À l’amie perdue, 1896· III Dans les monts
VIII. « Aux heures du matin, lorsque les ombres bleues »
Aux heures du matin, lorsque les ombres bleuesPendaient encore aux flancs des montagnes lointaines,D’où, par de longs replis, nous séparaient des lieuesDe gazons pleins de fleurs, montant vers leurs moraines,
Les grands toits presque plats, couverts d’ardoise brute,Semblaient garder sur eux l’immobile fumée,Qui tordait dans les airs une immense voluteÀ ses deux bouts pendants à peine déformée.
Souvent, t’en souviens-tu, nous partions par les présScintillants de rosée et bleus de gentianes.Et nous nous retournions pour voir les toits dorés
Par l’aurore à travers ces gazes diaphanes :Puis nous ne rentrions des monts que pour revoirLe même dais léger sorti des feux du soir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources