À l’amie perdue, 1896· III Dans les monts
VII. « Les chalets sont bâtis de mélèze bruni »
Les chalets sont bâtis de mélèze bruni,Hérissés d’escaliers en bois, de galeries,Où, sous l’auvent brillant de joubarbes fleuries,Quelques martinets noirs ont suspendu leur nid.
Chacun a son jardin où bourdonne une ruche,Son hangar dans lequel sèche un foin encor vert,Et son amas de bois empilé pour l’hiver,Où la femme au matin viendra chercher la bûche.
Contre un roc où son eau fait croître une fougère,La fontaine murmure en son auge de pierre,Et du goulot de cuivre un filet d’argent coule ;
Une ondulation immense de prairies,Où s’affaissent les toits de quelques laiteries,Tout autour du hameau jusqu’au monts se déroule.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources