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gouffre dans le Littré

1 article· 20 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· prononciation (5)

gouffre s. m. (gou-fr')

  1. 1Cavité profonde, vide ou remplie d'eau, de feu, de flammes, etc.

    • Fig.

      • Ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini Pascal, dans COUSIN
  2. 2En particulier, tournoiement d'eau.

    • Le plus grand gouffre que l'on connaisse est celui de la mer de Norvége, on assure qu'il a plus de vingt lieues de circuit ; il absorbe pendant six heures tout ce qui est dans son voisinage, l'eau, les baleines, les vaisseaux, et rend ensuite pendant autant de temps tout ce qu'il a absorbé Buffon, Théorie de la terre, Preuves, art. X
    • L'Euripe, si fameux par la mort d'Aristote, absorbe et rejette alternativement les eaux sept fois en vingt-quatre heures Buffon, ib.
    • Les gouffres de la mer sont produits par le mouvement de deux ou de plusieurs courants contraires Buffon, ib.
  3. 3Fig. Ce qui, comparé à un gouffre, engloutit comme lui.

  4. 4Fig. Il se dit de malheurs, de misères, de dangers dans lesquels on tombe comme dans un gouffre.

  5. 5Fig. Il se dit de toutes les choses où l'on fait des frais, des sacrifices, des pertes immenses. Ce procès est un gouffre. Les maisons de jeu sont des gouffres pour les jeunes gens.

    • Les villes sont le gouffre de l'espèce humaine J.-J. Rousseau, Ém. I
    • C'est un gouffre d'argent, se dit d'une affaire où il faut toujours employer une grande quantité d'argent.

    • C'est un gouffre que cet homme-là, c'est un grand dissipateur.

Étymologie

Le même que golfe, comme le montre l'historique. Le Berry dit gorge, s. m. qui vient du latin gurges, gouffre.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander