Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

empêcher dans le Littré

1 article· 23 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· conjugaison· prononciation (4)

empêcher v. a. (an-pê-ché)

  1. 1Mettre entrave à quelqu'un.

    • Il se dit aussi quelquefois dans un sens favorable.

      • Ni vous-même, ni le peuple n'avez prétendu, en créant ces nouveaux magistrats, que de donner à cette loi des protecteurs et aux pauvres des avocats qui les empêchassent d'être opprimés par les grands VERTOT, Révol. rom. II, p. 163
  2. 2Être cause que quelque chose ne se fasse pas.

  3. 3Gêner l'exercice de.

    • Trop de distance et trop de proximité empêche la vue Pascal, dans COUSIN
    • Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêche l'esprit Pascal, ib.
  4. 4S'empêcher, v. réfléchi. Se défendre, s'abstenir de. Il ne put s'empêcher de parler.

    • S'embarrasser.

      • La raison en est belle, et c'est par là qu'il s'empêcherait des choses ! Molière, Fest. I, 1
  5. 4S'empêcher, v. réfl. Ajoutez :

    • C'est cela qui a été cause que vous n'avez pas eu plus souvent de ses lettres ; et elle s'en est empêchée pour ne vous pas mentir plus d'une fois Voiture, Lett. 135
  6. 5Neutralement, empêcher à quelqu'un, le gêner, lui créer des obstacles (emploi vieilli).

    • Il croyait que l'archiduc était de ses amis, et qu'il ne lui empêcherait pas Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.

Remarque

1.D'après Voltaire (Remarq. sur Corn.) et d'après certains grammairiens, empêcher demande toujours un régime direct de la personne, et c'est une faute de dire : on nous empêche l'accès de cette maison. Cependant cette locution a été employée par bien des écrivains très autorisés : par Malherbe : ; par Corneille : ; par Racan : ; par Bossuet : ; ; par Saint-Simon : ; par Chateaubriand : 2. Empêcher veut de avant l'infinitif. 3. Avec que, la proposition subordonnée prend ne. J'empêche qu'il ne vienne. Cette règle peut être négligée dans les vers : Mais en prose, elle ne doit pas l'être, ou du moins elle ne l'est pas d'ordinaire ; cependant on trouve des phrases comme les suivantes, qui, à le bien prendre, n'ont rien de fautif en soi, le ne étant purement explétif : 4. Si empêcher est accompagné de la négation ou est dans une phrase interrogative, la proposition subordonnée peut prendre ou ne pas prendre ne : Je n'empêche pas qu'il ne sorte ou qu'il sorte. Si l'on ne veut pas faire le bien, il ne faut pas empêcher que les autres le fassent.

Étymologie

Bourguig. empoché, empêcher, ampigé, embarrassé ; wallon, épêchi, empêcher ; provenç. empedegar, et aussi empaichar, empaitar, enpazar, empechar. La forme provençale empaichar, etc. et la forme française empacher qui se trouve aussi (Assises de Jérus. p. 34, dans LACURNE), viennent, comme l'a montré Diez, d'une forme non latine, impactiare, pour impactare, dérivé du latin impactum, lancer contre. Mais le provençal empedegar et le français empeechier viennent de impedicare (de in, en, et pedica, piége ; voy. PIÉGE). Impedicare a donné empeechier, comme praedicare, preechier ; d'où la contraction consécutive empêcher ; on voit que l's qui se trouve dans les anciens textes est purement adventice.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander