À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XI. « Et lorsque, près des lis et des roses trémières »
Et lorsque, près des lis et des roses trémières,Sur le banc solitaire au bout de l’avenueFavorable aux amants sous ses clartés dernières,Je l’ai, contre mon cœur, un court instant tenue,
Lorsque vous vous fermiez déjà sous vos paupières,Et paraissiez ainsi donner la bienvenueAu baiser pressenti dans mes longues prières,En cette heure d’amour grâce à vous obtenue,
Oubliant vos aveux, vos angoisses, vos fièvres.Et combien vous aviez pleuré, doux yeux si las,Et que je vous devais de l’avoir en mes bras,
J’ai rompu ma promesse, et mes baisers ingratsVous ont abandonnés pour venir sur ses lèvres,Qui ne m’ont dit qu’un mot, et qui l’ont dit tout bas.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources