À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
XIII. « O les profonds, les purs et les divins moments »
O les profonds, les purs et les divins moments,Moments qu’un infini de bonheur solennise,Où je tins contre moi, pleurante et reconquise,L’amie aux chers regards redevenus aimants !
Car ses yeux, qui mouillés et pleins de diamantsAvaient gardé leurs pleurs, vaincus par la surpriseLes laissaient s’écouler en une douce crise,Et sa voix se mourait en lents sanglots calmants.
Nous étions arrêtés auprès d’un ancien saule,Dont le feuillage gris nous avait abrités,Et sur son front pâli tombé sur mon épaule,
À travers ses cheveux épars et tourmentés.Ma lèvre encor tremblante où l’adieu frémissaitPosa le long baiser qui nous réunissait.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources