duplicité du vaisseau axial de la branchie [de certains annélides] CLAPARÈDE, Annélides du golfe de Naples, Genève, 1868, p. 22

5banal, ale adj. (ba-nal, na-l')

  1. 1Terme de féodalité. Se dit des choses desquelles les gens d'une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur du fief. Four banal. Moulins banaux.

  2. 2Fig. Qui se met à la disposition de tout le monde. Cœur banal. Témoin banal. Générosité banale.

  3. 3Commun et trivial. Des consolations banales.

Étymologie

Ban.

6basal, ale adj. (ba-zal, za-l')

  1. Terme de zoologie. Qui appartient à la base.

Étymologie

Base.

7cæcal, ale adj. (sé-kal, ka-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui appartient au caecum.

8coxal, ale adj. (ko-ksal, ksa-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui appartient à la hanche. Les muscles coxaux.

Étymologie

Lat. coxa (voy. CUISSE).

9domal, ale adj. (do-mal, ma-l') supplément

  1. Terme d'architecture. Se terminant en forme de dôme.

    • On y trouve [dans un jubé du XVe siècle] des motifs architecturaux très sérieux, des terminaisons domales et en accolades très rares, Le jubé du cardinal Philippe de Luxembourg, par EUGÈNE HUCHER, prospectus.

10dotal, ale adj. (do-tal, ta-l')

  1. Terme de jurisprudence. Qui est relatif, qui appartient à la dot. Constitution dotale. Deniers dotaux.

    • Régime dotal, régime de contrat de mariage où des précautions, telles que l'inaliénabilité de la dot, sont prises pour conserver la dot de la femme.

Étymologie

Provenç. et espagn. dotal ; ital. dotale, du latin dotalis, de dos, dot.

11ducal, ale adj. (du-kal, ka-l')

  1. 1Qui appartient, qui est propre à un duc. Manteau ducal. Couronne ducale, couronne qui était ouverte et garnie de huit feuilles ou fleurons. Les palais ducaux.

    • Anciennement, à Venise, la dignité ducale, le dogat.

  2. 2Grand-ducal, qui appartient, qui est propre à un grand-duc, à une grande-duchesse. Manteau grand-ducal. Cour grand-ducale. Les palais grand-ducaux.

    • Dans cet adjectif composé, grand demeure invariable.

  3. 3S. f. Ducale, lettre patente du sénat de Venise.

Étymologie

Duc 1.

12égal, ale adj. (é-gal, ga-l')

  1. 1Pareil en quantité, en valeur. Cent francs en or et cent francs en billets sont des sommes égales. Deux lignes égales entre elles. Le mètre est égal à la quarante millionième partie de la circonférence de la terre.

  2. 2Qui jouit des mêmes droits. Tous les hommes sont égaux. Autrefois les habitants du pays n'étaient pas égaux devant la loi.

  3. 3Qui est toujours le même, qui ne varie point. Un mouvement égal. Un style égal.

    • En médecine, on dit que le pouls est égal, que la respiration est égale, lorsque les mouvements qui les constituent sont semblables pour la force et la durée.

  4. 4Qui est d'un caractère doux et sans hauts ni bas.

    • Vous étiez né doux, égal, accessible Massillon, Car. Prodigue.
    • Modeste, bonne, égale, toujours obligeante, naturelle et réservée Mme DE GENLIS, Veillées du château t. I, p. 442, dans POUGENS
    • Se dit aussi de l'humeur, du caractère.

      • La supérieure n'avait jamais vu de religieuse d'une humeur aussi égale Chateaubriand, René, 216
  5. 5Égal à soi-même, qui ne se dément en rien.

    • Virgile a fait son héros, modéré, pieux, et par conséquent égal à lui-même Fénelon, t. XXIV, p. 26
  6. 6Qui est objet d'indifférence. Tout lui est égal.

    • Toute demeure lui fut égale, toute la terre lui fut un exil Fléchier, Panég. I, 352
    • Tout lui est égal, pourvu qu'il accable ses ennemis Fénelon, Tél. X
    • Il y avait déjà longtemps que toutes les saisons étaient devenues égales pour les soldats de Charles et pour ceux du czar Voltaire, Charles XII, 4
    • Une indifférence suprême,Voilà mon principe et ma loi ;Tout lieu, tout destin, tout systèmePar là devient égal pour moi Gresset, Chartreuse.
    • Tous les hommes, tous les pays, tous les livres lui étaient égaux VAUVENARGUES, Ergaste.
    • Ton fils est mort, disait un guerrier à une mère, et la mère répondait en pleurant : c'est égal Chateaubriand, Natch. II, 52
  7. 7Uni, qui est de niveau, qui n'est pa raboteux. Un chemin égal.

  8. 8Substantivement. Celui, celle qui est égale aux autres.

  9. 9D'égal, loc. adv. Sur le pied de l'égalité.

    • Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée, Et pense toutefois n'avoir point de rival à qui je fasse tort en le traitant d'égal Corneille, Exc. à Ariste
    • Il [Abraham] traitait d'égal avec les rois Bossuet, Hist. II, 2
    • Elle [son âme] va d'égal avec les grandes âmes La Bruyère, XI
  10. 10À l'égal de, loc. prépos. Comme, de même que, autant que.

    • À l'égal de, avec un infinitif.

      • Et le trépas en soi n'a rien de rigoureux à l'égal de vous rendre un rival plus heureux Corneille, Perth. II, 1
    • Absolument.

      • Je suis craint à l'égal sur la terre et sur l'onde Corneille, Illusion comique, III, 11
      • C'est ce qui attire si puissamment sur nous les affections de la sainte Vierge qu'il n'y a point de mère qui puisse aller à l'égal Bossuet, 2e serm. Compass. de la sainte Vierge, 2
      • Quant à moi qui méprise presque à l'égal les injures et les dénonciations individuelles.... Mirabeau, Collection, t. IV, p. 305
      • À son égal, en comparaison de.

        • Ah ! si vous connaissiez, mes frères, ce que vous perdez en perdant la grâce sanctifiante ; si vous saviez que la perte de l'univers n'est rien à son égal Massillon, Myst. Résurr.

Étymologie

Wallon, ewal ; anc. wallon, enweil ; norm. ignau, qui est sans façon, c'est-à-dire égal pour tout le monde ; provenç. egual, engal ; catal. egual ; espagn. et portug. igual ; ital. eguale ; du latin aequalis, dérivé d'aequus, uni, juste. Uwel, uel est la plus ancienne forme, laquelle correspond à la forme italienne uguale. On trouve aussi, dans l'ancien français, ive, qui vient de aequus.

13ensal, ale adj. (in-sal, sa-l')

  1. Ancien synonyme d'ensiforme.

Étymologie

Lat. ensis, épée, et la terminaison adjective al.

14fatal, ale adj. (fa-tal, ta-l')

  1. 1Qui porte avec soi une destinée irrévocable. Le tison fatal de Méléagre.

    • Vint enfin le moment du festin fatal de la reine [Esther], dont le favori [Aman] s'était tant enorgueilli Bossuet, Polit. X, III, 5
    • Il a pour tout le sexe une haine fatale Racine, Phèd. III, 1
    • Scylla, pour obliger Minos, coupa ce cheveu fatal [de Nisus] et en fit présent à son amant Voltaire, Dict. phil. Terelas.
    • En ce sens, aujourd'hui, fatal ne s'emploie que absolument ; mais, au XVIIe siècle, il comportait la préposition à et un complément.

      • La femme est une mer aux naufrages fatale Malherbe, VI, 25
      • Cette parole.... continua l'opinion qu'on avait, que l'Afrique était fatale à la gloire des Scipions Malherbe, les Épît. de Sénèque, XXIV
      • C'était une chose fatale à la race de Brutus de délivrer la république Vaugelas, Rem.
      • Cette saison est fatale pour abattre les têtes qui paraissaient le plus au-dessus des autres Guez de Balzac, liv. I, lett. 10
      • Quand on l'emploie dans cette signification, il faut que la phrase soit tournée fort clairement, comme celle-ci : Le nom des Scipions était fatal à l'Afrique, pour dire, il était comme inévitable aux Africains d'être vaincus par les Scipions Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 456
    • Terme d'antiquité romaine. Livre fatal, livre sibyllin, recueil de prédictions.

  2. 2Marqué par le destin. L'instant fatal.

  3. 3Qui entraîne avec soi quelque suite importante, en bien ou en mal. Le moment fatal qui doit me rendre à jamais heureux ou malheureux.

    • Qui devait.... De ce fatal accouplement Célébrer l'heureuse journée Malherbe, IV, 5
  4. 4Qui produit du mal, des malheurs.

    • Le coup fatal, le coup qui donne la mort.

  5. 5Terme de commerce. Terme fatal, le terme après lequel tout délai expire.

Remarque

Fatal n'a point de pluriel. L'oreille repousse aujourd'hui fataux, qui se disait au XVIe siècle, et la grammaire repousse fatals. Boursault s'est moqué de cette contradiction : Et Voltaire à sa suite : Cependant des écrivains n'ont pas été découragés par cet arrêt, et ont dit fatals, qui est en effet la forme la moins désagréable, et que l'Académie inscrit en disant qu'il est peu usité.

Synonymes

FATAL, FUNESTE. Étymologiquement, fatal exprime ce qui est réglé par l'irrévocable destin ; funeste, ce qui est funéraire, funèbre. Ce n'est donc que secondairement que fatal a le sens de funeste, et alors il s'en distingue parce qu'il porte toujours en soi l'idée de la fatalité.

Étymologie

Lat. fatalis, de fatum, destin, proprement ce qui est dit, prononcé, de fari, dire (voy. FABLE).

15féal, ale adj. (fé-al, a-l')

  1. 1Vieux mot qui était usité dans les lettres royales. Fidèle. À nos amés et féaux conseillers, etc.

    • Roland, Duguesclin, Bayard, étaient de féaux chevaliers Chateaubriand, Génie, I, II, 2
  2. 2Familièrement. C'est mon féal, son féal, mon ami dévoué, son compagnon fidèle.

    • C'est là, mon féal, que vous lui jurerez foi et loyauté J.-J. Rousseau, Hél. I, 35

Étymologie

Feal ou feel, ancienne forme du mot qui est aujourd'hui fidèle.

16fécal, ale adj. (fé-kal, ka-l')

  1. Qui appartient aux gros excréments de l'homme et des animaux. Résidus fécaux. On forme des engrais excellents avec les matières fécales tant de l'homme que de plusieurs animaux.

Étymologie

Lat. faecalis, de faex, lie.

17final, ale adj. (fi-nal, na-l')

  1. 1Qui finit, qui est à la fin. État final. Compte final. La syllabe finale d'un mot. La mesure finale d'un air.

    • Point final, le point qui termine une phrase et qui marque un sens complet.

    • Populairement. En fin finale, finalement, enfin.

  2. 2Terme de théologie. Qui dure jusqu'à la fin de la vie. Impénitence finale.

    • Familièrement. Mourir dans l'impénitence finale, garder, contre les avis, une opinion qu'on s'est formée.

      • Il est vrai que je meurs dans l'impénitence finale sur les testaments ; mais aussi je meurs dans le respect et dans la reconnaissance finale avec laquelle j'ai l'honneur d'être Voltaire, Lett. Mme d'Aiguillon, 16 oct. 1771
  3. 3Cause finale, le but qu'on se propose.

    • La gloire de Dieu doit être la cause finale de toutes nos actions Dict. de l'Acad.
    • Particulièrement, dans le langage de la philosophie, cause finale, la fin, la destination dernière des choses et, par conséquent, l'objet pour lequel elles sont faites.

      • Newton croyait aux causes finales ; j'ose y croire comme lui ; car enfin la lumière sert à nos yeux, et nos yeux semblent faits pour elle Voltaire, Lett. Dionis, 18 janv. 1775
      • J'avoue qu'une raison tirée des causes finales n'établira ni ne détruira jamais un système en physique Buffon, Animaux, Syst. de la génération.
      • La nature est bien éloignée de s'assujettir à des causer finales dans la composition des êtres Buffon, Cochon.
      • Quelques partisans des causes finales ont imaginé que la lune avait été donnée à la terre pour l'éclairer pendant les nuits LAPLACE, Exp. IV, 5
    • La doctrine des causes finales, celle qui prétend assigner l'objet spécial que la divinité s'est proposé dans la création de chaque être.

  4. 4S. f. La dernière syllabe d'un mot. La finale est longue, brève.

    • La dernière partie d'un son.

      • [Les pétrels damiers] faisant entendre leur voix aigre et enrouée, dont la finale a quelque chose du cri du goëland Buffon, Ois. t. XVII, p. 445, dans POUGENS
    • Terme de musique. La principale corde du mode, sur laquelle un morceau doit finir ; on l'appelle aussi tonique.

    • Terme de plain-chant. Note sur laquelle se termine une antienne, une hymne ou un autre morceau.

    • Terme de danse. La cinquième et dernière figure du quadrille ordinaire. Cette figure se compose ainsi : 1° Les deux couples vis-à-vis traversent et retraversent en pas de galop (8 mesures) ; 2° ils font en avant quatre et en arrière, même pas (4 mesures) ; 3° en avant quatre et en arrière en changeant de dames (4 mesures) ; 4° chaîne des dames (8 mesures) ; 5° et 6° on recommence les 2° et 3° (8 mesures) ; 7° pour finis grand rond en pas de galop. - La finale se dansait différemment il y a trente ans. On commençait par un chassez-croisez exécuté par les deux couples vis-à-vis ; après quoi on dansait la figure de l'été ; cela se répétait quatre fois ; pour finir on faisait un chassez-huit.

    • Final fait au masculin pluriel finals : sons finals.

Étymologie

Provenç. et espagn. final ; ital. finale ; du latin finalis, de finis, fin (voy. FIN 1).

Supplément

FINAL. Ajoutez : - REM. à la fin de l'article FINAL, il est dit que le pluriel masculin est finals. Cependant on trouve aussi finaux :

18focal, ale adj. (fo-kal, ka-l')

  1. Terme de géométrie et de physique. Qui a rapport au foyer d'un miroir ou d'une lentille.

    • Distance focale, intervalle compris entre le centre optique d'une lentille et son foyer principal ou l'objet qui s'y trouve placé.

    • Distance focale, se dit aussi de l'espace qui sépare les deux foyers d'une ellipse.

    • Boule focale, boule d'un thermomètre différentiel qu'on place au foyer d'un miroir pour en apprécier la température.

    • S. f. Terme de mathématique. Sorte de courbe.

Étymologie

Lat. focus, foyer.

Supplément

FOCAL. Ajoutez : Terme d'optique. Plans focaux, plans menés par les foyers principaux perpendiculairement à l'axe optique.

19foral, ale adj. (fo-ral, ra-l') supplément

  1. Qui a rapport aux droits et priviléges (dits fueros) des provinces basques, en Espagne.

    • La députation forale du Guipuzcoa Journ. offic. 7 août 1872, p. 5412, 1re col.
    • La discussion de la question forale [à Saint-Sébastien] Journ. des Débats, 22 avril 1876, 1re page, 2e col.

Étymologie

For, qui représente le fueros des Espagnols ; c'est le lat. forum.

20génal, ale adj. (jé-nal, na-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui appartient aux joues. Glandes génales. Muscles génaux.

    • Trait génal, trait qui va du milieu des joues au trait nasal.

Étymologie

Lat. gena, joue. Comparez le sanscrit hanus, et le gothique kinnus, mâchoire.

21idéal, ale adj. (i-dé-al, a-l')

  1. 1Qui n'a d'existence que dans l'idée, dans l'esprit. Des êtres idéaux.

    • Plus une philosophie est subtile et idéale, plus elle est vaine et inutile pour expliquer des choses qui ne demandent qu'un sens droit pour être connues La Bruyère, XVI
    • Ne voyant rien d'existant qui fût digne de mon délire, je le nourris dans un monde idéal que mon imagination eut bientôt peuplé d'êtres selon mon cœur J.-J. Rousseau, Confess. IX
    • L'hypothèse de Ptolémée cesse alors d'être purement idéale et propre uniquement à représenter à l'imagination les mouvements célestes LA PLACE, Expos. I, 11
    • Le langage idéal de la musique Mme de Staël, Corinne, XV, 4
    • Chimérique. Richesses idéales.

  2. 2Par extension, qui réunit toutes les perfections que l'esprit peut concevoir, indépendamment de la réalité.

  3. 3S. m. Assemblage abstrait de perfections dont l'âme se forme l'idée, mais sans pouvoir y atteindre complétement.

    • Des traits qui portent l'empreinte des passions, mais ne retracent point l'idéal de la beauté Mme de Staël, Corinne, XVIII, 3
    • Il règne ici [dernière scène d'Alzire] un idéal de vérité au-dessus de tout idéal poétique Chateaubriand, Génie, II, II, 7
    • Le modèle intérieur du poëte, de l'artiste.

      • Le sujet de ce tableau n'est pas clair ; l'idéal n'en est pas assez caractéristique Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 198, dans POUGENS
      • Scène froide et mauvaise, où la misère de l'idéal n'est point rachetée par le faire Diderot, Salon de 1767, t. XIV, p. 364
      • Il y a entre le mérite du faire et le mérite de l'idéal la différence de ce qui attache les yeux et de ce qui attache l'âme Diderot, ib. p. 421
      • Quel que soit le faire, point de vraie beauté sans l'idéal Diderot, ib. p. 421
      • Le beau, celui même qu'on appelle idéal, en sculpture, comme en peinture, doit être un résumé du beau réel de la nature FALCONET, Réflex. sur la sculpture, t. III, p. 5
    • Au plur. Faut-il dire des idéals, comme on dit des chorals, ou des idéaux ? L'usage n'a pas prononcé. L'adjectif fait idéaux au pluriel. Le substantif peut le suivre ; cependant il semble que les idéals conserve mieux le sens du mot et a une forme moins lourde ; en traduisant la pièce de Schiller intitulée die Ideale, ne vaudrait-il pas mieux dire les Idéals que les Idéaux ?

  4. 3Ajoutez : Sur la question, discutée au Dictionnaire, de savoir s'il faut dire, au pluriel, idéaux ou idéals, voici des exemples contradictoires. En prenant en considération les exemples du Dictionnaire et ceux du Supplément, on peut penser qu'il est préférable de dire, comme M. Taine, idéaux au pluriel de l'adjectif ; mais que, au pluriel du substantif, les idéals est admissible comme présentant plus rapidement à l'esprit le sens de ce mot, qui, en cet emploi, n'est pas ancien.

    • On ne les aperçoit pas [le Christ et la Vierge] à la façon des personnages idéaux, reculés dans une antiquité lointaine, ou confinés dans un ciel supérieur : on les sent corporels H. TAINE, Journ. des Débats, 18 nov. 1866
    • Cette tendance réaliste..., qui consiste à déshabiller familièrement les idéals les mieux gardés par le charme ou le respect AUBRYET, Monit. univ. 30 sept. 1867, p. 1257, 4e col.

Synonymes

IDÉAL, CHIMÈRE, UTOPIE. Gardons-nous de confondre l'idéal et la chimère ; la chimère est une fantaisie, une imagination sans raison, une conception contre nature ; les anciens en donnaient bien l'idée quand ils formaient leurs chimères de parties qui ne peuvent aller ensemble, le corps d'une chèvre, la tête d'un lion et la queue d'un dragon ; l'idéal n'est point cela : il n'est rien de monstrueux ; c'est proprement une chose existante prise dans sa perfection ; sans doute cette perfection n'est pas actuellement réalisée, mais la réalité y tend, c'est sa destinée, sa règle, l'ordre le meilleur où elle puisse être, et où elle s'efforce de se placer, c'est, dans la vie privée, la sainteté, dans la vie publique, la justice et la fraternité la plus complète, c'est-à-dire la perfection ; et il est également sûr que l'homme y tend et qu'il n'y arrivera jamais.

Étymologie

Lat. idealis, de idea, idée.

22jugal, ale adj. (ju-gal, ga-l')

  1. Terme d'anatomie. Synonyme de zygomatique.

    • S. m. Le jugal, os qui, chez les poissons, termine le temporal vers le bas, et fournit l'articulation à la mâchoire inférieure.

Étymologie

Lat. jugalis, de jugum, joug, pomette.

23légal, ale adj. (lé-gal, ga-l')

  1. 1Qui est prescrit par la loi. Formalités légales.

    • Qui est selon la loi. Voies légales. Moyens légaux.

      • Charles [1er, d'Angleterre] avait des vertus domestiques, du courage, de la modération, de la probité ; mais on lui disputait, la loi à la main, tous ses actes ; ils pouvaient être bons, mais ils n'étaient pas légaux Chateaubriand, Stuarts, Charles 1er.
      • Il y a eu un texte légal à l'appui de chaque empiétement du pouvoir ; il s'en est trouvé un pour obliger le médecin à trahir l'asile où le blessé avait été recueilli CARREL, Œuvres, t. IV, p. 209
    • Assassinat légal, condamnation à mort qui est inique, mais où les formes de la loi ont été observées.

    • Pays légal, l'ensemble de ceux qui, dans une constitution où n'est pas le suffrage universel, ont seuls le droit de nommer les représentants du pays ; se dit par opposition à suffrage universel.

    • Médecine légale, voy. MÉDECINE.

  2. 2Terme de théologie. Qui a rapport à l'ancienne loi. Commandement légal. Cérémonie légale. Les viandes légales. Les impuretés légales.

    • Le libérateur, le saint des saints amènerait la justice éternelle, non la légale, mais l'éternelle Pascal, Pens. XVI, 16, éd. HAVET.
  3. 3Qui a de la loyauté.

    • M. Naudé était un homme fort sage et fort prudent, fort réglé, qui semblait vivre dans une certaine équité naturelle ; il était fort bon ami, fort égal et fort légal, l'Esprit de Guy Patin, Amsterd. 1713, p. 284
    • Ce sens est tombé en désuétude ; du reste, étymologiquement, légal est le même que loyal.

Synonymes

LÉGAL, LÉGITIME. Ce qui est légal est conforme à la loi. Ce qui est légitime est conforme à l'équité. Un acte qui viole la loi ne peut jamais être légal ; mais il peut être légitime en raison des circonstances.

Étymologie

Lat. legalis. Légal est le même que loyal (voy. ce mot). Légal a été refait sur le latin ; la formation primitive est leal ou loial.

24local, ale adj. (lo-kal, ka-l')

  1. 1Qui appartient à un lieu.

    • Qu'ajouterait à votre science [de vous, Dieu], à votre puissance, à votre grandeur, quelque espèce d'étendue locale que ce soit ? Bossuet, Élévat. sur myst. III, 3
    • Il y avait déjà des coutumes locales dans la première et la deuxième race Montesquieu, Esp. XXVIII, 12
    • Ce qui vient de Dieu est universel et immuable ; ce qui vient des hommes est local, inconstant et périssable Voltaire, Dial. XXVIII, 3
    • Le bruant fou ne se trouve point dans les pays septentrionaux, et son nom ne paraît point dans les zoologies locales de la Suède, du Danemark, etc. Buffon, Ois. t. VIII, p. 70
    • Il ne pouvait plus faire renaître ces petites circonstances locales qui l'attendrissaient profondément Mme de Staël, Delphine, 5e p.
    • Il ne suffit pas que Robertson se montre à moi impartial envers Luther et Léon X ; il faut que son récit soit assez complet, assez personnel, assez local, pour qu'en le lisant je conçoive et le rôle des deux personnages et la puissance qu'ils ont exercée l'un et l'autre VILLEMAIN, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon.
    • Mémoire locale, celle qui retient particulièrement la disposition et l'état des lieux, des choses, des idées et même des mots ; locution fondée sur ce que les anciens, dans leur mnémotechnie ou mémoire artificielle, faisaient apprendre par cœur à leurs élèves toutes les parties d'un palais, par exemple ; on s'imaginait déposer dans chaque lieu tantôt une pensée, tantôt une phrase ou un objet qui les rappelait ; et, en repassant en idée par les mêmes lieux, on retrouvait les mêmes objets ou les mêmes mots ; de sorte que la mémoire était essentiellement locale.

    • Terme de peinture. Couleur locale, couleur propre à chaque objet, indépendamment de la distribution particulière de la lumière et des ombres.

    • Fig. En littérature, couleur locale, observation exacte des mœurs, des usages, des temps et des lieux ; c'est ce qu'on nommait autrefois les mœurs, le costume.

      • Je pouvais à présent corriger mes tableaux, et donner à ma peinture de ces lieux célèbres les couleurs locales Chateaubriand, Itin 1re part.
      • Vers l'an de grâce 1827 j'étais romantique.... nous entendions par couleur locale ce qu'au XVIIe siècle on appelait les mœurs ; mais nous étions très fiers de notre mot, et nous pensions avoir imaginé le mot et la chose MÉRIMÉE, Avertissement de la Guzla, 1840
    • Terme de grammaire. Adverbe local, adverbe qui désigne le lieu. On dit ordinairement adverbe de lieu.

    • Terme de mathématique. Problème local, problème qui se résout par un lieu géométrique.

    • Terme de médecine. Affection locale, se dit, par opposition à affection générale, d'une maladie bornée à un seul organe, à un seul endroit du corps. Traitement local, applications locales, traitement, applications qui se font uniquement sur la partie malade.

  2. 2S. m. Ce qu'il y a de local.

    • Il ne serait pas inutile que Votre Majesté ordonnât à M. Amelot de conférer, sur le projet à faire [un traité avec le roi de Sardaigne], avec quelques-uns de vos ministres, afin de suppléer aux connaissances du local et de la cour de Turin qu'il ne peut avoir par lui-même (1743), Corresp. de Louis XV et de Noailles, t. I, p. 44
    • Nous avions toujours un grand atlas sur la table, pour suivre la position du local des événements D'ARGENSON, Mém. t. I, p. 100
  3. 3Lieu, considéré par rapport à sa disposition et à son état. Un vaste local. Les locaux dont l'administration dispose.

  4. 4Il s'est dit abusivement pour lieu particulier, localité.

    • D'ailleurs connaissant mieux le local [Genève], vous faites des distinctions plus justes J.-J. Rousseau, Lett. à J. Vernet, 18 sept. 1758

Étymologie

Provenç. local, logal ; espagn. local ; ital. locale ; du lat. localis, qui est dérivé de locus, lieu (voy. LIEU).

25loyal, ale adj. (lo-ial, ia-l' ; plusieurs disent loiial, ia-l' ; d'après Bèze, au XVIe siècle, il fallait prononcer loi-ial, et il condamne ceux qui disaient lo-ial)

  1. 1Qui est de la condition requise par la loi. Marchandise bonne et loyale. Vin loyal et marchand.

    • Terme de palais. Loyaux coûts, les frais et loyaux coûts, les frais légitimement faits. Un bon et loyal inventaire, un inventaire fait fidèlement et régulièrement.

      • Item, doit à Richard cinq cents livres dix sous, Pour gages de cinq ans, frais, mises, loyaux coûts Regnard, le Joueur, III, 4
    • Terme de féodalité. Loyal aide, impôt payable quand le seigneur obtenait l'ordre du Saint-Esprit.

    • En ce sens, qui est le sens propre, il ne se dit qu'en termes de commerce et de palais.

  2. 2Qui obéit aux lois de l'honneur et de la probité. Homme loyal en affaires.

    • Il se dit aussi des choses Une parole loyale. Il me donne un loyal appui.

    • Terme de manége. Cheval loyal, cheval qui emploie toute sa force pour obéir, et qui ne se défend pas lorsqu'on le châtie. Bouche loyale, bouche docile, qui obéit facilement au mors.

  3. 3Terme d'histoire d'Angleterre. Attaché à la royauté.

    • Il [John Cromwell] lui représenta, à lui Olivier Cromwell, qu'il l'avait vu jadis à Hamptoncourt dans des opinions plus loyales Chateaubriand, Stuarts, Captivité du roi.

Remarque

Léal est la prononciation normande qui, au XVIIe siècle, n'était pas tout à fait exclue :

Étymologie

Provenç. leyal, lial ; catal. lleal ; espagn. leal ; ital. leale ; du lat. legalis, conforme à la loi, de lex, legis, loi (voy. LOI).

26mal, ale (mal, ma-l' ; au pluriel, maux, qu'on prononce mô ; l'x se lie : des mô-z affreux)

  1. 1Adj. Qui nuit, qui blesse. Mal est adjectif masculin dans les locutions : bon gré, mal gré ; bon an, mal an.

    • Il est aussi adjectif dans cette tournure : Il est mal d'acquérir la fortune par des voies illicites.

    • Il est féminin dans les locutions suivantes (féminin que ne donne pas le Dictionnaire de l'Académie) : la male faim, voy. FAIM et MALEFAIM ; la male heure (voy. HEURE, n° 13) ; la male tache.

      • La force de la male tache du péché originel GUI PATIN, Lett. t. II, p. 556
    • Autrefois mal, male était un adjectif pleinement usité ; il ne reste plus, comme on voit, que des traces de cet usage.

  2. 2S. m. Le mal, ce qui nuit, ce qui blesse ; le contraire du bien (c'est l'adjectif mal pris substantivement).

  3. 3Absolument. Le mal, la part de mal qui aux yeux de l'homme règne dans l'univers. Les philosophes ont cherché longtemps la cause du mal. La religion de Zoroastre attribue le mal à un mauvais principe qui partage la souveraineté du monde avec le principe de bien.

    • Terme de philosophie. Mal métaphysique, imperfection de nature qui tient à l'essence des choses.

    • Mal physique, les souffrances, les maladies, la mort.

    • Mal moral, crime et péché. e qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. La science du bien et du mal.

      • Il y a des gens de qui l'on ne peut jamais croire du mal sans l'avoir vu ; mais il n'y en a point en qui il nous doive surprendre en le voyant La Rochefoucauld, Max. 197
      • Il n'a point vu le soleil et n'a point connu la différence du bien et du mal Saci, Bible, Ecclésiaste, VI, 5
      • Et le mal n'est jamais que dans l'éclat qu'on fait Molière, Tart. IV, 5
      • On ne doit pas faire le moindre mal pour faire réussir le plus grand bien Pascal, Prov. 11
      • On se corrige quelquefois mieux par la vue du mal que par l'exemple du bien Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 7
      • Dieu conserve au juste un plus grand don ; il retire le pécheur d'un plus grand mal Bossuet, Mar.-Thér.
      • Il [saint Augustin] nous apprend qu'il y a en nous deux sortes de maux : il y a en nous des maux qui nous plaisent, et il y a des maux qui nous affligent Bossuet, Sermons, Vêture de Mlle de Bouillon, 2
      • Quand les hommes veulent quitter le mal, le mal semble encore les poursuivre longtemps Fénelon, Tél. XXII
      • Laure avait eu autant de peine à porter sa fille au mal que les autres mères en ont à porter les leurs au bien LE SAGE, Gil Blas, XII, 3
      • Que personne ne songe à tromper les autres, c'est s'abuser soi-même ; qui mal fait, mal trouvera LE SAGE, Guz. d'Alfar. I, 6
      • La honte, compagne du mal, me rendit muet, tremblant devant elle J.-J. Rousseau, Confess. IX
      • Tout ce qui est mal en morale est mal encore en politique J.-J. Rousseau, Lett. à d'Alembert.
      • Serait-ce un mal de s'unir quand on s'aime, Pour que le ciel voulût nous en punir ? MALFILÂTRE, Narcisse, II
    • Induire quelqu'un à mal, le porter au vice, au péché, au crime.

    • Mettre une femme à mal, la séduire.

      • Le luxurieux animalMit une pauvre fille à mal Scarron, Virg. VI
      • Femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content Molière, Festin, V, 7
      • Je ne pense pas que vous espériez la mettre à mal Hamilton, Gramm. 7
    • Mettre à mal, se dit aussi, en général, pour corrompre.

      • C'est l'imprimerie qui met le monde à mal, c'est la lettre moulée qui fait qu'on assassine depuis la création, et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre Paul-Louis Courier, Lett. au réd. du Cens. 9
    • Penser, songer à mal, avoir quelque intention maligne ou mauvaise.

      • Si un pauvre philosophe qui ne pense point à mal, s'avise de vouloir faire tourner la terre Voltaire, Dict. phil. Contradictions.
      • Toutes ces bonnes gens sont trop occupés pour songer à mal Voltaire, Dial. XXIV, 3
    • Il n'y a pas de mal à, on ne pèche pas en.

      • Quel mal y a-t-il d'aller dans un champ et de s'y promener en attendant un homme ? Pascal, Prov. 7
    • Il n'y a pas de mal entre eux, se dit pour exprimer que les relations d'un homme et d'une femme sont tout à fait innocentes.

      • Messieurs, vous vous trompez, si vous croyez qu'il y ait du mal entre nous : je vous assure que nous sommes comme frère et sœur Mme de Sévigné, 48
    • Familièrement. Faire du mal, commettre quelque action contraire à la morale.

      • Un jour la duchesse d'Uzès, étonnée de ses scrupules [de Mme de Montespan], ne put s'empêcher de lui en dire un mot : Eh ! pourquoi, madame reprit Mme de Montespan, faut-il, parce que je fais un mal, faire tous les autres ? Mme DE CAYLUS, Souvenirs, édit. 1805, p. 69
      • La comtesse : Si quelqu'un entrait ? - Suzanne : Est-ce que nous faisons du mal donc ? Beaumarchais, Mar. de Fig. II, 4
  4. 5Douleur physique, maladie.

    • J'ai une extrême tristesse de voir que mon âme soit divisée en deux corps si faibles que le vôtre et le mien, et qu'il faille que je sois toujours malade de mes maux ou des vôtres Voiture, Lett. 42
    • Mes yeux ont-ils du mal pour en donner au monde ? Molière, Éc. des f. II, 6
    • Considérez les maux que je souffre et qui me menacent ; voyez d'un œil de miséricorde les plaies que votre main m'a faites, Ô mon Sauveur, qui avez aimé vos souffrances en la mort Pascal, Prière pour le bon usage des maladies, 10
    • Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l'âme Pascal, ib. 7
    • Quand on se porte bien, on admire comment on pourrait faire si on était malade ; quand on l'est, on prend médecine gaiement ; le mal y résout Pascal, Pens. VI, 16, éd. HAVET.
    • La pauvre la Mousse a eu mal aux dents Mme de Sévigné, 78
    • Il a un peu mal à la main droite Mme de Sévigné, 474
    • Elle [ma fille] me mande qu'elle est mieux, qu'elle n'a point de mal à la poitrine Mme de Sévigné, au comte de Guitaut, 18 mai 1680
    • Toujours assis, comme son mal le demandait Bossuet, le Tellier.
    • Et celle [la maladie] que nous appelons la dernière, qu'est-ce autre chose, à le bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du mal que nous apportons au monde en naissant ? Bossuet, Mar.-Thér.
    • Lorsqu'un mal funeste et contagieux se répandit tout à coup.... Fléchier, Duc de Mont.
    • Ces douces ménades Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades... Boileau, Sat. X
    • Courtois et Denyau [deux médecins], mandés à son secours.... sauront bien.... Lui donner sagement le mal qu'elle n'a point Boileau, ib.
    • Vous périssez d'un mal que vous dissimulez Racine, Phèdre, I, 1
    • Philoctète est peut-être le seul sujet tragique dans lequel les maux physiques puissent être admis Mme de Staël, Corinne, VIII, 3
    • Un mal cuisant déchire ma poitrine Béranger, le Malade
    • Particulièrement, les maux, petites souffrances continuelles, par opposition à maladie.

      • Ne soyez point en peine de ma santé, elle est délicate : un rien la dérange : souvent des maux, jamais de maladie Mme de Maintenon, Lett. à Mme d'Aubigné, 22 oct. 1681
    • Maux de nerfs, souffrances indéterminées, synonyme de vapeurs, hypocondrie, etc.

    • Mal de tête, douleur qu'on éprouve à la tête, céphalalgie.

    • Mal du pays, maladie du pays, la nostalgie.

    • Chaud mal, la fièvre chaude, le transport au cerveau.

    • Fig. Tomber de fièvre en chaud mal, tomber d'un petit accident en un plus grand, voir empirer sa condition.

    • Allez, Dieu vous garde de mal, se dit à quelqu'un que l'on congédie, que l'on reconduit.

    • Faire mal à, causer de la douleur, de la maladie.

      • Mon cœur.... N'entend pas que mes yeux fassent mal à personne Molière, l'Étourdi, I, 3
      • La bise de Grignan [qui règne à Grignan, en Provence].... me fait mal à votre poitrine Mme de Sévigné, 29 déc. 1688
    • Faire mal se dit aussi de la partie qui est douloureuse. Le doigt me fait mal. Le genou m'a fait mal toute la nuit.

    • Se faire mal, se blesser. Elle s'est fait mal au doigt.

      • Sous prétexte que je me fais mal aux yeux Mme de Sévigné, 239
  5. 6Familièrement, un mal, un furoncle, un clou, un abcès, une tumeur.

    • Je ne puis continuer ma lettre : on parle d'ouvrir le mal du roi en quatre Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 7 sept. 1697
  6. 7Mal joint à une autre qualification sert à dénommer diverses maladies ou souffrances.

    • Mai des ardents, maladie qui paraît avoir été une affection gangréneuse, caractérisée surtout par des destructions de la peau et des membres ; cette affection a régné à diverses reprises d'une manière épidémique, pendant le moyen âge.

    • Mal d'aventure, nom donné à de petits abcès qui surviennent près d'un des ongles de la main.

    • On donne aussi aux panaris le nom de mal d'aventure.

    • Mal caduc, mai Saint-Jean, mal sacré, haut mal, l'épilepsie.

    • Mal chimique, nom donné par les ouvriers à la nécrose de la mâchoire inférieure causée par le travail prolongé dans les fabriques d'allumettes phosphorées ou allumettes chimiques.

    • Mal de cœur, envie de vomir, nausées.

      • À moitié chemin j'eus un grand mal de cœur Mme de Sévigné, 58
    • Mal de cœur, maux de cœur, symptôme de grossesse.

    • Fig. Mal de cœur, dégoût de quelque chose ou de quelqu'un.

      • Parlons un peu de votre frère, ma fille, il est d'une faiblesse à faire mal au cœur ; il est tout ce qu'il plaît aux autres Mme de Sévigné, 44
      • Il me vient tout conter, en disant qu'il se fait mal au cœur à lui-même ; je lui dis qu'il me fait mal au cœur aussi, je lui fais honte, je lui dis que ce n'est point la vie d'un honnête homme Mme de Sévigné, ib.
    • Mal d'enfant, les douleurs d'une femme qui accouche.

    • Mal de Fiume ou scherlievo, voy. ce mot.

    • Mal français, voy. mal de Naples.

    • Mal de gorge des prédicateurs, angine glanduleuse ou granuleuse.

    • Mal de mâchoire, nom vulgaire donné au trismus.

    • Mal de mer, indisposition à laquelle beaucoup de personnes sont sujettes lorsqu'elles vont sur mer, et qui est caractérisée par des désordres d'estomac.

    • Mal de mère, l'hystérie.

    • Mal de misère, nom donné par quelques médecins à la pellagre.

    • Mal de montagne, l'ensemble des phénomènes qui se manifestent lors de l'ascension sur les hautes montagnes.

    • Mal de mort, nom d'une espèce de lèpre, dans laquelle les parties affectées prenaient une couleur livide et semblaient dans un état complet de mortification.

    • Mal de Naples, nom que les Français donnent à la syphilis, parce que des soldats l'apportèrent, dit-on, autrefois du siége de Naples, vers la fin du XVe siècle ; les Italiens, au contraire, qualifient cette maladie de mal français.

      • Tu pourras lui dire, que sans ma maladie de Naples (qui n'était pas le mal de Naples), j'aurais fait il y a six mois cette demande Paul-Louis Courier, Lett. 27 juill. 1808
    • Mal de rose ou mal des Asturies, sorte de pellagre, ainsi dite parce qu'elle donne une teinte rouge à la peau et qu'elle règne dans les Asturies.

    • Mal rouge de Cayenne, espèce d'éléphantiasis.

    • Mal Saint-Antoine, sorte d'érésipèle.

    • Mal Saint-Jean, la chorée. Mal Saint-Lazare, l'éléphantiasis.

    • Mal Saint-Main, nom donné tantôt à la gale, tantôt à la lèpre.

    • Mal de Saint-Roch, maladie des paveurs et tailleurs de pavés de Paris et de Fontainebleau, et qui provient de l'introduction de la poussière du grès dans les poumons.

    • Mal de Siam, nom donné à la fièvre jaune, parce qu'on a cru que, dans le XVIIe siècle, elle avait été apportée de Siam dans les îles de l'Amérique ; ce qui est une erreur.

    • Mal vénérien, la syphilis.

    • Populairement. Avoir du mal, avoir la syphilis. Donner du mal, gagner du mal, communiquer la syphilis, être atteint de syphilis.

      • Il s'emporta, et dit... que, si sa femme avait du mal, elle était.... Mme de Sévigné, 21 août 1675
    • Mal vertébral de Pott, carie d'une ou de plusieurs vertèbres, ainsi appelée parce que Pott, chirurgien anglais, en a donné une excellente description.

  7. 8Mal est employé dans le langage des vétérinaires pour désigner diverses affections des animaux.

    • Mal d'âne, crevasses qu'on remarque souvent autour de la couronne du sabot des bêtes chevalines, de l'âne surtout, lorsque ces animaux sont atteints d'eaux aux jambes.

    • Mal de bois ou mal de brout, maladie qui attaque les bestiaux qu'on mène paître, au printemps, dans les bois.

    • Mal de cerf, maladie du cheval qui ne paraît pas différer du tétanos.

    • Mal d'encolure, nom générique des blessures de la partie supérieure de l'encolure produites par des contusions ou des frottements répétés.

    • Mal de feu ou mal d'Espagne, hépatite aiguë des animaux, accompagnée d'inflammation des méninges. On l'appelle aussi vertige idiopathique.

    • Mal de foie, nom vulgaire qui a été donné à la pourriture du mouton ou cachexie aqueuse.

    • Mal de garrot, meurtrissure ou blessure faite au garrot du cheval.

    • Mal de pied, nom vulgaire donné au piétin.

    • Mal de rognon, contusion sur les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des vertèbres lombaires, chez les bêtes chevalines.

    • Mal de taupe, tumeur qui survient à la région de la nuque chez le cheval, et même chez le bœuf, où elle porte le nom d'écrouellet.

    • Mal de tête de contagion, nom donné tantôt à l'anasarque, tantôt à la morve gangréneuse chez le cheval.

  8. 9Terme de magnanerie. Mal de vers ou mal de bassine, affection observée dans les fabriques où l'on dévide les cocons de soie.

    • Terme de fauconnerie. Mal subtil, espèce de phthisie qui attaque les oiseaux de proie.

  9. 10Peine, travail. Il a eu bien du mal à l'armée.

    • Le lendemain aura soin de lui-même ; à chaque jour suffit son mal Saci, Bible, Évang. St Math. VI, 34
    • Se donner du mal, prendre de la peine. Il s'est donné beaucoup de mal pour faire réussir cette affaire.

      • Que de mal nous nous donnons Pour tromper des infidèles ! Béranger, Chapons.
    • Fig. Avoir du mal, bien du mal à faire une chose, la faire avec répugnance, avec chagrin. Il a eu bien du mal à vous quitter.

  10. 11Dommage, perte, calamité. La gelée a fait beaucoup de mal aux vignes.

  11. 12Inconvénient.

    • Il n'y a que demi-mal, le mal est peu considérable.

  12. 13Paroles désavantageuses tenues sur quelqu'un ou quelque chose ; et aussi interprétation défavorable donnée à quelque chose. C'est un homme qui prend tout en mal. La médisance tourne en mal les paroles innocentes. Pourquoi expliquer en mal ce qui est dit indifféremment ?

    • On lit dans la Bruyère, VIII : Pensant mal de tout le monde, il n'en dit de personne. Il serait plus correct de dire : Pensant du mal de tout le monde.

  13. 14Mal, adv. Autrement qu'il ne faut.

  14. 15Se mettre mal, s'habiller sans goût, voy. METTRE.

  15. 16Prendre mal une chose, s'en offenser. Il a mal pris la réponse qu'on lui a faite.

  16. 17Se trouver mal, tomber en faiblesse, en défaillance, et aussi éprouver du malaise.

    • Se trouver mal d'une chose, en éprouver du dommage, de l'inconvénient.

    • Mal en point, voy. POINT.

  17. 18Être mal avec quelqu'un, être brouillé avec lui.

    • Je vous assure que ceux qui disent et qui écrivent que vous êtes mal avec moi sont mal instruits : vous n'y avez jamais été si bien Mme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 24 mars 1706
    • C'est mon avis ; si vous ne le suivez pas, nous n'en serons pas plus mal ensemble Mme de Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, t. II, p. 146, dans POUGENS
    • Il est vrai que j'étais née douce, et qu'avec le caractère que j'avais, rien ne m'aurait plus inquiétée que de me sentir mal dans l'esprit de quelqu'un Marivaux, Marianne, 10e part.
    • L'opinion publique, la créance de tous les ligueurs était qu'il fallait tuer son roi, s'il était mal avec la cour de Rome Voltaire, Henr. Évén. sur lesquels elle est fondée.
    • Mettre quelqu'un mal avec, le brouiller avec.

      • Il était impossible de le mettre mal [Aristippe] avec eux [les rois] Fénelon, Aristippe.
    • Se mettre mal avec quelqu'un, se brouiller avec lui. Être mal en cour, n'avoir pas la faveur du prince.

      • Ce sont apparemment mes ennemis, madame, qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis mal en cour Voltaire, Taureau blanc, 3
    • Fig.

      • Trop mal avec la fortune pour pouvoir en soutenir la dépense [d'une certaine existence] Hamilton, Gramm. 5
    • N'être pas mal avec une dame, se dit dans un style cavalier pour faire entendre qu'on a touché son cœur.

      • Je suis venu à la campagne, me dit-il, pour faire plaisir à la maîtresse de la maison, avec laquelle je ne suis pas mal Montesquieu, Lett. pers. 48
  18. 19Être mal, être extrêmement malade.

    • Être très mal, être en grand danger.

      • Sa fille a été très mal Mme de Sévigné, 34
      • J'ai pu vous dire, madame, j'ai été très mal, je le suis encore, parce que la chose est vraie, et parce que l'expression est très conforme à nos décisions académiques ; ce le signifie évidemment : je suis très mal encore ; ce le signifie toujours la chose dont on vient de parler Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 30 mars 1775
    • Être au plus mal, être dans un état désespéré.

  19. 20Être mal, être dans une mauvaise situation ; se mettre mal, se mettre dans une mauvaise situation.

    • Être mal en, être peu pourvu de.

    • Être mal en, signifie aussi que ce qu'on a est mauvais. Il est mal en femme.

      • Tous [les amants de Pénélope] s'écrièrent que Télémaque était bien mal en hôtes : l'un, dirent-ils, est un mendiant, et l'autre nous donne des extravagances pour des prophéties Fénelon, t. XXI, p. 469
  20. 21Dans le langage familier, être mal se dit pour exprimer que le visage est laid, que la tournure est laide. Cette jeune fille est mal. Cette jeune fille n'est pas mal.

    • On le dit aussi des choses. Ce vin n'est pas mal. Ce thème n'est pas mal.

  21. 22Pas mal, se dit familièrement pour approuver quelque chose. Pas mal, vraiment.

    • Pas mal, pour un barbare Voltaire, Dict. phil. Dieu.
    • Dans le langage familier, pas mal signifie aussi en assez bon nombre, en assez grande quantité. Il n'y avait pas mal de curieux à ce spectacle.

      • Pour une jeune fille, elle n'en sait pas mal ;De ces ruses d'amour la croirait-on capable ? Molière, Éc. des maris, II, 8
      • Tu n'es pas mal impertinent BARON, Homme à bonnes fort. I, 5
      • Après quelques plaintes sur la fausseté des calomnies et l'indécence des outrages répandus dans un mémoire signé, dit-on, Beaumarchais Malbête [Me Malbeste était l'avocat de Beaumarchais], le gazetier de France entreprend de se justifier par un petit manifeste signé Marin, qui n'est pas Malbête Beaumarchais, Supplém. au 1er mém. à cons. note 1
  22. 23Mal à pied, voy. MAL-À-PIED au Supplément.

Remarque

Avec un participe présent, le participe s'accorde si mal est devant, et reste invariable si mal est après. Des personnes mal pensantes ; des personnes pensant mal.

Proverbes

Mal vit qui ne s'amende pas, c'est-à-dire il vient un temps où il faut se résoudre à changer de vie. Mal sur mal n'est pas santé, se dit en parlant de plusieurs afflictions et infortunes qui arrivent coup sur coup. Chacun sent son mal, se dit en se plaignant de quelque affliction secrète dont on ne veut pas dire la cause, et aussi en signifiant qu'on se fait seul idée du mal qu'on ressent. Aux grands maux les grands remèdes. Mal d'autrui n'est que songe, c'est-à-dire on est bien moins touché du mal d'autrui que du sien propre.

Étymologie

Wallon, mâ, mau ; bourguig. maul : quique maule foteugne, quelque mauvaise fortune ; mau, un mal ; picard, mau : Berry, c'est une male affaire ; mau, un mal ; provenç. mal, mau ; espagn. mal ; portug. mão, et adv. mal ; ital. malo, et adv. mate ; du lat. malus. Il y a dans le sanscrit mala, sale, avare, malina, sale, noir, mauvais ; ces sens conduisent à malus ; le sens primitif est noir, sale ; il y faut donc rattacher μέλας, μέλανος, noir.

27modal, ale adj. (mo-dal, da-l')

  1. 1Terme de philosophie. Qui concerne la modalité. Les accidents modaux.

    • Il s'ensuit que je ne mourrai pas tout entier, et qu'une grande partie de moi-même échappera à la ruine de mon existence modale BOULAINVILLIERS, Réfutation de Spinosa, p. 159
    • L'homme, être modal et conditionnel BOULAINVILLIERS, ib. p. 254
    • Au moyen de l'attention dont l'âme est douée, elle peut séparer la partie de son tout, le mode de son sujet ; elle peut faire des abstractions partielles et des abstractions modales Bonnet, Ess. psych. ch. 8
    • Proposition modale, et, substantivement, une modale, proposition qui contient quelque restriction.

      • Si les modales sont appelées par quelques dialecticiens pistrinum ingeniorum, les anagrammes de maître Pasquier sont pistrinum pistrini GARASSE, Rech. des rech. p. 323, dans LACURNE
      • Les philosophes ont particulièrement remarqué celles [propositions] qu'ils ont appelées modales, parce que l'affirmation ou la négation est modifiée par l'un de ces quatre modes : possible, contingent, impossible, nécessaire Logique de Port-Royal, p. 191, dans POUGENS
  2. 2Terme de jurisprudence. Qui a rapport à un mode, à une manière particulière de faire une chose. Disposition modale.

  3. 3Terme de musique. Cordes ou notes modales, celles qui caractérisent le mode majeur ou mineur : la tierce et la sixte.

Étymologie

Mode 1.

28moral, ale adj. (mo-ral, ra-l')

  1. 1Qui concerne les mœurs. Préceptes moraux. Réflexions morales. Les œuvres morales de Plutarque. Sens, instinct moral.

    • Contes moraux, contes où l'auteur a l'intention de faire ressortir une leçon de morale.

      • Tu fais grand cas des contes moraux.... Oui assurément ; cependant ils ne me paraissent pas tous moraux, à beaucoup près Mme de Genlis, Veillées du château t. III, p. 37, dans POUGENS
    • Vertus morales, celles qui ont pour principes les seules lumières de la raison.

      • Un homme doux qui a su tempérer l'austérité des lois et de la justice... ; un chrétien qui a consacré ses vertus morales et politiques par une piété simple et sincère Fléchier, Lamoignon.
    • Théologie morale, partie de la théologie qui traite des cas et de tout ce qui appartient à la conscience.

    • Folie morale, voy. FOLIE.

  2. 2Qui est conforme aux bonnes mœurs. Ce livre, ce discours est fort moral.

    • Il n'y a rien de si facile que de se donner l'air très moral, en condamnant tout ce qui tient à une âme élevée ; le devoir... peut être dénaturé Mme de Staël, Corinne, XIV, 1
  3. 3En parlant des personnes, qui a des mœurs, une conduite conformes à la morale. Un homme moral. Un écrivain moral.

    • Substantivement.

      • Horace, tantôt le débauché, tantôt le moral, a dit.... Voltaire, Dict. phil. Tonnerre.
  4. 4Qui, dans l'être humain, est du ressort de l'âme, par opposition à ce qui est du ressort du physique. Les facultés morales. Le mal moral. Le monde moral. Sciences morales. Ce mot s'emploie au sens moral dans beaucoup d'acceptions.

    • Pour connaître l'homme qu'on appelle moral, il faut surtout avoir vécu et réfléchi Voltaire, Dictionn. phil. Homme.
    • Nos maux moraux sont tous dans l'opinion, hors un seul, qui est le crime, et celui-là dépend de nous ; nos maux physiques se détruisent ou nous détruisent J.-J. Rousseau, Ém. II
    • Les choses qu'on nomme morales ne sauraient être ramenées au calcul Bonnet, Paling. XI, 8
    • Dans l'interprétation de l'Écriture sainte, on distingue le sens littéral, le sens moral, le sens allégorique, etc.

    • Action morale, l'action d'un agent capable de choisir et de refuser librement, au lieu que l'action physique n'est qu'une action aveugle de la nature.

    • Terme de philosophie. Certitude morale, certitude fondée sur des témoignages ordinaires, tels que le récit d'autrui, l'expérience et les règles ordinaires de la sagesse. Il est opposé à certitude physique.

    • On dit, dans un sens analogue, impossibilité morale.

      • Les marchands faisant leur déclaration d'un grand nombre de vaisseaux de différentes espèces, il se trouvera toujours dans une impossibilité morale de faire une réduction juste, Arrêt du conseil d'État, 25 sept. 1688
  5. 5S. m. Le moral, l'ensemble de nos facultés morales. Le physique influe sur le moral, et le moral sur le physique.

    • Nous ne sommes donc jamais trop vieux si notre moral n'est pas trop jeune Buffon, Probabilités de vie.
    • Si le physique va trop bien, le moral se corrompt J.-J. Rousseau, Ém. II
  6. 6Fermeté à supporter les périls, les fatigues, les difficultés. Son moral s'est relevé. Remonter le moral d'une armée.

  7. 7Ce qu'il y a de moral en quelque chose.

    • Qu'est-ce en effet que le moral de l'amour ? la vanité Buffon, Disc. nat. anim. Œuvres, t. V, p. 353

Étymologie

Provenç. et esp. moral ; ital. morale ; du lat. moralis, qui vient de mos, moris (voy. MŒURS).

29mural, ale adj. (mu-ral, ra-l')

  1. 1De mur, qui a rapport aux murs.

    • On a donné le nom de sel mural au natron qui se forme contre les vieux murs ; il est ordinairement mêlé d'une grande quantité de substance calcaire Buffon, Min. t. III, p. 331, note a
    • Cartes murales, cartes qui s'appliquent aux murs.

    • Peintures murales, peintures qu'on applique sur les murs.

    • Plantes murales, plantes qui croissent sur les murs.

    • Terme de zoologie. Insectes muraux, insectes qui déposent leurs œufs dans les murs.

    • Oiseaux muraux, oiseaux qui grimpent sur les rochers.

  2. 2Terme d'astronomie. Cercle mural, ou, substantivement, un mural, instrument astronomique qui est fixé à un mur.

    • L'astronome observe à son mural, au solstice d'été, la plus grande hauteur du soleil BAILLY, Hist. astr. mod. t. II, p. 290, dans POUGENS
    • Quart de cercle mural, ou, substantivement, un mural, quart de cercle fixé sur un mur, et qui remplace souvent le cercle mural. Cet instrument a remplacé le gnomon des anciens.

    • Au pluriel, des cercles muraux, des muraux.

  3. 3Terme d'antiquité. Couronne murale, chez les Romains, couronne d'or crénelée qu'ils donnaient à ceux qui étaient montés les premiers sur les murs d'une place assiégée, et qui en avaient chassé l'ennemi.

    • Machines murales, celles qui servaient à défendre ou à renverser les murs.

  4. 2Terme d'astronomie. Ajoutez :

    • On appelle cercle mural un cercle gradué fixé à un axe horizontal tournant sur deux coussinets placés dans l'intérieur d'un mur ou d'un pilier ; ce cercle doit être exactement dans le méridien du lieu ; une lunette est mobile parallèlement à ce cercle.... il sert à la mesure de la déclinaison des astres, c'est-à-dire de leur distance à l'équateur du monde ARAGO, Astron. popul. VII, 4

Étymologie

Lat. muralis, de murus, mur.

30mûral, ale adj. (mu-ral, ra-l')

  1. Terme de médecine. Calculs mûraux, calculs vésicaux, dont la surface est hérissée de tubercules qui leur donnent quelque ressemblance avec une mûre.

31nasal, ale adj. (na-zal, za-l')

  1. 1Terme d'anatomie. Qui a rapport au nez. Le mucus nasal.

    • Une autre [mouche], plus hardie encore, enfile les conduits nasaux du cerf, descend dans son palais, et dépose ses œufs dans deux bourses charnues placées à la racine de la langue Bonnet, Contempl. nat. XI, 5
    • Fosses nasales, les deux cavités anfractueuses qui servent à l'olfaction, et qui, en livrant passage à l'air, concourent à l'accomplissement de l'acte respiratoire et à la phonation.

    • Cloison nasale, lame cartilagineuse divisant longitudinalement en deux parties la cavité unique que forment les os de la face pour l'appareil nasal.

    • Cartilage nasal, cartilage unique formé de trois portions qui se réunissent sur le dos du nez, et que l'on distingue en cartilage de la cloison et cartilages latéraux.

    • Bosse nasale, saillie située sur la face antérieure du coronal, entre les arcades sourcilières.

    • Épine nasale, prolongement aigu formé, chez les solipèdes, par l'extrémité inférieure des deux sus-naseaux réunis.

  2. 2En parlant des sons, qui est modifié par le nez. Sons nasaux. Prononciation nasale.

    • Le son nasal, de sa nature, ressemble au retentissement du métal Marmontel, Élém. littér. Œuv. t. VIII, p. 502, dans POUGENS
    • D'une voix creuse, lente et même un peu nasale J.-J. Rousseau, Hél. IV, 2
    • Voyelles nasales, ou, substantivement, les nasales, les sons an, in, on, un.

      • Quelle est donc la nature de ces voyelles nasales ? je les reconnais pour des sons vraiment simples et indivisibles D'OLIVET, Pros. franç. III, 6
      • Ces terminaisons nasales qu'on nous donne pour de simples voyelles, conservent tellement la consonne N, que c'est de la position qu'il dépend que cette consonne soit muette ou sonore : on arriva hier, la voilà sonore ; arriva-t-on hier ? la voilà muette D'OLIVET, ib.
      • Les nasales n'ayant point de caractères simples qui en soient les signes, on a eu recours à la combinaison d'une voyelle avec m ou n Duclos, Œuv. t. IX, p. 45
    • Consonnes nasales, et, substantivement, les nasales, les consonnes m et n.

  3. 3S. m. Le nasal, partie d'un casque qui servait à garantir le nez.

  4. 4Terme d'anthropologie. Indice nasal, voy. INDICE au Supplément.

Remarque

Des grammairiens veulent qu'on dise des sons nasals ; mais l'usage admet le pluriel en aux.

Étymologie

Prov. et esp. nasal, partie du casque ; ital. nasale ; du lat. nasalis, qui vient de nasus, nez.

32natal, ale adj. (na-tal, ta-l')

  1. Qui a rapport à la naissance. Le jour natal.

    • Maison natale, se disait, chez quelques religieux, de la maison dans laquelle ils avaient fait leurs vœux.

    • Fig.

      • Étant sorti [par le péché] de notre eau natale, si je puis parler de la sorte, c'est-à-dire de l'eau du baptême, rentrons dans l'eau de la pénitence Bossuet, Sermons, Rechutes, 2

Remarque

Natal n'a point de pluriel masculin, grâce à une bizarrerie de l'usage. Cependant Trévoux parle de jeux nataux que l'on célébrait au jour natal de certains personnages. Pourquoi ne le reprendrait-on pas ?

Étymologie

Lat. natalis, de natus, né. Natal est le même que noël (voy. ce mot) ; ital. santo natale, d'où le nom propre Natalie.

33naval, ale adj. (na-val, va-l')

  1. Qui concerne les vaisseaux. L'architecture navale.

    • Science navale, l'art de construire et de conduire les vaisseaux.

      • La science navale ne peut avoir de principes certains qu'autant qu'on lui donne pour base la théorie des sciences mathématiques Condorcet, Maurepas.
    • Forces navales, l'armée de mer.

    • Bataille navale, bataille livrée sur mer.

      • Jamais combat naval ne fut plus funeste aux ennemis de l'Empire Fléchier, Théod. III, 65
    • École navale, école instituée pour former les jeunes gens qui se destinent au corps des officiers de la marine de l'État.

    • Couronne navale, se disait, chez les anciens Romains, d'une couronne qu'on donnait à ceux qui s'étaient distingués dans un combat naval.

Remarque

L'Académie dit que naval n'a point de pluriel masculin ; mais plusieurs grammairiens pensent qu'on pourrait dire des combats navals. D'un autre côté Mme de Sévigné n'a pas hésité à dire navaux.

Étymologie

Lat. navalis, de navis, nef (voy. NEF).

34nodal, ale, adj. (no-dal, da-l')

  1. Terme de physique. Qui a rapport aux nœuds d'une surface vibrante. Figures nodales.

    • Lignes nodales, ou, substantivement, les nodales, lignes qui se forment sur une plaque recouverte de sable qu'on fait vibrer.

  2. 2Terme d'optique. Points nodaux d'une lentille, ou, plus généralement, d'un système réfringent formé de plusieurs milieux séparés par des surfaces sphériques ayant leurs centres en ligne droite, les deux points tels qu'à tout rayon incident dont la direction passe par le premier point nodal correspond un rayon émergent qui est parallèle au rayon incident et dont la direction passe par le second point nodal.

    • Plans nodaux, plans menés par les points nodaux perpendiculairement à l'axe optique.

Étymologie

Lat. nodus, nœud.

35noxal, ale adj. (no-ksal, ksa-l')

  1. En droit romain, abandon noxal, abandon d'une personne ou d'une chose qui a causé un dommage.

Étymologie

Lat. noxalis, de noxa, dommage.

36nucal, ale adj. (nu-kal, ka-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui tient à la nuque, qui appartient ou qui a rapport à la nuque. La plaque nucale de la carapace. Les os nucaux.

Étymologie

Nuque.

37oral, ale adj. (o-ral, ra-l')

  1. 1Terme d'anatomie. Qui a rapport à la bouche. Cavité orale.

    • Terme de scolastique. Manducation orale, l'action matérielle de recevoir l'hostie.

  2. 2Qui est articulé par la bouche, en parlant de lettres et de syllabes. Syllabe qui est rendue orale de nasale qu'elle était.

  3. 3Qui se transmet de bouche en bouche.

    • Il n'y eut presque point de peuple qui ne conservât dans ses archives, ou qui n'eût, par tradition orale, quelque prédiction qui l'assurait de la conquête du monde, c'est-à-dire des nations voisines Voltaire, Mœurs, introd.
    • Cette loi orale qu'on disait que Moïse avait donnée Diderot, Opin. des anc. philos.
    • (Juifs) On ne devrait point dire l'écriture chinoise ; il faudrait dire la langue visuelle des Chinois ; c'est une autre langue que leur langue orale DESTUTT-TRACY, Instit. Mém. scienc. mor. et polit. t. III, p. 537
  4. 4Qui est dit de vive voix, par opposition à écrit. Enseignement oral.

    • Examen oral, examen dans lequel il ne se fait que des interrogations. Les examens pour l'obtention des grades universitaires et pour l'admission aux écoles du gouvernement se divisent en deux séries d'épreuves, examen écrit, examen oral. On dit même, par abréviation et substantivement, l'oral. Il a échoué au baccalauréat ès lettres pour l'oral.

  5. 5S. m. L'oral, voile ou espèce de coiffe que portaient autrefois les femmes.

    • Voile que devaient porter les Juives quand elles allaient par la ville.

    • Grand voile que le pape a sur la tête et les épaules en certaines occasions.

Étymologie

Lat. os, oris, bouche ; sanscr. védique, ās, bouche.

38papal, ale adj. (pa-pal, pa-l')

  1. 1Qui appartient au pape. Dignité, autorité papale.

    • Le règne papal devait tomber tout à coup par le souffle de Jésus-Christ, c'est-à-dire par la prédication de Luther Bossuet, Var. I, 31
    • Terres papales, les terres de la domination du pape.

  2. 2S. m. pl. Les papaux, les partisans du pape.

Étymologie

Pape.

39pénal, ale adj. (pé-nal, na-l')

  1. Qui assujettit à quelque peine.

    • Voilà sérieusement où en viennent les fins réformés : ils prononcent sans restriction que le prince n'a aucun droit sur les consciences, et ne peut faire des lois pénales sur la religion Bossuet, Déf. hist. Variat. 4
    • De là cette troisième partie du sacrement de pénitence, laquelle consiste en des œuvres pénales que le confesseur impose au pénitent pour lui tenir lieu de satisfaction Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 332
    • Il faut éviter les lois pénales en fait de religion Montesquieu, Esp. XXV, 11
    • Clause pénale, dommages-intérêts déterminés à l'avance par les parties, pour le cas où l'une d'elles ne remplira pas ses engagements.

      • La clause pénale est celle par laquelle une personne, pour assurer l'exécution d'une convention, s'engage à quelque chose en cas d'inexécution Code Nap. art. 1226
    • Le code pénal, le code qui renferme les peines portées contre les crimes et délits.

Remarque

Il n'y a aucune raison pour ne pas dire pénaux au masculin : édits pénaux, comme du Bellay.

Étymologie

Lat. pœnalis, de pœna, peine.

40réal, ale adj. (ré-al, a-l')

  1. Usité seulement dans ces anciennes locutions : Galère réale, la principale des galères du roi. Le pavillon réal, le pavillon de la galère réale. Le médecin réal, le médecin de cette galère, etc.

    • S. f.

      • La réale, nom que l'on donnait, dans l'escadre des galères, à la galère destinée à porter le roi, les princes, l'amiral de France, ou, en leur absence, le général des galères ; elle était plus grande que la patronne, plus grande elle-même que les galères ordinaires, JAL

Étymologie

Autre forme de royal.

41rénal, ale adj. (ré-nal, na-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux reins. Nerf rénal. Calculs rénaux.

    • Plexus rénal, lacis nerveux, double comme l'organe auquel il appartient, et provenant des plexus solaire et coeliaque, de la partie externe des ganglions semi-lunaires, et des petits nerfs splanchniques.

Étymologie

Lat. renalis, de ren, rein.

42rival, ale s. m. et f. (ri-val, va-l')

  1. 1Celui, celle qui aspire, qui prétend aux mêmes avantages qu'un autre.

    • Fig.

      • Comme nous agissons plus d'après nos sensations que d'après nos réflexions, les talents de l'imagination auront toujours plus d'attraits pour nous que les conseils de la raison sa rivale Barthélemy, Anach. ch. 80
    • Sans avoir de rivaux, sans avoir personne qui partage la bonne opinion qu'on a de soi.

    • Adj.

      • Les Romains et les Parthes furent deux puissances rivales, qui combattirent, non pas pour savoir qui devait régner, mais exister Montesquieu, Esp. XXI, 16
      • Ce fut comme nation rivale, et non comme nation commerçante, qu'ils [les Romains] attaquèrent Carthage Montesquieu, ib. XXI, 14
  2. 2Particulièrement, il se dit de celui qui dispute le cœur d'une amante, de celle qui dispute le cœur d'un amant.

  3. 3Celui, celle qui est égale en œuvre, en mérite, en renom, émule.

    • Ces deux rivaux d'Horace, héritiers de sa lyre La Fontaine, Fabl. III, 1
    • C'est le fils et le rival d'Achille Racine, Andr. II, 5
    • Marseille fut d'autant plus jalouse, qu'égalant Carthage sa rivale en industrie, elle lui était devenue inférieure en puissance Montesquieu, Esp. XXI, 11
    • Florence, rivale de Rome, attirait chez elle la même foule d'étrangers, qui venaient admirer les chefs-d'œuvre antiques et modernes dont elle était remplie Voltaire, Mœurs, 186
    • Sans rival, sans chose ou personne qui égale.

Étymologie

Lat. rivalis, proprement riverain, et, comme les riverains ont souvent dispute, rival, du lat. rivus, ruisseau.

43royal, ale adj. (ro-ial, ia-l' ; plusieurs prononcent roi-ial ; au XVIe siècle, Bèze recommande la prononciation roi-ial, contre ro-ial)

  1. 1Qui appartient, qui a rapport à un roi.

    • Que si vous me demandez comment tant de factions opposées.... ont pu si opiniâtrément conspirer ensemble contre le trône royal Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Le pape saint Grégoire a donné dès les premiers siècles cet éloge singulier à la couronne de France, qu'elle est autant au dessus des autres couronnes du monde, que la dignité royale surpasse les fortunes particulières Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Je vis [lors de la mort d'un fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse].... deux victimes royales immoler d'un commun accord leur propre cœur Bossuet, Mar.-Thér.
    • Le respect qu'on inspirait aux Perses dès leur enfance pour l'autorité royale, allait jusqu'à l'excès, puisqu'ils y mêlaient de l'adoration, et paraissaient plutôt des esclaves que des sujets soumis par raison à un empire légitime Bossuet, Hist. III, 5
    • Elle eut de quoi satisfaire à sa noble fierté, quand elle vit qu'elle allait unir la maison de France à la royale famille des Stuarts Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Ces sentiments élevés qui distinguent les âmes royales d'avec les âmes du commun Fléchier, Duch. de Mont.
    • Que du bandeau royal sa tête soit ornée Racine, Athal. III, 6
    • De tout le sang royal il ne reste que nous Racine, Théb. V, 3
    • Ces rogatons [les trois Empereurs, le Lion et le Marseillais] pourront amuser votre royal correspondant [le roi de Prusse], à qui je n'écris plus depuis près d'une année Voltaire, Lett. Thiriot, 1er mars 1769
    • Maison royale, tous les princes et toutes les princesses du sang royal.

      • On écrit d'étranges choses de ces deux sonnets [sonnets qui occupaient les beaux esprits] ; on me mande qu'ils ont partagé la cour ; qu'ils ont divisé la maison royale.... Guez de Balzac, Dissert. crit. 9
      • On remarque dans l'Écriture que Dieu donne aux maisons royales certains caractères propres Bossuet, Mar.-Thér.
    • Famille royale, les enfants et les petits-enfants du roi régnant ou du roi défunt.

    • Prince royal, titre de l'héritier de la couronne, dans quelques États.

    • Altesse royale, titre qui se donne à certains princes et à certaines princesses. Son Altesse royale le duc de.... la duchesse de....

    • Par abréviation on écrit S. A. R.

    • La ville royale, Paris.

      • La religion s'intéresse dans ses infortunes [du cardinal de Retz] ; la ville royale s'émeut, et Rome même menace Bossuet, le Tellier.
  2. 2Festin royal, banquet royal, festin qu'un monarque fait en certaines occasions solennelles, et où tous les grands officiers remplissent les fonctions de leurs charges.

  3. 3Terme d'ancienne chancellerie. Lettres royaux, ordonnances royaux, lettres, ordonnances émanées de l'autorité royale.

    • Une compagnie qui n'agissait jamais que sur le fondement d'accorder les ordonnances royaux avec la guerre civile Retz, IV, 47
    • Royaux n'est point ici au masculin ; mais, suivant la règle de l'ancienne langue, les adjectifs dérivés des adjectifs latins en is, dont le masculin était semblable au féminin, faisaient aussi les deux genres semblables.

  4. 4Cas royaux, voy. CAS, n° 2.

  5. 5Almanach royal, livre contenant, quand la France était un royaume, les noms de la famille royale et des maisons souveraines de l'Europe, et ceux des hommes attachés à la cour et de tous les fonctionnaires civils et militaires.

  6. 6Il se dit de certains établissements qui étaient sous la protection d'un roi. Le musée royal. La Société royale de Londres.

  7. 7Digne d'un roi.

    • Elle eut une magnificence royale ; et l'on eût dit qu'elle perdait ce qu'elle ne donnait pas Bossuet, Reine d'Anglet.
    • C'est un royal homme, une royale femme, c'est un homme, une femme dont les excellentes qualités inspirent l'affection et le respect (locution vieillie).

      • Parbleu, mes amis, voilà une royale femme que Mme Abraham D'ALLAINVAL, Éc. des Bourg. III, 15
  8. 8Cour royale, aujourd'hui cour impériale, cour de justice qui prononce sur les appels des tribunaux inférieurs de son ressort.

    • Chemin royal, route royale, se disait, quand la France était en royaume, des grands chemins, des grandes routes qui mènent d'une ville à une autre et dont l'entretien est à la charge de l'État.

    • Collége royal, nom des lycées sous la Restauration et sous Louis-Philippe.

    • Collége royal a été le nom du Collége de France (voy. COLLÉGE).

      • Hardion aurait dit en grec et en latin, chez le Dauphin, qu'il faut bien se donner de garde de me donner une chaire au collége royal Voltaire, Lett. d'Argental, 11 mars 1752
  9. 9Terme de fortification. Bastion royal, grand bastion.

    • Parapet royal, parapet de l'enceinte de la place.

  10. 10Armée royale, celle qui était en état d'assiéger une place forte, et qui marchait avec du canon.

  11. 11Fig. Tigre royal, aigle royal, tigre, aigle de la plus grande espèce.

  12. 12Herbe royale, la mâche.

  13. 13Chant royal, ancienne espèce de poésie française, composée de cinq stances de onze vers, dont le dernier sert de refrain ; on y ajoute un envoi de cinq à sept vers, qui a le même refrain.

  14. 14Terme d'antiquité. Papier royal, le papier d'Égypte le plus blanc et le plus fin.

  15. 15S. m. pl. Les royaux, les troupes royales.

  16. 16S. m. pl. Terme de marine. Se dit quelquefois des cacatois et des papillons.

  17. 17S. m. Un royal, monnaie d'or frappée sous Philippe le Bel et ses successeurs.

  18. 18Marbre de Belgique dont le fond est rouge, mélangé de blanc et quelquefois de bleu.

  19. 19S. f. Royale, religieuse reçue gratis dans une abbaye, et nommée par le roi, dans certaines circonstances.

  20. 20Variété de pêche, de prune, de laitue et de rose, de qualité supérieure.

  21. 21Grosse royale, petite royale, se dit, chez les fondeurs, de deux espèces de petit plomb.

  22. 22À la royale, à la manière royale.

    • Une personne vêtue de blanc, et par-dessus à la royale, belle, blonde et fort éclatante, l'appela [le maréchal ferrant qui avait eu des révélations] par son nom Saint-Simon, 68, 120
    • Le roi d'Israël et le roi de Juda étaient.... chacun sur son trône, vêtus à la royale Voltaire, Phil. Bible, les Rois, Élie.
  23. 23À la royale, se disait d'une manière d'apprêter certains mets. Bœuf à la royale.

    • Il se dit aussi d'autres choses que la cuisine. Un décroteur à la royale, Du talon gauche estropié, Obtint pour grâce spéciale, D'être boiteux de l'autre pied, Épigr. contre les miracles de Saint-Médard.

  24. 7Ajoutez :

    • Ironiquement. Qui est du plus haut degré.

  25. 24

    • Deniers royaux se disait, dans l'ancienne monarchie, de tous les deniers qui se levaient sur le Languedoc pour être versés directement dans les caisses royales, ou pour acquitter, dans la province même, à la décharge du roi, les diverses dépenses ordonnées par le gouvernement JULES LOISELEUR, le Temps, 27 oct. 1876, 3e page, 4e col.

Étymologie

Wallon, royau voie, grand chemin ; provenç. reial, rial ; espagn. et portug. real ; ital. regale, reale ; du lat. regalis, de rex, roi.

44rural, ale adj. (ru-ral', ra-l')

  1. Qui appartient aux champs, à la campagne. Biens ruraux. La vie rurale. Les mœurs rurales.

    • Doyen rural, curé commis par l'évêque pour avoir inspection sur les curés d'un certain district.

    • Code rural, ensemble de règlements concernant les biens de la campagne.

      • À la même époque [1749], un jurisconsulte, M. Boucher d'Argis, introduisait un mot nouveau dans le langage législatif, en donnant le titre de code rural à un recueil de maximes et de règlements concernant les biens de campagne BAYLE-MOUILLARD, Projet de code rural, session 1868 du Corps législatif, p. 5
  2. 2Toile rurale, toile qui se fait à la campagne.

    • Le phormium fait une concurrence bien dangereuse à la fabrication rurale.... la fabrication des toiles dites rurales, qui se font toutes à la main Enquête, Traité de comm. avec l'Angleterre, t. V, p. 212
  3. 3S. m. pl. Les ruraux, s'est dit, surtout en 1871, des paysans et des députés qu'on croyait particulièrement nommés par les paysans, et à qui on attribuait des sentiments monarchiques ou conservateurs.

Étymologie

Provenç. et espagn. rural ; ital. rurale ; du lat. ruralis, de rus, ruris, la campagne.

45sural, ale adj. (su-ral, ra-l')

  1. Terme d'anatomie. Qui appartient au gras de la jambe.

Étymologie

Lat. sura, gras de la jambe.

46tonal, ale adj. (to-nal, na-l')

  1. 1Terme de musique. Qui a rapport à une tonalité.

    • Après la grande transformation tonale qui s'était opérée par l'harmonie dissonante FÉTIS, Traité de la th. et de la pr. de l'harmonie, préf. p. XI
  2. 2Particulièrement. Qui a rapport à la tonalité moderne. Une fugue tonale. Cet accord n'est pas tonal. Cette résolution est parfaitement tonale.

    • On en est venu aujourd'hui à se servir généralement du mot tonal pour désigner cette propriété inhérente aux degrés de notre musique d'avoir chacun un caractère particulier SAUGEON et ANATOLE, Lett. sur l'enseignement pop. de la mus. v

47total, ale adj. (to-tal, ta-l')

  1. 1À quoi il ne manque rien. Somme totale.

    • Il arriva un accident que je crus devoir être cause de ma totale destruction Voiture, Lett. 10
    • Se laisser dépouiller au dehors et au dedans, c'est le total martyre et par conséquent l'état le plus éloigné de l'illusion Fénelon, t. XVIII, p. 369
    • Une éclipse de lune est totale lorsque la lune pénètre entièrement dans le cône d'ombre de la terre.

    • Il y a éclipse totale du soleil pour les points de la terre pour lesquels la lune couvre complétement le soleil.

    • Marée totale, différence entre la moyenne de deux pleines mers consécutives et la basse mer intermédiaire.

  2. 2S. m. Un tout, l'assemblage de plusieurs choses considérées comme un tout. Ces deux totaux font tant.

    • On ne pourrait estropier cent soldats sur toute une armée, qu'on ne diminuât les forces du total de l'armée Fénelon, t. III, p. 175
    • Il faut qu'ils [les matérialistes] disent que le monde matériel a en soi essentiellement la pensée et le sentiment.... et il faut avec cela confesser qu'il n'y a qu'un petit nombre de parties qui aient ce sentiment et cette pensée essentielle au total du monde Voltaire, Métaphys. 2
    • D'abord réunissant les deux sommes en une, C'est un total COLLIN D'HARLEVILLE, Vieux célib. II, 7
  3. 3Au total, en total, loc. adv. Tout compensé, tout compris. Au total, c'est une bonne affaire.

    • Or là, puisqu'au total il n'est pas arrivé d'accident.... PICARD, Provinc. à Paris, I, 7
  4. 4Somme totale, loc. adv. En comptant tout. Cela coûte, somme totale, dix mille francs.

Étymologie

Lat. totalis, qui doit avoir existé puisqu'on trouve totaliter, et qui dérive de totus (voy. TOUT). Au lieu de total, substantif, on disait au XVIe s. siècle, totage.

48uval, ale adj. (u-val, va-l') supplément

  1. Qui a rapport au raisin.

    • Station uvale, lieu où l'on fait une cure par le raisin.

      • La France, si riche en cépages de toute espèce, devrait, elle aussi, avoir des stations uvales, Opinion nationale, 23 oct. 1874, 2e page, 6e col.

Étymologie

Lat. uva, raisin.

49vénal, ale adj. (vé-nal, na-l')

  1. 1Qui se vend, qui peut se vendre, en parlant de charges, d'offices. Les charges de notaire, d'avoué, de commissaire-priseur, etc. sont vénales. Les offices vénaux étaient ceux de justice et de finance, les offices non vénaux étaient ceux de la couronne.

    • On ne voit, je crois, dans l'antiquité aucune trace qui marque que les dignités soit de l'État, soit de la judicature, y aient jamais été vénales Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 206, dans POUGENS
    • Je vous avoue que je bats des mains, quand je vois que la justice n'est plus vénale Voltaire, Lett. Florian, 1er avr. 1771
    • Il faut, dans une monarchie, que les charges de magistrature soient vénales, parce que, si elles ne l'étaient pas, l'intrigue les vendrait, et l'administration de la justice serait un brigandage Condillac, Comm. gouv. II, 11
    • Fig.

    • Valeur vénale, la valeur actuelle d'une chose dans le commerce.

      • La différence de la valeur vénale de la marchandise sur les lieux d'où elle provient, et sur les lieux où elle arrive Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 441
  2. 2Fig. Qui n'agit que par intérêt, que pour de l'argent.

    • On dit aussi : éloquence vénale, langue vénale.

      • Si l'auteur voulait parler des présents donnés, pourquoi s'attacher à saint Cyrille, et ne pas dire un mot de l'argent avec lequel ses envieux achetèrent des langues vénales, pour le calomnier auprès de l'empereur ? Bossuet, Rem. Hist. conciles, II, 3
    • C'est une plume vénale, c'est un auteur qui soutient toutes les opinions, pourvu qu'on le paye.

      • J'employai la plume vénale de G. Buchanan J. BRUSLÉ, Lucien en belle humeur, t. I, p. 349, dans POUGENS
      • Rien de vigoureux, rien de grand ne peut partir d'une plume toute vénale J.-J. Rousseau, Conf. IX

Synonymes

VÉNAL, MERCENAIRE. L'homme vénal vend sa moralité pour de l'argent. Le mercenaire est, il est vrai, au salaire et à la disposition de celui qui le paye, mais le mot exprime plus l'infériorité de position que l'immoralité.

Étymologie

Provenc. venal, venau ; espagn. venal ; ital. venale ; du lat. venalis, de venum, vendre ; comparez ὦνος, prix, ὦνη, achat ; sanscr. vasna, prix de vente.

50vital, ale adj. (vi-tal, ta-l')

  1. 1Qui appartient à la vie, qui sert à la conservation de la vie.

    • Les physiologistes ont prouvé que les mouvements vitaux sont le produit des impressions reçues par les parties sensibles CABANIS, Instit. Mém. scienc. mor et pol. t. I, p. 100
    • Force vitale ne veut dire autre chose que force inconnue CHAPTAL, Instit. Mém. scienc. 1807, 1er sem. p. 88
    • Esprits vitaux, voy. ESPRIT, n° 7.

    • Principe vital, principe qui, suivant certains physiologistes, est la cause de la vie, indépendamment de la substance organisée.

      • Cela indique une grande énergie dans le principe vital de ces insectes Bonnet, Observ. vers, Œuv. t. I, p. 220, dans POUGENS
    • Fig. et néologisme. Question vitale, affaire importante et qui touche aux plus graves intérêts.

  2. 2Qui donne de la force.

Étymologie

Provenç. vital, vidal ; espagn. vital ; ital. vitale ; du lat. vitalis, de vita, vie.

51vocal, ale adj. (vo-kal, ka-l')

  1. 1Qui sert à la production de la voix. Les organes vocaux.

  2. 2Qui s'énonce, qui s'exprime au moyen de la voix, par opposition à mental.

    • Oraison vocale, voy. ORAISON.

    • Il se dit aussi par opposition à écrit.

      • Une preuve vocale mise par écrit n'est jamais qu'une preuve vocale Montesquieu, Esp. XXVIII, 44
  3. 3Musique vocale, celle qui se chante, à la différence de musique instrumentale.

    • Comme la musique vocale a précédé de beaucoup l'instrumentale, celle-ci a toujours reçu de l'autre ses tours de chant et sa mesure J.-J. Rousseau, Lett. sur la mus. franç.
    • Compositeur vocal, celui qui compose des morceaux de chant.

      • La déclamation, l'exacte ponctuation des paroles doivent être le premier plan du compositeur vocal GRÉTRY, Méth. pour prél. p. 83
  4. 4S. m. et f. Dans quelques communautés, vocaux, vocales, ceux ou celles qui ont droit de suffrage.

    • Il me suffit, pour justifier mes confrères les docteurs [de la faculté de Paris], de raconter sans déguisement, et comme tout Paris l'a vu, l'histoire de leur signature.... on peut bien assurer que les délibérations les plus solennelles n'ont guère été composées de tant de véritables vocaux Bossuet, Signatures des docteurs.

Étymologie

Provenç. et espagn. vocal ; portug. vogal ; ital. vocale ; du lat. vocalis, de vox, voix. Paré a dit vocable : Un des nerfs vocables, VIII, 20.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander