À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XII. « Ah ! doux yeux résignés pour qui je fus injuste »
Ah ! doux yeux résignés pour qui je fus injuste,Et qui n’avez pas eu le premier des baisersQui montèrent de moi vers son visage auguste,Pardonnez-moi doux yeux et soyez apaisés !
Mon cœur continuera de vous appartenir,Si mes lèvres s’en vont à ses lèvres, le soir ;Et les mystérieux retours du souvenirIront toujours à vous de qui me vint l’espoir.
Dans quel baiser, malgré sa brulante tendresse,Croyez-vous que ce cœur comme à vous apparaisse ?Il me semble parfois que je ne vis qu’en vous,
Ou que vous seuls vivez dans mon être dissous ;Doux yeux dont j’ai mal su dissiper la tristesse,Demeurez les amis de mon amour absous !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources