À l’amie perdue, 1896· IX L’acceptation
XI. « Alors je serai seul à souffrir ! Je prendrai »
Alors je serai seul à souffrir ! Je prendraiNotre peine à nous deux, pour moi seul, en nous-mêmeJ’élargirai mon cœur par un effort suprême,Afin que ton chagrin, auprès du mien serré,
Laisse entier le malheur d’un amour déchiré,Et que notre douleur, au moins en moi qui t’aime,Se garde sans brisure, ainsi qu’un diadèmeQui doit rester intact pour rester consacré.
Mais alors ce sera vraiment la solitude.Quand mon regret fidèle aura la certitudeQue de nouveaux espoirs sont du tien triomphants !
Et moi, lorsque le soir en rouvrira la source,Je n’aurai pas l’amère et divine ressourceDe répandre mes pleurs sur des cheveux d’enfants.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources