À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
XIV. « Ce ne fut qu’un instant, car il fallait partir »
Ce ne fut qu’un instant, car il fallait partir ;Elle, vers le village enfoui dans les dunes,Où, devant son chalet, lorsque les larges lunesEntre les ajoncs noirs commencent à rougir,
Elle laissa souvent son âme s’attendrir,En songeant au sentier où gisaient ses rancunes.Et peupla l’indécis brouillard des heures brunesDes détails retracés de ce cher souvenir ;
Et moi je m’en allais vers les hauts monts lointains.Mais lorsqu’en revenant je traversai les ruesSi douloureusement le matin parcourues,
Emportant de la joie et de nouveaux destins,Prisonnier triomphant qui du chagrin s’évade,J’étais reconnaissant à la blanche bourgade.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources