1né, née part. passé (né, née)
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1Qui est venu au monde. Les enfants nés en ce jour.
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2Bien né, né d'une famille honnête, honorable.
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Né ce que..., qui est d'une certaine extraction.
- Étant né ce qu'il est, souffrir un tel outrage ! Corneille, Cid, II, 3
- Je ne puis jeter l'œil sur ce que je suis née,Sans voir que de périls suivront cet hyménée Corneille, Tite et Bér. IV, 1
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3Né à, né pour, qui a des dispositions innées pour.
Tout de bon, il semble qu'elle ait eu celui [l'esprit] de tout le monde, à voir comme elle est née à toute chose
Voiture, Lett. 30Les esprits nés à la tyrannie
Malherbe, II, 1Sol génie né pour l'action
Bossuet, le Tellier.Je suis née pour mourir des maux d'autrui
Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 30 août 1716- Esprit né pour la cour, et maître en l'art de plaire,Guilleragues, qui sais et parler et te taire Boileau, Ép. V
- Peuple lâche en effet et né pour l'esclavage Racine, Ath. III, 7
- Néron, s'ils en sont crus, n'est point né pour l'empire Racine, Brit. IV, 1
Les hommes, nés pour vivre ensemble, sont nés aussi pour se plaire
Montesquieu, Esp. IV, 2Tandis qu'elle [la ville de Lille] fut assiégée par le duc de Marlborough, on y joua la comédie tous les jours, et les comédiens y gagnaient cent mille francs ; avouez, sire, que voilà une nation née pour le plaisir et pour la guerre
Voltaire, Lett. roi de Prusse, 16 nov. 1743Il [Charles XII] croyait que tous ses sujets n'étaient nés que pour le suivre à la guerre, et il les avait accoutumés à le croire aussi
Voltaire, Charles XII, 8
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Fig.
- Tu sais bien que mon style est né pour la satire Boileau, Ép. VIII
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4Qui tient de sa naissance certaine qualité, dignité, fonction.
Vous êtes né ce que nous tâchons de devenir
Guez de Balzac, Liv. IV, lett. 31- Né ministre du Dieu qu'en ce temple on adore Racine, Ath. III, 3
- Nés juges de l'État, nés les vengeurs du crime,C'est souffrir trop longtemps la main qui nous opprime Voltaire, M. de Cés. II, 4
Né dépourvu, dans la foule jeté
Voltaire, le Pauvre diable.Il [Carle Vanloo] ne savait ni lire ni écrire ; il était né peintre, comme on naît apôtre
Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 40, dans POUGENS- Mais pour lui rien n'émeut son âme appesantie ;N'en soyez pas surpris, il est né fatigué Delille, Convers. II
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Né dans.... né sur.... se dit pour exprimer qu'on possède en naissant telle ou telle chose.
Un homme né dans les richesses
Bossuet, la Vallière.Cette princesse, née sur le trône, avait l'esprit et le cœur plus haut que sa naissance
Bossuet, Duch. d'Orl.
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5Bien né, mal né, qui a apporté en naissant de bonnes, de mauvaises dispositions...
- Aux âmes bien néesLa valeur n'attend pas le nombre des années Corneille, Cid, II, 2
- Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet Corneille, Nicom. II, 3
- Cette digne vertu de l'âme la mieux née Corneille, Héracl. V, 2
Qu'ils laissent ces impiétés à ceux qui sont assez mal nés pour en être véritablement capables
Pascal, Pens. IX, 1, éd. HAVET.Jamais un homme n'a été mieux né [que le chevalier de Grignan], ni avec des sentiments plus droits et plus souhaitables
Mme de Sévigné, 12 févr. 1672- À tous les cœurs bien nés que la patrie est chère ! Voltaire, Tancr. III, 1
Il choisit Azora, la plus sage et la mieux née de la ville
Voltaire, Zadig, 1
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Fig.
- Sans ce terrible nom mal né pour les oreilles Boileau, Ép. IV
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6Fig. Produit, en parlant des choses.
Née [la comédie] vers la cinquantième olympiade, dans les bourgs de l'Attique, assortie aux mœurs grossières des habitants de la campagne, elle n'osait approcher de la capitale
Barthélemy, Anach. ch. 69
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Né de, produit par, issu de.
- Goûtez des jours sereins, nés du sein des orages Voltaire, Mérope, I, 1
- Un feu né d'un instant qu'un autre instant détruit Voltaire, Tancr. I, 2
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7Né se joint par un trait d'union à quelques adjectifs pour signifier que la qualité exprimée est de naissance. Aveugle-né.
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Mort-né, mort-née, mort avant que de naître. Enfant mort-né. Une fille mort-née.
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Fig. en parlant des ouvrages d'esprit, des lois, etc. qui n'ont aucun succès, aucune efficacité. Une tragédie mort-née.
Louis XIV fut poussé à remettre en vigueur l'édit mort-né de Henri IV [sur les bâtards]
Saint-Simon, 263, 12
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Au plur. Des mort-nés, suivant l'Académie. Laveaux veut qu'on écrive morts-nés, disant qu'il s'agit d'enfants nés morts ; mais, comme l'usage a prévalu de dire au féminin mort-née, il faut considérer ici mort comme un préfixe invariable.
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Nouveau-né, ée, qui est né depuis peu de temps, qui vient de naître (dans cette locution, nouveau est adverbe et invariable). Un enfant nouveau-né. Une fille nouveau-née.
- Chez un tailleur, mon pauvre et vieux grand-père,Moi nouveau-né, sachez ce qui m'advint Béranger, Le tailleur et la fée.
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Fig. En parlant des choses qui viennent de naître.
Philaminte : à notre impatience offrez votre épigramme. - Trissotin : Hélas ! c'est un enfant tout nouveau-né, madame
Molière, Femm. sav. III, 1- Dès le temps nouveau-né, quand la Toute-PuissanceD'un mot forma le ciel, l'air, la terre et les lots Boileau, Sat. XI
- Où Cologne et Strasbourg, Notre-Dame et Saint-Pierre,S'agenouillant au loin dans leurs robes de pierre,Sur l'orgue universel des peuples prosternésEntonnaient l'hosanna des siècles nouveau-nés Alfred de Musset, Rolla.
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S. m. Un nouveau-né.
- Enfin l'ange de mort fond sur les nouveau-nés ;Tous dans la même nuit meurent exterminés Delille, Parad. perdu, XI
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Au plur. Des nouveau-nés. Des enfants nouveau-nés.
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Premier-né (ici premier et adjectif et s'accorde ; mais dans l'usage il n'y a point de féminin, et l'on ne trouve ni ne dit une première-née), le premier enfant mâle. Les enfants premiers-nés.
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S. m. Un premier-né. J'ai perdu mon premier-né.
Sur le milieu de la nuit, le Seigneur frappa tous les premiers-nés de l'Égypte
Saci, Bible, Exode, XII, 29
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Il se dit aussi, en parlant des animaux. Les premiers-nés des animaux étaient offerts à Dieu.
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Fig.
Dans le royaume de Jésus-Christ la prééminence appartient aux pauvres, qui sont les premiers-nés de l'Église et ses véritables enfants
Bossuet, Sermons, Septuag. préambule.
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Dernier-né, enfant mâle né le dernier de tous.
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S. m. Elle a voulu être la nourrice de son dernier-né.
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Au plur. Derniers-nés.
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8Né se joint par un trait d'union à certains noms qu'il qualifie, pour exprimer que la qualification dont il s'agit est attachée comme par droit de naissance. Légat-né. Président-né.
Les princes du sang, magistrats-nés dans cette affaire
Bossuet, Var. XIl [Romulus] fut reconnu en même temps pour le chef de la religion, le souverain magistrat de la ville, et le général-né de l'État
VERTOT, Révol. rom. I, 18Les rois sont les juges-nés de leurs peuples
J.-J. Rousseau, Pologne, VIII
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Fig. Il se dit de tout ce que l'on compare à une condition de naissance.
Dès que l'impression fait éclore un poëte, Il est esclave-né de quiconque l'achète
Boileau, Sat. IXLes veuves et les orphelins étaient les clients-nés de l'évêque
NAUDET, Instit. Mém. inscr. et belles-lettres, t. VIII, p. 547
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Il est l'ennemi-né de..., c'est-à-dire il a une tendance naturelle à combattre....
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Il est le protecteur-né des sciences et des arts, signifie qu'en toute occasion il les protége, ou que, par sa position, il a le devoir de les protéger.
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Le trait d'union ne se met pas quand né est séparé de son nom par quelque mot interposé.
L'archevêque de Paris et l'abbé de Cluny étaient conseillers d'honneur nés du parlement de Paris
Dict. de l'Acad.